Ségo au Chili

En pleine ascension dans les sondages sur la course à l'Elysée, Ségolène Royal s'est lancée avec pugnacité dans la campagne présidentielle au Chili, où elle est venue soutenir la candidate de gauche, Michelle Bachelet, occasion rêvée de chanter les louanges de la politique au féminin. Jugeant "indécent" d'évoquer en terre étrangère les sondages de l'Hexagone, la députée PS des Deux-Sèvres se reconnaît pour seule mission de promouvoir le "symbole exceptionnel" que serait une première femme élue à la tête d'un Etat en Amérique du sud.
Conduisant une délégation du PS, Ségolène Royal s'est glissée lundi dans l'agenda chargé de la candidate chilienne. Elle l'a suivie dans un port de pêche de la région de Concepcion, seconde région du pays, où une pluie battante a imposé un meeting improvisé dans une caserne de pompiers. Dans l'hôtel où les deux femmes se rencontrent pour la première fois, la présidente de la région Poitou-Charentes se renseigne discrètement: "à quel moment as-tu choisi d'annoncer ta candidature?", demande-t-elle à son hôtesse, laquelle est stupéfaite d'apprendre que l'entre-deux tours présidentiel ne dure que deux semaines en France, contre plus d'un mois au Chili.
Michelle Bachelet prédit "un long chemin à la future candidate" française
Une candidate peut-elle en cacher une autre? Difficile d'occulter les ressemblances entre ces deux quinquagénaires, quand Mme Royal évoque elle-même "son soutien de socialiste à socialiste, d'élue à élue, de démocrate à démocrate, de femme d'action à femme d'action". Elles sont toutes deux filles d'officier, nées à deux ans d'écart, et anciennes ministres. L'une, Michelle Bachelet, est mère célibataire de trois enfants, nés de deux pères différents dont elle est séparée. L'autre, Ségolène Royal, est la compagne du Premier secrétaire du PS, François Hollande, dont elle a eu quatre enfants. "Heureuse de la venue d'une grande dirigeante en France et en Europe", la candidate chilienne, fille d'un général mort torturé après le coup d'Etat de Pinochet et d'ascendance française, a prédit "un long chemin à la future candidate à la présidence" française, à laquelle elle souhaite de "connaître le succès". Un rien gênée, Mme Royal, qui préfère souligner l'apport décisif du bois charentais pour les tonneaux où vieillissent les vins chiliens, salue la "femme courageuse et battante", favorite face à l'entrepreneur de droite Sebastien Pinera lors de son duel dimanche prochain.
Dans la soirée, la députée française devait se rendre au palais de la Moneda à l'invitation du chef d'Etat socialiste Ricardo Lagos, avant d'honorer mardi, veille de son départ, la tombe du président Salvador Allende, victime du coup d'Etat de septembre 1973, "détonateur d'une conscience politique en France". Dès son arrivée dimanche à Santiago, elle avait rencontré la fille de l'ancien président, Isabel Allende, en campagne pour la gauche à Puente Alto, banlieue-dortoir misérable de la capitale. En tailleur et escarpins sur les chemins caillouteux, entourée d'une cohorte de curieux et de journalistes de la presse hexagonale, celle qui n'est pour l'heure que la favorite des Français pour défendre les couleurs du PS en 2007 n'est pas passée inaperçue, au milieu des modestes baraques en bois colorées.
Sous le charme, un journaliste d'une radio locale a trouvé la députée française "très attirante", tout en se demandant ce que cette parfaite inconnue des Chiliens était "venue faire là". "J'espère que Ségolène sera aussi candidate en France", s'est exclamée Isabel Allende, qui fut la première présidente du congrès des députés chiliens. "Mais ce n'est pas ma campagne", a rougi l'intéressée. LCI

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