Le premier discours du Président Sarkozy



Palais de l'Elysée – Mercredi 16 mai 2007


Mesdames et Messieurs,


En ce jour où je prends officiellement mes fonctions de Président de la République française, je pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves et qui s'est toujours relevé, qui a toujours parlé pour tous les hommes et que j'ai désormais la lourde tâche de représenter aux yeux du monde.
Je pense à tous les Présidents de la Ve République qui m'ont précédé. Je pense au Général De Gaulle qui sauva deux fois la République, qui rendit à la France sa souveraineté et à l'Etat sa dignité et son autorité. Je pense à Georges Pompidou et à Valéry Giscard d'Estaing qui, chacun à leur manière, firent tant pour que la France entrât de plain-pied dans la modernité. Je pense à François Mitterrand, qui sut préserver les institutions et incarner l'alternance politique à un moment où elle devenait nécessaire pour que la République soit à tous les Français. Je pense à Jacques Chirac, qui pendant douze ans a œuvré pour la paix et fait rayonner dans le monde les valeurs universelles de la France. Je pense au rôle qui a été le sien pour faire prendre conscience à tous les hommes de l'imminence du désastre écologique et de la responsabilité de chacun d'entre eux envers les générations à venir.
Mais en cet instant si solennel, ma pensée va d'abord au peuple français qui est un grand peuple, qui a une grande histoire et qui s'est levé pour dire sa foi en la démocratie, pour dire qu'il ne voulait plus subir. Je pense au peuple français qui a toujours su surmonter les épreuves avec courage et trouver en lui la force de transformer le monde. Je pense avec émotion à cette attente, à cette espérance, à ce besoin de croire à un avenir meilleur qui se sont exprimés si fortement durant la campagne qui vient de s'achever. Je pense avec gravité au mandat que le peuple français m'a confié et à cette exigence si forte qu'il porte en lui et que je n'ai pas le droit de décevoir.


Exigence de rassembler les Français parce que la France n'est forte que lorsqu'elle est unie et qu'aujourd'hui elle a besoin d'être forte pour relever les défis auxquels elle est confrontée. Exigence de respecter la parole donnée et de tenir les engagements parce que jamais la confiance n'a été aussi ébranlée, aussi fragile.

Exigence morale parce que jamais la crise des valeurs n'a été aussi profonde, parce que jamais le besoin de retrouver des repères n'a été aussi fort.

Exigence de réhabiliter les valeurs du travail, de l'effort, du mérite, du respect, parce que ces valeurs sont le fondement de la dignité de la personne humaine et la condition du progrès social. Exigence de tolérance et d'ouverture parce que jamais l'intolérance et le sectarisme n'ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n'a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées pour imaginer l'avenir.

Exigence de changement parce que jamais l'immobilisme n'a été aussi dangereux pour la France que dans ce monde en pleine mutation où chacun s'efforce de changer plus vite que les autres, où tout retard peut être fatal et devient vite irrattrapable.

Exigence de sécurité et de protection parce qu'il n'a jamais été aussi nécessaire de lutter contre la peur de l'avenir et contre ce sentiment de vulnérabilité qui découragent l'initiative et la prise de risque.

Exigence d'ordre et d'autorité parce nous avons trop cédé au désordre et à la violence, qui sont d'abord préjudiciables aux plus vulnérables et aux plus humbles.

Exigence de résultat parce que les Français en ont assez que dans leur vie quotidienne rien ne s'améliore jamais, parce que les Français en ont assez que leur vie soit toujours plus lourde, toujours plus dure, parce que les Français en ont assez des sacrifices qu'on leur impose sans aucun résultat.

Exigence de justice parce que depuis bien longtemps autant de Français n'ont pas éprouvé un sentiment aussi fort d'injustice, ni le sentiment que les sacrifices n'étaient pas équitablement répartis, ni que les droits n'étaient pas égaux pour tous.


Exigence de rompre avec les comportements du passé, les habitudes de pensée et le conformisme intellectuel parce que jamais les problèmes à résoudre n'ont été aussi inédits.


Le peuple m'a confié un mandat. Je le remplirai. Je le remplirai scrupuleusement, avec la volonté d'être digne de la confiance que m'ont manifesté les Français. Je défendrai l'indépendance et l'identité de la France. Je veillerai au respect de l'autorité de l'Etat et à son impartialité. Je m'efforcerai de construire une République fondée sur des droits réels et une démocratie irréprochable. Je me battrai pour une Europe qui protège, pour l'union de la Méditerranée et pour le développement de l'Afrique. Je ferai de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde.


La tâche sera difficile et elle devra s'inscrire dans la durée. Chacun d'entre vous à la place qui est la sienne dans l'Etat et chaque citoyen à celle qui est la sienne dans la société ont vocation à y contribuer. Je veux dire ma conviction qu'au service de la France il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l'intérêt général. A tous ceux qui veulent servir leur pays, je dis que je suis prêt à travailler avec eux et que je ne leur demanderai pas de renier leurs convictions, de trahir leurs amitiés et d'oublier leur histoire. A eux de décider, en leur âme et conscience d'hommes libres, comment ils veulent servir la France.


Le 6 mai il n'y a eu qu'une seule victoire, celle de la France qui ne veut pas mourir, qui veut l'ordre mais qui veut aussi le mouvement, qui veut le progrès mais qui veut la fraternité, qui veut l'efficacité mais qui veut la justice, qui veut l'identité mais qui veut l'ouverture. Le 6 mai il n'y a eu qu'un seul vainqueur, le peuple français qui ne veut pas renoncer, qui ne veut pas se laisser enfermer dans l'immobilisme et dans le conservatisme, qui ne veut plus que l'on décide à sa place, que l'on pense à sa place. Eh bien, à cette France qui veut continuer à vivre, à ce peuple qui ne veut pas renoncer, qui méritent notre amour et notre respect, je veux dire ma détermination à ne pas les décevoir.


Vive la République ! Vive la France !

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Elle ne s'arrête jamais !

Dimanche 6 mai au soir, 21 heures. Ségolène Royal harangue la foule de ses partisans, un large sourire aux lèvres.
A croire que c'est elle, et non pas Nicolas Sarkozy, qui vient d'être élu président de la république. Rien dans son attitude n'indique qu'elle vient de se prendre une veste monumentale : moins de 47% des voix, soit le plus mauvais score de la gauche au second tour de la présidentielle depuis 1965. Pourtant, fière et bravache jusqu'au bout, elle tient à afficher sa différence d'avec le Jospin mauvais perdant de 2002. Elle au moins ne fournira pas à ses adversaires l'occasion de la voir en colère à la télévision. Il est vrai qu'après le débat, il y aurait comme une impression de déjà vu.

Mais surtout, elle sait bien que les éléphants vont lui faire la peau, elle qui vient de perdre cette élection donnée pas son camp comme imperdable, il y a six mois encore. Après que la gauche ait gagné toutes les élections depuis 2002. Alors que le président sortant affiche un bilan calamiteux. Moins de 30% des Français font confiance à un Chirac finissant, qui aura raté sa sortie. Au plan économique et social : élu sur le thème de la réduction de la fracture sociale, celle-ci n'a cessé de s'amplifier. Au plan de l'éthique : l'affaire Clearstream qui a opposé les numéros un et deux du gouvernement pendant plusieurs mois, est encore dans toutes les mémoires. Alors qu'elle était opposée à celui qui incarne, à tort ou à raison, jusqu'à sa caricature le plus le goût du pouvoir et le libéralisme sans complexe.

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Bayrou : 18% et puis s'en va...

Bayrou aurait-il choisi le mauvais cheval ? Obnubilé par son destin présidentiel, le Bérnais a fait dans l'entre-deux-tours le choix d'embrasser le PS pour - croyait-il - mieux l'étouffer. A savoir, faire main basse, au soir de la défaite prévue de sa candidate, sur son aile sociale-démocrate et se doter ainsi d'un grand parti à sa botte, capable de rivaliser avec l'UMP.

Las ! ce scénario a sérieusement du plomb dans l'aile. Pas dupes et pas prêts à sacrifier leur réélection sur l'autel des ambitions de leur leader, les députés UDF ne suivent plus le panache du biographe d'Henri IV. Même le fidèle d'entre les fidèles Hervé Morin, patron du groupe parlementaire UDF à l'Assemblée, vient de se rallier à la majorité présidentielle. Dans une interview au quotidien Paris-Normandie, le député de l'Eure a regretté que François Bayrou, qu'il avait pourtant soutenu au premier tour, ait décidé « de se positionner dans l'opposition jusqu'en 2012 ».

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Sarko à l'Elysée, Ségo à Poitiers

Nette victoire de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal par plus de 53% des voix.
Jamais deux sans trois pour la gauche, qui signe ainsi sa troisième défaite consécutive à l'élection présidentielle. DSK, l'ex-rival malheureux de Royal dans la course à l'investiture au PS l'a fait remarquer et a appelé le PS à en tirer les conséquences et à faire sa mue sociale-démocrate à l'instar de ses homologues européens. L'ineffable Jack Lang s'est étranglé en disant qu'il revenait à Ségolène Royal de conduire cette rénovation. DSK n'était visiblement pas convaincu qu'un autre que lui, et surtout elle, puisse s'y atteler. La nuit des long couteaux au PS, c'est pour très bientôt.

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Royal en "femme battue"... par Sarkozy


La passionaria de la cause des "femmes battues" va l'être à son tour... à plates coutures dimanche par Sarkozy. Les derniers sondages ne lui laissent plus l'ombre d'une chance. Sa piètre prestation lors du débat du 2 mai, et ses déclarations incendiaires prédisant un embrasement des banlieues en cas de victoire de son concurrent, ont révélé sa vraie nature, peu recommandable et moins encore présidentiable.

Sondage Ipsos/Dell réalisé le 4 mai
Nicolas Sarkozy l'emporterait sur Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle avec 55% (+1) des voix contre 45% (-1) pour la candidate socialiste, selon la 56e et dernière vague de l'enquête quotidienne Ipsos/Dell publiée vendredi. C'est le 29è sondage (sur 29) réalisé depuis l'annonce des résultats du premier tour, donnant M. Sarkozy vainqueur. C'est le deuxième sondage qui donne 55% au candidat UMP. Et c'est la première fois qu'il atteint ce niveau dans l'enquête quotidienne d'Ipsos, lancée début mars.Selon Ipsos, la participation au scrutin de dimanche pourrait de nouveau être très importante. 84% des personnes interrogées se sont dites certaines d'aller voter.91% (+2) affirment que leur choix pour le second tour est définitif : 89% (-2) pour les électeurs de Ségolène Royal, 93% (+5) pour ceux de Nicolas Sarkozy. 16% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote.Sur 100 électeurs de François Bayrou au premier tour, 35% (=) se tourneraient vers la candidate PS, et 36 (+1) vers Nicolas Sarkozy, 29% (-1) s'abstenant ou ne s'exprimant pas.Les électeurs de Jean-Marie Le Pen seraient 70% (+12) à choisir Nicolas Sarkozy, et 9% à choisir Mme Royal (-5), 21% (-7) s'abstenant ou ne s'exprimant pas.Les électeurs de la gauche non socialiste (Besancenot, Bové, Buffet, Laguiller, Schivardi, Voynet) seraient 64% à choisir Mme Royal (-2), 21% Nicolas Sarkozy (+8), 15% (-6) s'abstenant ou ne s'exprimant pas.- Sondage réalisé auprès de 922 personnes interrogées par téléphone le 4 mai, constituant un échantillon national représentatif de la population inscrite sur les listes électorales. Méthode des quotas.Ipsos-Dell rappelle que "les résultats des intentions de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral mais donnent une indication significative du rapport de forces actuel. Ils doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : plus ou moins 3 points pour les candidats".

Sondage BVA pour Orange réalisé le 4 mai
Nicolas Sarkozy battrait dimanche Ségolène Royal par 55% (+3) à 45% (-3), selon un sondage BVA pour Orange rendu public vendredi par BVA. C'est le 28ème sondage réalisé depuis l'annonce des résultats du premier tour donnant M. Sarkozy vainqueur mais le premier qui donne M. Sarkozy à 55%.51% des personnes interrogées estiment que Nicolas Sarkozy a été le plus convaincant lors du débat télévisé Sarkozy-Royal mercredi soir. 29% affirment que c'est Mme Royal, tandis que pour 9% les deux candidats sont arrivés à égalité. 6% jugent qu'aucun des deux n'a été convaincant. 5% ne savent pas.Sur 100 électeurs Bayrou au premier tour, 41,3 se reporteraient sur Mme Royal, 37,7 sur M. Sarkozy. 8,1 voteraient blanc ou nul, 2 s'abstiendraient, 9,2 ne savent pas. 1,6 refusent de répondre.11,4% des électeurs Le Pen se reporteraient sur Mme Royal, 67,7% sur M. Sarkozy. 9,5% voteraient blanc ou nul, 6,6% s'abstiendraient. 4,9% refusent de répondre.La gauche non socialiste se reporterait à 69,5% sur Mme Royal, 16,5% sur M. Sarkozy. 5% voteraient blanc ou nul, 0,6% s'abstiendraient, 7% ne savent pas. 1,4% refusent de répondre.82% des personnes interrogées affirment qu'elles ont déjà décidé pour qui elles allaient voter, 4% qu'elles le feront samedi et 13% qu'elles se décideront dimanche seulement.72% tablent sur une victoire de M. Sarkozy, 16% sur celle de Mme Royal. 12% ne savent pas.50% souhaitent la victoire du candidat UMP, 39% celle de la députée PS. 11% ne savent pas.- Sondage réalisé par téléphone le 4 mai auprès d'un échantillon de 807 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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Royal en mode panique : elle improvise à la dernière minute un déplacement en province

A quelques heures de la fin de la campagne officielle, Ségolène Royal a pété les plombs en attaquant violemment son adversaire de droite, un "danger" à ses yeux pour la démocratie et la République. Jouant le tout pour le tout, elle a improvisé un dernier déplacement en province.
Elle a sillonné la Bretagne, entre Lorient et Brest, terres démocrate-chrétiennes où François Bayrou a réalisé de très bons scores au premier tour. Face au "matraquage" des sondages, elle a appelé, plus véhémente que jamais, les Français à "rester debout" pour ce "dernier combat" qui oppose la "morale politique" aux "mensonges" et aux "affabulations" de la droite. Et question morale et mensonge, elle en connaît un rayon. Après le débat et la colère feinte de la Zapatera sur l'intégration des handicapés à l'école, Claude Allègre, son ex-ministre de tutelle s'est déclaré "outré par ses mensonges" et a ajouté "qu'elle n'avait pas fait grand-chose pour leur cause".

"Il reste deux jours pour rester debout (...) pour saisir notre bulletin de vote (...) Dressez-vous contre tous les systèmes (...) Dressez-vous pour une France forte (..) Dressez-vous pour la lumière!" (sic), a-t-elle lancé, exaltée, lors d'une réunion publique à Lorient à la mi-journée.
"Refusez l'esprit de revanche, refusez tous les mensonges et toutes les haines! En avant! Nous pouvons gagner, nous allons gagner!", a-t-elle assuré dans une ambiance survoltée. "C'est sur vous que je compte. Le candidat de la droite est un danger pour l'unité de la République, pour la paix sociale, pour les services publics", a-t-elle déclaré un peu plus tard sur la place du village de Rosporden, où elle venait inaugurer le nouvel Hôtel de ville. C'est beau "la société du respect".
"Elle n'a jamais perdu du poil de la bête"Quatre études d'opinions publiées entre jeudi soir et vendredi midi la donnent largement perdante, de six à neuf points derrière le candidat de l'UMP - une "variation brutale" à la baisse que Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne ne s'explique pas (sic). Etant donné qu'il y a "10 à 15% des électeurs qui décident à la dernière minute", il estime que "cela va se jouer sur les ultimes impressions, les ultimes images d'où l'importance de cette journée" montée à la dernière minute.
"Elle lâche tout", concède-t-il avant de s'amender. "Elle ne reprend pas du poil de la bête, elle ne l'a jamais perdu..." "Quand j'entends la droite dire que les carottes sont cuites, je trouve ça indécent!", s'est insurgée Ségolène Royal à Lorient. "Je dis aux électeurs: 'c'est à vous de décider, ce n'est pas aux sondages!'". Quelle lucidité ! A la tête de la France, on n'imagine le désastre.

Les carottes sont cuites

"Dans son équipe, les mines sont plus fermées, après la publication des derniers sondages la donnant battue. A entendre la candidate appeler les Français à "rester debout", Jean-Louis Bianco réprime quelques larmes en haut des marches de l'ancienne mairie. Les supporters bretons de Ségolène Royal, eux, ne veulent pas croire à la défaite.
Vendredi matin, Cécile, fonctionnaire à la retraite, a éteint sa radio, "révoltée" par la litanie des sondages et le "ton amusé" des présentateurs pour la déroute de Ségolène Royal serait "une affaire classée". "Une telle avance (pour Sarkozy) ce n'est pas possible", estime Fabrice, militant de la LCR venu distribuer des tracts "anti-Sarko" sur le passage de la candidate socialiste. Encore un militant de gauche qui n'a pas vu le même débat que tout le monde !

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Ségo perd (encore) ses nerfs. Sarko ironise

Alors que la campagne officielle s’achève ce soir, celle qui s'est présentée comme "la force tranquille" (sic) durant la campagne, perd une fois encore ses nerfs en déclarant ce matin sur RTL qu'une victoire de Sarkozy aurait pour conséquence un embrasement des banlieues. N'est-ce pas ce qui s'appelle "jouer sur les peurs" ? Cette expression toute faite qu'elle a usé jusqu'à la corde pour stigmatiser... Sarkozy.
Au soir de sa défaite annoncée dimanche soir, osera-t-elle appeller à la révolte des cités contre Sarkozy ? Pas impossible. La Zapatera se révélant être non seulement une piètre débatteuse mais également une bien mauvaise joueuse. La championne de "la société du respect" apparaît de moins en moins respectable.


"Au dernier jour de la campagne officielle, Ségolène Royal a encore durci ses attaques. Vendredi matin sur RTL, elle a affirmé que la candidature de Nicolas Sarkozy constituait "un risque" pour la France, celui de déclencher "des violences et des brutalités" dans le pays et en particulier dans les quartiers populaires. "Tout le monde le sait mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou", a-t-elle dit. Elle explique cette position par le fait que, selon elle, Nicolas Sarkozy "ne peut pas se rendre dans les quartiers populaires" sans être "encadré par plusieurs centaines de policiers" (sic). Elle a aussi jugé que la candidature de son adversaire de droite était "dangereuse, en termes de concentration des pouvoirs, en termes de brutalité, en termes de mensonges".
Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy a réagi sur Europe 1 : "C'est tellement outrancier. Je suis sûr que Mme Royal est quelqu'un qui vaut mieux que ce qu'elle vient de dire", a-t-il ajouté. "Comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c'est un phénomène bien classique: elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature. Je suis un peu désolé pour elle mais je n'ai pas l'intention de rentrer dans un combat de rue (...) Elle ne commence pas bien sa journée!", a plaisanté Nicolas Sarkozy." Le Figaro

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Fin de partie pour Royale

Contrairement à la presse, qui fait preuve d'une indulgence coupable envers Ségolène Royal (aurait-elle été menacée ?), les Français ne s'y sont pas trompés. Un sondage vient confirmer ce que tout le monde a pu constater hier soir lors du débat de l'entre deux tours. A savoir, Ségolène Royal n'est vraiment pas à la hauteur de la fonction présidentielle, tant par sa personnalité que par sa compétence.
Nicolas Sarkozy a été jugé plus convaincant que Ségolène Royal lors de leur débat radio-télévisé de mercredi soir, selon un sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI rendu public jeudi 3 mai. 53% des personnes interrogées ont jugé le candidat UMP "plus convaincant" contre 31% pour la candidate PS, et 16% qui répondent ni l'un ni l'autre ou ne se prononcent pas.

Et devinez quoi ? Les directeurs de campagne de Ségolène Royal ont dénoncé dès sa publication "la fiabilité" de cette enquête, y voyant des "manoeuvres de commande" et se demandant "à qui profite un tel sondage ?". Jean-Louis Bianco et François Rebsamen ont reproché à OpinionWay de proclamer "que Nicolas Sarkozy serait le vainqueur du débat d'hier soir sur tous les sujets économiques et sociaux, abandonnant les restes d'empathie à Ségolène Royal pour les thèmes dits compassionnels". Encore un coup de Sarkozy. Après avoir tout fait pour interdire le débat Bayrou-Royal, avec le résultat que l'on connaît, ce dernier a sans doute acheté ce sondage ! C'est bien la confirmation de ce qu 'on peut constater aujourd'hui : la presse est aux ordres du grand méchant Sarkozy. Et la très gentille Royale (un trait de sa personnalité pas franchement à l'honneur hier soir) est une fois de plus sa victime.
Deux choses sont sont sûres dorénavant : 1/la France possède la gauche la plus bête du monde, et 2/ Les éléphants auront la peau de la gazelle avant l'été !

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Le débat : Royal tournée en ridicule par son incompétence et son agressivité

L'apôtre de la société du respect et de la démocratie participative s'est montrée bien peu respectueuse lors du débat de l'entre deux tours. Tant de son adversaire, que des journalistes Poivre d'Arvor et Chabot, qui l'ont interrogé en pure perte. Se moquant de l'ordonnancement du débat établi par avance, Royal est passé d'un sujet à l'autre sans demander l'avis de personne. Sarkozy a eu du mal à suivre : "Madame Royal a évoqué tous les sujets en même temps, elle risque de les survoler et de ne pas être précise." Royal : "Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole." "Je veux seulement vous faire remarquer..." tente Sarkozy, aussitôt interrompu : "Non, c'est très cohérent, au contraire", explique-t-elle en haussant le ton. "Si vous parlez de tout en même temps, on ne va pas pouvoir approfondir", reprend Sarkozy. "Mais tout se tient, tout se tient." Ah ! le fameux "tout se tient" cher à son coeur et à nos oreilles !

Une nouvelle taxe sortie du chapeau

Sarkozy explique qu'il veut dégager des marges de manoeuvre notamment en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Royal lui rétorque qu'elle compte créer une taxe sur les revenus boursiers pour financer les retraites. Un vrai scoop ! Cette taxe est absente du programme de la candidate. Sarkozy se renseigne : "Votre taxe, c'est combien ?" Royal : "Elle sera au niveau de ce qui sera nécessaire." (sic). Sarkozy : "C'est d'une précision bouleversante."

"Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité"

Le tout à l'avenant. Sans doute consciente d'avoir été tournée en ridicule à cette occasion comme en d'autres, à l'approche de la fin du débat, Royal décide de jouer son va-tout. Sur un sujet délicat, qui n'appelle pas la polémique, elle accuse, sous le coup d'une colère surjouée, Sarkozy d'atteindre "summum de l'immoralité politique" par la façon dont il vient d'évoquer, "la larme à l'oeil", l'accueil des enfants handicapés à l'école. "Jouez avec le handicap est proprement scandaleux" lance-t-elle, ulcérée, en reprochant à la droite d'avoir "cassé" la politique qu'elle avait initiée lorsqu'elle était ministre de Jospin. "Calmez-vous, ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé", réplique Sarkozy, pour la première fois tendu. "Non je ne me calmerai pas. Quand il y a des injustices, il y a des colères particulièrement saines", fait-elle valoir, bravache. La passe d'armes se prolonge : "Je ne sais pas pourquoi Mme Royal a perdu ses nerfs." Sarkozy, prenant la France à témoin, prend l'ascendant : " Je ne pense pas que vous élevez la dignité du débat politique. Je ne mets pas en cause votre sincérité, ne mettez pas en cause ma moralité."

Un journaliste de CNN s'interrogeait ce matin quand Ségolène Royal a perdu ses nerfs hier soir : "Aurait-elle dû se comporter ainsi?"

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Bayrou confisque le débat du second tour

La lecture des médias pourrait laisser penser tout le contraire. Pourtant, François Bayrou n'est pas au second tour. Sa conférence de presse d'hier, d'une heure et demi montre en main !, au cours de laquelle il a annoncé sa "décision" de ne rien décider, tout en confessant à reculons son penchant pour Ségolène Royal était digne de la IVème République. Voilà qui aura au moins eu le mérite de rappeler ce que le Béarnais est vraiment : un grand méchant mou lorsqu'il s'agit d'exercer le pouvoir ; un redoutable politique prêt à toutes les manoeuvres lorsqu'il s'agit de le conquérir.

Car c'est le coup d'après que prépare le président de l'UDF et futur président du Parti démocrate. Avec ce coup médiatique du "débat", il compte faire main basse sur l'aile sociale-démocrate du PS, qui se reconnaît plus dans son programme que dans celui de Ségolène Royal. Une fois que la guerre de succession au PS aura commencé, sur les cendres encore fumantes de la défaite de Madame Royale. Quant à la présidente du Conseil régional de charente poitou, elle n'a pas le choix. Sans les voix de Bayrou, elle n'a aucune chance de l'emporter. Au risque que son grand écart idéologique ne lui fasse perdre les voix d'une parti de la gauche. Et qu'au final, elle ait perdu sur les deux tableaux...

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Les nouveaux amis de Bayrou

Ségolène et Nicolas, les deux nouveaux amis de François Bayrou, ne l'ont pas toujours adoré. C'est difficile à croire depuis quelques jours, mais c'est pourtant la vérité. Durant la campagne, les deux finalistes ont multiplié les vacheries à son encontre. Présidentielles 2007 n'en a rien perdu. Florilège à la mémoire de l'inconstance en politique.


Nicolas Sarkozy :

« Je l'ai toujours connu à droite, voici qu'il est maintenant à gauche, j'espère qu'il a demandé l'autorisation à ses électeurs » (18 avril)
« C'est la caricature du cynisme et de l'opportunisme » (12 avril)
« M. Bayrou est une création essentiellement médiatique » (27 mars)
« Le principal, c'est de bien viser. Vous le croyez à droite, il est parti à gauche. Vous le croyez à gauche, il est parti à droite (...) Ce n'est pas comme ça qu'on dirige la cinquième puissance du monde » (20 mars)
« On parle de l'élection de la présidence de la République, et ce n'est pas une question de sourire, celui de Mme Royal, ou de tracteur, celui de M. Bayrou » (18 mars)
« Sa victoire conduirait à l'immobilisme dans un premier temps, à la crise politique dans un deuxième » (11 mars)

Ségolène Royal

« Il est assis entre deux chaises. Je ne sais pas si vous avez essayé de rester assis entre deux chaises, ce n'est pas très confortable » (20 avril)
« Son ni droite, ni gauche masque l'immobilisme le plus absolu, le refus de dire clairement quelles sont les solutions qui seront apportées aux problèmes qui se posent au pays » (27 mars)
« C'est une forme d'imposture » (14 mars)
« Il cherche à brouiller les cartes » (1er mars)
« La politique n'a rien à gagner dans le ramollissement des identités politiques » (26 février)
Avec des amis pareils, Bayour n'a plus besoin d'ennemis.

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André Santini : "Bayrou a fait la voiture-balai dans cette élection."

Dédé d'Issy-les-Moulineaux, alias André Santini , n'est finalement pas si faux cul qu'il y paraît. Loin de se livrer à la danse du centre, si à la mode en ce moment, le député-maire de cette triste bourgade de la banlieue parisienne, qui s’était rallié à Sarkozy avant le premier tour, ne prend pas de gants avec François Bayrou. D’abord, il rappelle que le score du Béarnais n’a rien d’historique. C’était peu ou prou ceux de Barre et de Balladur aux élections de 1988 et 1995. Ensuite, il explique pourquoi le centriste ne donnera pas de consigne de vote demain. Une interview sans langue de bois.

Comment jugez-vous les résultats de dimanche soir ?

André Santini : Je suis content d'avoir soutenu Nicolas Sarkozy. Avec 31% des suffrages, il a fait un coup historique. Il a osé parler de sujets comme l'identité nationale ou l'acquis et l'inné. Ce n'était pas gagné d'avance. Il s'est montré bon stratège.

A qui vont profiter les 18% de voix obtenues par François Bayrou ?

A.S. : Comme à chaque élection, il y a le "candidat Pepsi", le deuxième choix de la droite. A chaque fois, qu'il se soit appelé Jacques Chaban-Delmas, Raymond Barre ou Edouard Balladur, il a récolté entre 15 et 18% des voix. CQFD. L'électorat de Bayrou se divise en deux parties : une première moitié, composée d'électeurs indépendants, prêts à repartir chez Sarkozy. Une autre moitié, composée de bobos déçus par la gauche, parfois trotskistes, et qui ont cru trouver une échappatoire avec Bayrou. Résultat : si Bayrou donne une consigne de vote demain, il perdra mécaniquement la moitié de ses voix. On dit toujours qu'au premier tour, on choisit un candidat, et qu'au second tour, on élimine. Le 6 mai, il y aura un vrai choix à faire.

Allez-vous prendre une initiative pour ramener les députés UDF à Nicolas Sarkozy ?

A.S. : Il faut discuter avec les électeurs et non pas avec les états-majors. Pour le reste, je suis bien sûr en contact avec les députés et les sénateurs UDF, qui jouent leur avenir dans les semaines qui viennent. Il faut voir avec eux, en toute cordialité, quelle solution on peut trouver à leur difficulté. On a déjà fait un premier appel en faveur de Sarkozy. Il y a encore une douzaine de députés prêts à nous suivre et à rallier Sarko. Ils attendent que François Bayrou se soit exprimé franchement pour prendre position. Leur situation n'est pas aisée, on leur demande d'attendre dans les tranchées. Ils doivent se positionner pour dans un mois. François Bayrou peut attendre 2012. Pas eux.

Si François Bayrou crée un nouveau parti politique, que se passera-t -il ?

A.S. : Si François Bayrou se pique de créer un nouveau parti, il n'aura pas d'électeurs derrière lui. Il va essayer de ramasser tout ce qui traîne. On a vu des milliers de gens dans les meetings de Bayrou, et notamment à celui de Bercy, le 18 avril. Mais ce n'était pas des gens de chez nous. Il y avait de tout. Des curieux, des rebelles : j'appellerai cela des militants hors sol. Bayrou a fait la voiture-balai dans cette élection. Après quoi, il va s'écrouler. Le 6 mai, il n'aura plus personne derrière lui. Quant à moi, UDF historique je suis, UDF je resterai.

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La championne du changement se recentre à vue d'oeil

François Bayrou se découvre plein de nouveaux amis à gauche depuis dimanche. A commencer par sa candidate! Après avoir écarté d’un revers de main l’alliance avant le premier tour prônée par Rocard et Kouchner, elle se rappelle soudain de l’existence de Jacques Delors et propose « une dialogue public » (sic) à François Bayrou.

"Pour que ça change fort", son éphémère slogan n’est plus qu’un lointain souvenir. Ségolène Royal se recentre à vue d'oeil. Ses "amis" de l'extrême gauche et des Verts qui ont applelé à voter pour elle comme un seul homme le soir du 1er tour, risquent de s'en mordre les doigts. L'heure n'est plus au changement de société mais au changement de vocabulaire. La soi-disant "compagne" de François Hollande « souhaite un débat ouvert sur les idées pour constituer des convergences autour d'une volonté de rénovation sans arrière-pensée et sans a priori ». Cela ne promet pas en tout cas une rénovation de la langue de bois. « la France a tout à gagner à l'ouverture des idées pour sortir des blocages d'un système dépassé ». On croirait entendre du Bayrou. Rappelons qu’en 1988, déjà, faute de majorité, Mitterrand avait accepté que figurent dans le gouvernement Rocard des ministres centristes appelés alors membres de la société civile.

« J'attends une réponse. À M. Bayrou de dire s'il souhaite ce débat (...). Il est de ma responsabilité de femme de gauche de donner un signe à tous les électeurs qui ont voulu ce changement », a-t-elle ajouté, en précisant qu'il s'agissait d'une « main tendue » au candidat UDF. « Je propose un dialogue public sur la base du pacte présidentiel », a-t-elle expliqué, détaillant les points de discussion (Nouvelle République, libertés publiques, politique de la ville et des quartiers, relance de l'Europe et priorités éducative et écologique). « Que François Bayrou fasse son choix. On met chacun devant ses responsabilités. Si on veut le changement, si on veut avancer, si on veut rénover la vie politique, eh bien il faut voter Ségolène Royal », a ajouté hier soir François Hollande.

Coup de barre au centre risqué

Reste à savoir si le candidat de l'UDF, dont l'électorat est pour le moins composite, acceptera cette « main tendue », le risque pour la candidate PS étant de perdre sur ce coup de bluff une partie des voix de l'ultragauche qu'effaroucherait l'idée d'une alliance avec le centre. « On met Bayrou devant ses responsabilités : vous voulez le changement, nous aussi. Si vous le pensez vraiment, je suis prête à dialoguer avec vous », résumait le maire de Lyon, Gérard Collomb.

Plus faux cul tu meurs

« Dialogue public, expliquait ensuite le directeur de campagne François Rebsamen, ça veut dire qu'il n'y a pas d'accords de couloirs ou de manoeuvres d'appareil. » Comprenne qui pourra. Et alors qu'on lui demandait si tout le PS était d'accord sur cette ligne, il répondait : « Elle, elle est d'accord là-dessus et c'est elle la candidate. » Vive la démocratie participative ! Sur France 2, l'autre directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, a précisé qu'il devait s'agir d'un débat entièrement transparent, tout devant être dit dans « un lieu public » : « L'essentiel est que rien de ce qui soit dit ne le soit sans le contrôle des citoyens. » C'est l'histoire du PS racontée aux enfants.

Trop n'est jamais assez

La candidate socialiste doit d'ailleurs s'afficher dès aujourd'hui avec Jacques Delors, auquel Bayrou avait tressé des lauriers avant le premier tour. À Montpellier, ce soir, elle doit recevoir le soutien de Dany Cohn-Bendit, grand thuriféraire de l'alliance du PS, du centre et des écologistes.

Au fait, pourquoi Rocard avait-il appelé à une alliance avant le premier tour ?... Par soucis de sincérité. On ne saurait lui donner tort...

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La méthode Corse

Patrick Menucci, directeur adjoint de la campagne présidentielle de Ségolène Royal et ex-garagiste de profession, a fait l'objet d'une procédure judiciaire pour avoir distribué des tracts samedi à Marseille alors que la campagne électorale est officiellement close, a-t-on appris de sources policières.

"Un constat d'infraction (à la loi électorale) a été fait par la police sur place et transmis au parquet", a-t-on précisé.
Le responsable socialiste se trouvait dans le quartier Castellane, dans le centre de Marseille, en compagnie d'une quinzaine de militants.
La loi stipule que la campagne présidentielle "prend fin le vendredi précédant le scrutin, à minuit". Dans l'intervalle allant jusqu'à la publication des résultats, un candidat ou un militant ne peuvent pas faire campagne en distribuant des tracts ou en prenant la parole en public.
"Si c'est le cas, il faut faire constater les faits", a expliqué un membre de la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle (CNCCEP).
Dans un communiqué, l'UMP des Bouches-du-Rhône dénonce le "triste exemple" donné par un représentant du Parti socialiste et "proche collaborateur de Ségolène Royal".
Martine Vassal, secrétaire générale adjointe de l'UMP-13, juge déplorable qu'un candidat aux élections législatives ne soit "même pas capable de respecter les lois de la République".

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Pascal Perrineau : "Les surprises à l'élection présidentielle sont presque une règle !"

A l'avant-veille du premier tour, Pascal Perrineau, le directeur du Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences-Po n'est sûr de rien. C'est ce qu'il confie en creux au journal "Le Monde". Extraits.

N'avez-vous pas le sentiment que comme en 2002, comme pour l'ampleur du "non" au dernier référendum, une grosse surprise est possible ?
Pascal Perrineau : Les surprises à l'élection présidentielle sont presque une règle. En 1981, personne n'avait prévu la chute du candidat communiste. En 1995, personne n'avait prévu l'arrivée de Jospin en tête des candidats. En 2002, personne n'avait prévu la sélection de Jean-Marie Le Pen au second tour. Avec environ un tiers d'électeurs indécis jusque dans la dernière ligne droite, l'instrument du sondage ne peut prévoir les reclassements et les choix de dernière minute. C'est dans ces évolutions du dernier instant que s'enracinent les surprises.

M. Bayrou a-t-il une chance de créer la surprise en passant le premier tour ?
Pascal Perrineau : Dans de nombreuses enquêtes, François Bayrou est, en termes d'intentions de votes, proche du niveau de Mme Ségolène Royal. Il suffirait d'une évolution défavorable à la candidate socialiste dans un segment de 2 à 3 % de l'électorat pour que l'ordre d'arrivée prévu par les grands instituts (Sarkozy en premier, Ségolène Royal en deuxième, François Bayrou en troisième) soit perturbé.
Cet électorat potentiel de François Bayrou est, toutes les enquêtes le montrent, le plus hésitant. Selon le destin de cette hésitation, le candidat de l'UDF sera présent au second tour ou reviendra dans la position de troisième homme.

Les Français vont-ils voter pour le candidat dont ils se sentent le plus proches ou voter utile ? Quelle sera la part des extrêmes ? Pensez-vous que les voix allant à la gauche de la gauche sont susceptibles d'empêcher Ségolène Royal d'accéder au second tour ?
Pascal Perrineau :
Lorsqu'on leur pose la question, une majorité de Français disent voter davantage en fonction de leur préférence que pour des raisons d'"utilité".
Alors que les Français, dans des élections précédentes, s'étaient beaucoup dispersés sur des candidats marginaux, il semble qu'en 2007 ils reviennent vers des candidats issus des grands partis de gouvernement (PS, UMP, UDF). Selon les instituts de sondage, entre 68 et 70 % des Français voteraient pour un de ces trois candidats.
Ils ne le font pas pour des raisons uniquement de vote utile, mais aussi parce que ces "grands" candidats apparaissent à tort ou à raison comme des candidats du renouveau générationnel et politique.
Quant aux extrêmes, si Jean-Marie Le Pen semble être, en termes d'intentions de vote, au niveau qui était le sien en 2002, il n'en est pas de même des candidats de l'extrême gauche, qui, en dépit de l'apparente "santé électorale" d'Olivier Besancenot, sont en récession par rapport à 2002.
Cette récession électorale de l'extrême gauche est certainement due au fait que les électeurs socialistes, qui avaient pu se faire "plaisir" en 2002, hésitent à renouveler ce comportement en 2007, se souvenant de l'échec du candidat socialiste et de sa disparition au second tour. Il y a au sein de l'électorat des gauches une mémoire d'avril 2002.

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Les conseils de Giscard pour bien voter

Toujours aussi hilare, Giscard s'est livré à une explication de texte brillantissime sur le rôle d'un président de la république, à l'occasion d'une interview au journaliste Christophe Barbier, destinée à justifier son soutien à Nicolas Sarkozy. Ce qui ne gâte rien, l'académicien, très en verve, a distillé tout au long de sa démonstration un chapelet de vacheries et de vérités bien comprises. Un régal !



"Je rencontre bcp de gens qui me demandent ce qu'il faut faire.
Je me suis dit qu'en tant qu'ancien président, je leur devais une réponse"

Pour VGE, "un bon candidat doit réunir plusieurs conditions". Il doit d'abord "être porteur d'un projet qui réponde aux besoins actuels de la France", avoir ensuite "la capacité, la volonté, le talent d'agir et de mettre en oeuvre ce projet" et, enfin, "pouvoir compter sur une majorité stable et solidaire".

"C'est une élection nationale et non pas catégorielle. Tout le début de l'élection s'est déroulé sur le mode catégoriel. Chacune exprimait les besoins de son groupe voire de sa personne. C'est une erreur. C'est la nation française qui choisit son président. Il faut donc prendre en compte la nation française."

"Un président doit avoir un projet qui corresponde aux besoins du pays. Il faut être capable de le mettre en oeuvre. Il faut avoir la capacité d'agir."

"Pendant ses 25 ans de cogestion Mitterrand-Chirac, la France a souffert d'une espèce de maladie de langueur. Il faut sortir de cette maladie."

"Les Français ont deux tentations qui sont très dangereuses. La tentation de la table rase : on balaie ce qui existe. C'est très dangereux : Je n'ai jamais vu l'ordre jaillir du désordre. La tentation du vote négatif : au lieu de dire on fait confiance, on vote contre. La combinaison de la table rase et du vote négatif, c'est la IVème république. C'est ce que de Gaulle a voulu corriger et c'est ce que j'ai voulu prolonger, en l'adaptant aux temps modernes, bien sûr. "

"La France doit remonter

dans le convoi européen"

"La procédure (du référendum) n'était ni opportune ni adaptée."iscard s'est bien sûr gardé de rappeler qu'il avait enfanté le texte du projet de constitution européenne ?

"C'est le club des Ex autour de Sarkozy" (Bayrou)

Au mot d'esprit de Bayrou sur son ralliement à Sarkozy, VGE a déclaré que "la correction n'a jamais été un trait particulier du caractère du candidat centriste. Il y a des ex partout, il y a des faux nouveaux partout. Si l'on veut bien regarder le pedigree de tel ou tel. Lui-même a été ministre de Juppé et Balladur. Il joue un rôle nouveau mais emprunté à un personnage ancien."

"L'erreur ou la tromperie, c'est de faire croire que le centre bouge sans arrêt et qu'on ne sait pas où il est, et se positionne au gré des élections."

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La surprise du chef ?

François Bayrou veut y croire jusqu'au bout. Même s'il récuse les sondages de premier tour, qui le donnent tous distancié par Royal et Sarkozy, il s'appuie sur ceux de second tour, qui le donnent gagnants contre l'un ou l'autre...


"Le candidat UDF François Bayrou s'est dit "absolument sûr" que les Français "préparent une de ces surprises dont ils ont le secret" pour le premier tour de la présidentielle dimanche. Il donnait, mardi 17 avril au soir, un meeting à Lille.
Défiant des sondages qui le placent en troisième position, il a affirmé sentir "la montée en puissance" de sa fin de campagne et promis que "les indécis, ce sont des citoyens qui vont se décider dans la dernière ligne droite et qui vont voter pour nous".

Parmi eux, le candidat centriste mise sur une part des "catégories les plus populaires", qui, selon lui, vont le choisir après s'être abstenues en 2002. Et pour convaincre les électeurs de gauche, il s'est à nouveau décrit comme celui "qui peut gagner face à Nicolas Sarkozy au deuxième tour", déclenchant un tonnerre d'acclamations.
Les 4 700 places du Zénith de Lille étaient remplies, et un millier de personnes sont restées dehors. M. Bayrou s'est offert avant le meeting un bain de foule de près d'une heure entre la gare de Lille et un bar du centre-ville où il a tenu une conférence de presse.MISE EN CAUSE

Maudits sondages (de 1er tour...)

Sur la scène, M. Bayrou a de nouveau attaqué les sondages, accusés de sous-estimer son score, car "il est difficile de prédire les votes quand c'est un vote de changement". Il a, en particulier, mis en doute le sérieux du sondage CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France plaçant mardi la socialiste Ségolène Royal et l'UMP Nicolas Sarkozy au coude à coude à 50 % chacun d'intentions de vote au second tour. C'est en effet sur la foi des sondages le donnant vainqueur face à Nicolas Sarkozy pour le second tour, notamment, que le socialiste Michel Rocard a appelé à une alliance entre le PS et l'UDF.
Mardi, François Bayrou a affirmé être "le seul qui puisse faire travailler ensemble" des personnalités comme le socialiste Dominique Strauss-Kahn et le radical affilié à l'UMP Jean-Louis Borloo. Ils "ont fait avec plus ou moins de bonne humeur les choix politiques qu'ils ont été obligés de faire", à savoir soutenir les candidats de leurs camps d'origine, a soutenu M. Bayrou.
Au passage, le candidat de l'UDF a égratigné l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin, qui avait jugé lundi une alliance PS-UDF "ni opportune ni pertinente". "Il croit toujours, sans doute, que c'est la candidature de M. Chevènement ou celle de Mme Taubira qui ont expliqué son échec", a persiflé le candidat centriste : "Il ne se rend pas compte que c'est le PS comme il était, le gouvernement comme il était qui expliquent son échec. Et à droite, c'est la même chose".Dans un entretien au Parisien, François Bayrou affirme mercredi que s'il était élu, il prendrait un premier ministre de "centre-gauche", "par équilibre", car il est lui-même "un homme qui vient du centre-droit".

Contre l'augmentation brutale du SMIC

"Il faut des coups de pouce réguliers mais pas d'augmentation brutale, a déclaré le candidat de l'UDF, interrogé sur le smic, mercredi, à l'antenne de RTL. Tout le monde sait que ça fait disparatre de l'emploi."
"On a concentré toutes les aides sur le smic depuis les années, ça a smicardisé la société française", a-t-il estimé. "Je préfère élargir les aides (...) de manière qu'on puisse faire bouger les personnes qui sont dans l'échelle des salaires et que ceux qui sont au smic puissent aspirer à un smic plus élevé", a ajouté le dirigeant centriste.
Le candidat centriste propose par ailleurs la mise en place d'un contrat à durée indéterminée à droits progressifs, assorti d'une période d'essai allongée, afin de laisser le temps "à l'entreprise et aux salariés de se faire une idée l'un de l'autre". S'il est élu, il a dit vouloir laisser aux partenaires sociaux le soin de négocier sur cette question. - ("Le Monde" Avec AFP)

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L'improvisation jusqu'au bout

Le moins que l'on puisse dire est qu'entre le programme du PS et celui de sa candidate, on a déjà bien du mal à s'y retrouver. Les naïfs qui s'imaginaient que Ségolène Royal allait remettre tout cela en perspective et donner une cohérence idéologique à l'ensemble, en sont pour leurs frais. C'est tout le contraire qui se produit. Dans le sprint final du 1er tour, la "compagne" de François Hollande ne craint pas d'ajouter à la confusion en multipliant les promesses de dernière minute. Deuxjournalistes du "Monde "s'en fait l'écho, un brin amusés.

"Entre deux meetings, Mme Royal fait feu de tout bois. Lundi était consacré aux crimes sexuels, mardi à la réduction du train de vie de l'Etat, mercredi 18 avril devait être le jour du temps partiel des femmes dans la grande distribution, jeudi, celui de "l'Etat impartial"… Des annonces que d'aucuns au PS jugent tardives, voire inutiles dans les derniers jours mais qui répondent à une stratégie bien précise : accrocher au dernier moment, grâce à une mesure qui ferait "tilt" les électeurs indécis – quitte pour cela à annuler en rafale une série d'entretiens avec différents médias. Mme Royal n'hésite pas : depuis 2002, les socialistes sont convaincus que tout se joue dans la dernière ligne droite, voire les derniers instants, d'une campagne et qu'il faut, jusqu'au bout, rester très réactif. Et puis la phase "participative" ayant pris du temps, le temps des annonces, pour l'équipe Royal, n'est pas clos."
Isabelle Mandraud et Philippe Ridet ("Le Monde")

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Un portrait lumineux de Ségolène Royal dans la presse étrangère


Ségolène Royal, apôtre d'une nation de victimes

"Il y a six mois encore, devant les scores à la Jeanne d'Arc que Ségolène Royal recueillait dans les sondages, beaucoup ont commencé à se demander s'il fallait croire à sa mission de sauvetage de la France. Aujourd'hui, après avoir proposé à un électorat perplexe un avenir de changements indolores mais peu cohérents, l'ascension en flèche de Royal est retombée et son positionnement sur le marché des promesses a viré du transcendantal au prosaïque.
Oubliés les sommets où elle planait l'année dernière : quand il s'agit de politique, Ségolène n'est plus une déesse guidée par le destin. Une semaine avant le premier tour, tout indique qu'elle ne sera probablement pas le prochain président de la République.

Prise dans la lumière cruelle qui sépare les dangers - et l'authentique séduction - de sa spontanéité et de sa quasi absence de doute sur soi d'une part, les exigences de consistance et de cohérence qu'on attend d'un président potentiel d'autre part, Royal est de toute évidence devenue une candidate moins efficace. Et cela en dépit de son indépendance, de son évaluation correcte du souhait exprimé par les Français d'être entendus, de sa capacité à montrer de la compassion, de sa vision juste de l'ordre et de la sécurité dont a besoin le pays et de l'extrême méfiance des électeurs à l'égard de l'élite qui se cramponne au pouvoir.

Son problème, c'est la politique. Ségolène Royal n'y est pas vraiment à l'aise. Même si l'on doit reconnaître que l'instinct qui la pousse à éluder les exigences de la politique s'est trouvé validé par sa désignation par le Parti socialiste alors qu'elle avait soigneusement évité de fournir substance et détails. Une fois sa candidature acquise, Royal s'est efforcée de maintenir le plus longtemps possible sa méthode de départ - laquelle consiste à ignorer l'exigence politique fondamentale qui veut que l'on fournisse des explications détaillées et que l'on forge des alliances - comme modus operandi d'une campagne électorale s'étalant sur plusieurs mois. Dans le même temps, au lieu de capitaliser sur son état de grâce de 2006, elle a dilapidé son avantage initial. A la différence d'autres candidats charismatiques mais non experts - Ronald Reagan, par exemple - elle a montré qu'elle n'a pas le don de rendre compréhensibles les questions difficiles. Lorsqu'elle se trouve acculée ou clairement prise en défaut, son réflexe n'est pas de solliciter, comme il serait légitime, l'avis des experts, mais de s'en remettre à ses instincts ou à ses émotions.

En fait, Ségolène Royal a cherché à établir une nouvelle méthode, très personnelle, de captage des voix. Exemple : interrogée sur ses idées budgétaires, elle répond qu'il s'agit de questions techniques à confier à un quelconque ministère. Incapable d'expliciter sa proposition de contrat pour le premier emploi, elle se plaint d'être harcelée par des bureaucrates tatillons. Les contradictions liées à son projet de financer l'éducation en renonçant à la construction d'un nouveau porte-avions, ou son refus insistant de permettre à l'Iran d'accéder au nucléaire civil ont généré une confusion qui n'a jamais été clairement démêlée. Après avoir effectué l'année dernière au Moyen-Orient une tournée marquée par l'amateurisme, elle s'est à peine risquée sur le terrain de la politique étrangère.

Aujourd'hui il est toujours aussi ardu de résumer le projet de Ségolène Royal pour la France en 100 mots au dos d'une carte de visite. Ses 100 propositions équivalent à une sorte de pointillisme qui n'aurait pas trouvé une main unifiante et conceptualisante. Parallèlement à ce fourre-tout difficilement lisible, son incapacité à redéfinir une image concise et vendable de sa personnalité constitue un aspect curieux et inattendu de sa campagne. Quand on émet des doutes sur sa compétence - problème qui ne s'est jamais posé pour Merkel, Thatcher ou Hillary Clinton -, Royal écarte la question d'un haussement d'épaules en prétendant qu'elle est la cible d'un monde hostile et macho.

Et puis elle hésite. Ce n'est pas vraiment à des centres de rééducation encadrés militairement qu'elle pensait pour placer les voyous des banlieues, mais à quelque chose de plus social. Un jour, dans un entretien écrit, elle fait une allusion aux aspects "brutaux" de son enfance ; le lendemain, à la télévision, elle refuse tout net d'évoquer le sujet. Dans ses tentatives pour présenter une personnalité compréhensible, la façon dont Ségolène Royal se dépeint à présent se résume souvent à une attitude de victimisation doublée d'une exaltation déplacée.
Lorsqu'on lui demande de détailler ses propositions de manière plus précise et qu'elle se sent débordée, elle se plaint d'être bousculée par des bureaucrates et évacue tout doute raisonnable en prétendant qu'elle est la seule à bénéficier d'un accès divin au sentier lumineux de l'avenir : "Je vais apporter la preuve obstinée, permanente, acharnée, que c'est moi qui incarne et réaliserai le changement du fait de ma volonté de bouger en profondeur les choses et du regard neuf que je porte sur le fonctionnement de la société."

Mais lorsque le débat politique se fait plus rude - même s'il n'est pas aussi brutal que cela au regard des standards internationaux - elle se sent aussitôt insultée. La personnalité originale et anti-establishment qui, en 2006, avait suscité autour d'elle un intérêt dépassant largement les limites de la gauche, s'est aujourd'hui largement diluée. La seule nouveauté qu'elle offre désormais est de se présenter délibérément comme le symbole victimisé d'une nation de victimes, d'une société de doléance dans laquelle les honnêtes gens se sentent floués et ont l'impression qu'on leur en demande trop : trop de travail, trop de patience, trop de détermination.

Si Ségolène Royal incarne une perspective de changement profond, c'est celle du glissement de la vision qu'a la France d'elle-même vers un statut de victime, un dénominateur commun inconnu jusqu'alors dans une histoire plus marquée par la réussite universelle que par une humiliation individuelle généralisée. Au fond, la candidature de Royal véhicule - et légitime - une notion de déclin national qui va bien au-delà des vraies difficultés françaises et minimise la réelle capacité du pays à remonter la pente.

Au final, incapable de proposer un avant-goût significatif de ce que serait la vie durant ses cinq années de présidence, Royal ne peut guère faire plus que demander aux Français de s'en remettre à ses instincts. Mais maintenant que sa mystique a perdu son éclat, cela ne peut qu'entrer en contradiction avec les vastes questions qui restent ouvertes sur sa compétence, sa crédibilité et sa capacité à diriger."

(Traduit de l'anglais par Gilles Berton)
John Vinocur "International Herald Tribune"/ New York Times Syndicate

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Le degré zéro de la politique


Dans la dernière ligne droite, Ségolène Royal a enfin su trouver les mots justes pour s'adresser aux électeurs - ou plutôt aux électrices - et les convaincre de voter pour elle. La qualité de son programme ? Ses résultats à la tête de la région Poitou-Charente ? Sa probité ? (malgré sa résidence secondaire à un prix défiant toute concurrence) La qualité de ses collaborateurs ? Rien de tout cela. Beaucoup mieux : le simple fait qu'elle est... une femme. Il fallait y penser !

Ainsi, ce week-end dans le Pas-de-Calais, n'a-t-elle pas hésité à mettre explicitement son sexe en avant comme suprême argument, au terme d'un discours asséné sous un soleil de plomb. "Je l'assume comme un atout, c'est une force extrêmement puissante d'incarnation du changement. En un an, je n'ai pas beaucoup mis ça en avant dans la campagne (sic, sic, sic), mais c'est très présent dans la presse internationale, qui se demande : "Est-ce que la France va oser ?"" Elle imagine la suite : "Quand il y aura trois femmes au G8, Angela Merkel, Hillary Clinton et moi, ça aura de l'allure, non ?"

En d'autres termes, votez pour moi non pas pour ce que je dis, pour ce que je pense, pour ce que je peux faire pour la France mais en raison de mon sexe. Ne serait-ce pas précisément la négation de la politique ?

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Rocard vend la mèche


A une semaine du 1er tour, il n'est plus temps de faire comme si de rien n'était. Les sondages sont formels : la pasionaria du contrat première chance n'a aucune chance de l'emporter contre Sarkozy au 2nd tour. Michel Rocard l'a bien compris, qui lance un appel, dans "le Monde" du 13 avril, en faveur d'une alliance dès aujourd'hui entre Royal et Bayrou. Toujours aussi bravache, la dame du Poitou a déclaré que sa "seule préoccupation était de rester en dialogue direct avec les Français" (sic) tandis que Bayrou s'est réjoui de ce pied de nez de l'artisan de la deuxième gauche, en déclarant que "cela témoignait que les choses bougent".

"Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines, nous n'aurons aucune excuse. L'UMP gagnera les élections législatives qui suivront; et pendant cinq ans, la France va souffrir.
Tous les Français ne souffriront pas de la même façon : les plus riches vivront encore mieux. Les classes moyennes et les petits salariés vivront plus mal. Les exclus seront plus seuls que jamais.
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Nous pouvons éviter ce gâchis social dont la majorité des Français ne veut pas. Comment? Simplement, en unissant nos forces avec ceux qui sont les plus proches de nous. Ceux qui pensent comme nous que le marché doit être régulé, que l'Etat doit défendre la solidarité, que l'égalité des chances doit être assurée pour tous et entre toutes les générations.
Socialiste et européen depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c'est-à-dire les socialistes et les centristes. Sur l'emploi, sur le logement, sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l'intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs. Isolés, ni eux ni nous, n'avons aucune chance de battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Mais rassemblés avec les Verts, la gauche sociale-démocrate et le centre démocrate-social constituent une majorité dans le pays. Et dans deux semaines elle peut devenir la majorité réelle. C'est la chance de la France.
Il ne faut pas attendre l'après-second-tour pour créer la dynamique de l'alliance. Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d'autant mieux qu'ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d'espoir pour la France.
J'appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s'exprimer devant les Français pour s'engager dans la voie de cette alliance. Qu'ils fassent confiance aux Français pour que les Français leur fassent confiance.
Je ne me prononce qu'au nom d'une seule ambition : l'amour de mon pays. L'envie que la France retrouve confiance en elle; que nos jeunes portent l'espoir d'une vie meilleure; que notre Etat se modernise dans le respect de chacun; et que triomphent nos idéaux démocratiques dans un monde en mouvement.
Pour la première fois depuis longtemps, j'atteste que ce chemin nous est ouvert. Nous pouvons déplacer les lignes politiques pour qu'elles soient fidèles à nos convictions. Nous pouvons faire repartir la France sur les rails du progrès économique, de la justice sociale, d'une démocratie impartiale et apaisée. Offrons ce choix aux Français et je suis sûr qu'ils l'approuveront.
Si nous ne saisissons pas cette chance, oui nous n'aurons aucune excuse…" Michel Rocard

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Besson persiste et signe


Sur RTL ce matin, l’ancien secrétaire national à l’économie du PS s’est expliqué sur sa violente charge contre Ségolène Royal.

« J’avais des inquiétudes depuis longtemps », a déclaré Eric Besson, auteur d’un brûlot contre Ségolène Royal (« Qui connaît Madame Royal ? »). « J’ai failli quitter le PS au moment des jurys populaires », a précisé le député de la Drôme avant d’ajouter ne pas savoir « ce qu’est la démocratie participative », critiquant l’un des axes majeurs de la campagne de Ségolène Royal dont les jurys populaires étaient une émanation.
Il a au passage remis en cause la méthode de Ségolène Royal qui concentre le pouvoir entre ses mains.
« Je ne roule pour strictement personne. Je souhaite dire ma part de vérité », a-t-il expliqué, rejetant les intentions qu’on lui prête de vouloir détruire la campagne de Ségolène Royal et refusant de dire pour quel candidat il votera le 22 avril.
L’ancien secrétaire national du PS à l’économie a dénoncé l’« obscurantisme et l’immobilisme » du PS, évoquant tour à tour la réforme des retraites, la généralisation des 35H, la fiscalité ou le nucléaire. Autant de sujets sur lesquels il avoue ne pas savoir comment les socialistes comptent s’y prendre pour réformer. Il a cité comme exemple le nucléaire, domaine dans lequel la candidate socialiste a réclamé un moratoire. « Chaque fois que la candidate ne sait pas trancher, elle réclame un moratoire. Moi, je réclame un moratoire sur les moratoires », a conclu le député de la Drôme.

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Impitoyable Zemmour

Il faut parfois se coucher tard pour goûter un grand moment de politique. Samedi soir, le journaliste Eric Zemmour, qui sévit chaque semaine chez Ruquier dans l'émission "On n'est pas couchés", a donné une leçon d'Europe à Marielle de Sarnez, la conseillère ès qualités de François Bayrou. A cette dame, qui entonnait le refrain tant de fois entendu de la nécessité d'une politique étrangère européenne, le teigneux Zemmour a brillamment cloué le bec. Au point qu'on pouvait, à bon droit, se demander qui des deux était le politique et le journaliste. Quand Mme de Sarnez a déclamé que le meilleur exemple de l'impérieux besoin d'une politique étrangère européenne, c'était l'Irak, Zemmour a répondu que c'était tout le contraire. Et de rappeler qu'en 2003, la France était bien seule pour tancer l'interventionnisme américain. A l'époque, Jacques Chirac avait dû rabroué les nouveaux venus de l'ex-bloc soviétique, Pologne en tête, en disant qu'ils avaient perdu une bonne occasion de se taire. En effet, comment soutenir que la parole de la France ait pu être de quelque poids que ce soit alors que la grande majorité des pays européens, à commencer par l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie, membre fondateur, étaient les premiers à se joindre à la coalition américaine ? En réponse, la collaboratrice de Bayrou afficha un sourire distant. Son meilleur argument ?

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Ségolène sait parler aux éléphants


Un article du Monde qui en dit long sur les capacités de rassemblement de Ségolène dans son propre camp. A se demander comment, dans ces conditions, elle pourrait bien rassembler les Français ! Les mauvaises langues rétorqueront que c'est pas étonnant, vu tout le mal que pense Alain Minc (président du conseil de surveillance du quotidien du soir) de la candidate. Présidentielles 2007 a la faiblesse de penser que la journaliste Isabelle Mandraud relate des événements auxquels elle a assisté.


"Ségolène !" Pas de réponse. Sur la scène du Parc des expositions de Charleville-Mézières, Dominique Strauss-Kahn est un peu embarrassé."Allez viens...", enjoint l'ancien ministre, ne sachant plus vers quel côté se tourner. Finalement, Ségolène Royal arrive par la droite de la tribune. Un petit serrement de main furtif à l'angle de l'estrade et elle a déjà glissé vers le micro que "DSK" a abandonné. Pas facile d'accompagner une candidate qui a décidé de reprendre "toute sa liberté" comme elle l'a annoncé, la veille, sur France 2. Pour son premier déplacement commun de campagne, M. Strauss-Kahn, vendredi 16 mars, en a fait l'expérience dans la patrie du poète Rimbaud, auteur d'Une saison en enfer.

Ils s'étaient donné rendez-vous quelques instants plus tôt devant l'usine Porcher, menacée par des licenciements. Accueillie par des salariés, Mme Royal parle d'"ordre économique juste", d'"obligation, pour les entreprises, de rendre des comptes". A ses côtés, "DSK" affiche un sourire distrait et expédie, en dix-sept secondes, un commentaire sur "ceux qui soutiennent la campagne, comme moi, autant que je le peux". Il affiche la même attitude modeste un peu plus tard sur le minuscule podium installé sur une place de la commune. "Dominique n'est pas un éléphant, cela ne fait pas longtemps qu'il est reconnu comme un dirigeant du PS, assurait son ami Christophe Borgel, candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis. Il apporte sa pierre à la victoire."


"SOLDATS"


Le soir, à Charleville-Mézières, devant un bon millier de personnes, M. Strauss-Kahn a fait le travail, critiquant François Bayrou - "Ségolène, elle fait campagne avec 100 propositions, François Bayrou fait campagne sans proposition" - et Nicolas Sarkozy : "Sur aucun sujet, il n'essaye d'élever la France. Sur l'Europe, il propose un mini-traité, une petite chose ; sur la France, il est en repli". Mais il doit lui-même dissiper la drôle d'impression qui règne dans son tandem avec Mme Royal. "Hier, à la télévision, elle nous disait qu'il faut qu'elle se sente libre, elle a raison, c'est sa force !, s'est-il exclamé. On n'a pas besoin de commentaires dans cette campagne mais de soldats, et les soldats n'ont pas d'états d'âme mais des états de service." Le "soldat" Strauss-Kahn a assisté, muet, à l'échange entre la candidate et les journalistes au cours duquel elle a expliqué que la présence de son ancien rival représentait "comme Laurent Fabius, un appui très important" mais qu'il s'agissait d'une "contribution prévue de longue date", faisant suite au travail qu'il a fait sur la fiscalité "avec deux collègues". Il "faut avoir, à un moment, la force de se situer au-dessus des partis politiques, tout en s'appuyant sur eux", dit la candidate. " Je suis la seule à proposer ce contrat direct avec les Français." Vendredi, Mme Royal a multiplié les rencontres avec les salariés, les parents d'élèves et la population. De plus en plus, elle privilégie les discours en plein air sur les places publiques, comme à Saint-Brice-Courcelles, où les notes d'une petite fanfare se mêlaient avec un air de Diam's. "J'avance droit devant, le drapeau à la main", commentait en aparté Mme Royal. Samedi, ce devait être au tour du "soldat" Jospin de battre la campagne, dans le Pas-de-Calais, mais sans la candidate.
Isabelle Mandraud (Le Monde)

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Enfin la vérité sur Ségolène Royal !


Voici des extraits de l'entretien entre le journaliste du Nouvel Observateur Claude Askolovitch et Eric Besson, ex-secrétaire national à l'économie du PS, qui paraît le 20 mars aux éditions Grasset sous le titre Qui connaît Madame Royal ? (166 pages, 12,90 euros). Un véritable brulôt qui ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas au PS.

Eric Besson, voterez-vous Ségolène Royal à l'élection présidentielle ?

Non. Je ne voterai pas pour Ségolène Royal. Ni au premier ni au second tour de l'élection. Sauf, évidemment, si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen.

Il y a quelques semaines, vous faisiez encore campagne pour elle…
Il y a quelques semaines, je n'étais pas encore libre. Et sans doute pas mûr dans ma tête. J'étais secrétaire national du Parti socialiste, chargé de l'économie. J'étais un camarade dirigeant, dévoué et travailleur , qu'on envoyait au front des médias pour défendre la cohérence d'un programme qui s'élaborait au gré des inspirations de la candidate ou de son entourage. Je faisais mon travail et je masquais mes doutes. J'étais dans une histoire, dans un parti pris de fidélité à mon parti et à la candidate qui avait été choisie. (…)

C'est l'homme blessé qui parle?
Non. Ce serait trop commode de s'en sortir comme ça. Si je suis avec vous aujourd'hui, si j'ai décidé de faire ce livre, ce n'est pas par vengeance, ou pour purger je ne sais quelle humiliation. Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. Elle prétend porter une rénovation démocratique? En réalité, elle construit un pouvoir personnel. Elle attise la méfiance envers les élus et la démocratie représentative. Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade. Elle fait croire aux citoyens qu'ils seront les inventeurs de son programme, les vrais héros de son aventure? Tout le monde sait que c'est faux. Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie. Elle prétend briser des tabous, mais elle ne fait qu'accompagner l'opinion dans ses pulsions majoritaires. Et quand elle rencontre une résistance, elle édulcore, se réfugie dans le flou, ne précise rien. Alors, tout est possible, tout peut arriver. Rien ne peut être débattu, discuté, argumenté, puisque rien n'est clair. A l'arrivée, c'est l'arbitraire, des décisions incompréhensibles, l'opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées…

Vous exagérez…
Non. C'est vous qui ne réalisez pas. En janvier dernier, Ségolène Royal avait décidé, d'une phrase, de rayer tout notre avenir énergétique. Ça s'était fait dans une discrétion émouvante, au détour d'une lettre-réponse qu'elle envoyait à Nicolas Hulot : une lettre qu'un conseiller avait rédigée et qu'elle avait signée, comme ça ! D'un coup, elle s'engageait à amener la part des énergies renouvelables à 50% – et non plus 20%, notre engagement initial, déjà très ambitieux. De fait, elle tuait le nucléaire et elle hypothéquait notre avenir industriel… Et ce sans en avoir débattu, sans en avoir discuté, sans avoir argumenté, ne serait-ce qu'une fois, avec des industriels, des élus ou des experts – ou même, tout simplement, à la télévision par exemple, devant les Français! Non. C'était décidé, comme ça, à la sauvette!

Elle ne dit plus cela…
Exact. Elle est revenue à la position initiale du PS – on l'a appris soudain dans son discours-programme de Villepinte [le 11février], décision royale tombée d'en haut ! Mais, avant, cela a duré des semaines; des semaines de tractations internes, obscures, éreintantes, où j'ai eu l'impression d'évoluer dans les arcanes d'une cour d'Ancien Régime, entre favoris et conseillers! On y reviendra, j'insiste. Un autre jour, elle a expliqué au peuple qu'il faudrait choisir entre un porte-avions nucléaire et le budget de l'éducation nationale! Comme si on pouvait, décemment, mettre en balance, opposer la défense nationale et l'éducation… Démagogie pure. Enterrement délibéré de toute notre culture de gouvernement. Et je ne vous parle pas, pas encore, de l'archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès…

Vous auriez pu vous entendre…
Mais la fausseté de la démarche était telle – est telle, continuellement – qu'elle obère tout. Ses propres valeurs, elle ne les tient pas. Vous vous souvenez des centres fermés et de l'encadrement militaire pour les jeunes délinquants ? Ce tabou brisé dont on avait tant parlé, au printemps dernier? Pouvez-vous me dire où en est cette proposition aujourd'hui? Aux dernières nouvelles, il s'agirait d'organiser des camps humanitaires pour jeunes délinquants en Afrique, encadrés par des soldats ou des gendarmes… Mais c'est une blague ? Le développement, je sais ce que c'est. L'Afrique, je connais ses besoins. Le tiers-monde, ce n'est pas un terrain de jeu pour petits Français à problèmes, qu'une politique rouée voudrait rééduquer de façon exotique. (…) Que des militaires viennent appuyer et accompagner le travail des éducateurs, cela ne me choque en rien. Mais toute une frange faussement humaniste de la gauche a été heurtée dans sa bonne conscience. Manque de chance, ces gens-là étaient précisément des partisans de Royal. Alors, elle a battu en retraite, émoussé sa doctrine, inventé quelque chose de poisseux et consensuel, donc de parfaitement indigne! Et c'est cela, la politique autrement?

Qu'est-ce qui vous a réveillé?
Le hasard, ou la chance. On n'a pas toujours l'occasion de redevenir libre. Pour moi, c'est un événement fortuit qui en a entraîné un autre, puis un autre. Un agacement d'un moment, qui a provoqué des blessures puis une rupture. Et qui m'a ouvert les yeux… Ça commence à Villepinte, où Ségolène Royal a présenté son programme. Les fameuses 100propositions, que l'immense sagesse des débats participatifs avait inspirées… Vaste blague, évidemment, puisque tout s'est décidé entre Ségolène et ses conseillers, dans l'opacité la plus insupportable, à l'insu même des dirigeants du PS ! (…)

Racontez Villepinte…
Quand j'entre dans la salle, François Hollande est en train de faire un numéro d'anthologie sur le droit opposable et ses variantes : droit opposable au logement, aux crèches, aux maisons de retraite… Il se moque des propositions de Nicolas Sarkozy, sur le fond, mais avec une verve comique épatante. C'est pour ces moments-là que j'ai aimé François Hollande… Le seul problème est que nous pourrions nous-mêmes, socialistes, être la cible de ses moqueries. Le droit opposable au logement, dont François est en train de se moquer, il est dans notre programme…

Hollande ne connaît pas son programme ?
Disons qu'il avait eu un trou de mémoire… Ou, comme tous les grands acteurs, il n'avait pas voulu se priver d'une belle réplique…

Dont acte. Et ensuite ?
A midi, on se retrouve autour d'un buffet froid. Il y a quelques secrétaires nationaux, quelques artistes, les familles des nouveaux seigneurs – les écuyers de la candidate… Au milieu de ce brouhaha, Jean-Louis Bianco, le directeur de sa campagne, se lève et égrène les propositions que va donner la candidate dans l'après-midi. Tout ça dans un joyeux désordre organisé. J'essaie de capter ce qu'elle va annoncer. Je m'aperçois que ça va charger la barque en termes de dépenses. Je comprends qu'il va falloir revoir notre chiffrage. Et je réalise, également, que François Hollande, compagnon de la candidate et premier secrétaire du PS, découvre visiblement les propositions en même temps que moi! Plus tard, pendant le discours de Ségolène, je verrai que Bianco lui-même sera pris au dépourvu, quand sa candidate modifiera son texte, à l'inspiration du moment. Deux ou trois fois, je vais me tourner vers Jean-Louis pour lui faire un petit signe d'un air de dire : "Ce n'est pas ce que tu m'as dit." Il me fait un autre petit signe d'un air de dire : "Oui, mon vieux, ce sont les charmes du métier. Je n'y suis pour rien." Je vous résume. Pouvoir personnel de fait, affaiblissement des élus et des contre-pouvoirs, diabolisation morale de ceux qui s'opposent au bien… C'est quoi politiquement? Ce n'est pas de la gauche… Je sais. Dites "populisme", pour rester modéré. On est en France, pas en Amérique latine, même si certaines ressemblances sont troublantes… Si elle l'emporte, elle devra gouverner. La raison l'emportera… Si elle gagne, je plains son premier ministre. Il devra appliquer une politique imprécise, sous l'égide d'une présidente invitant au culte de la personnalité, tournant le dos à toute l'histoire de la gauche progressiste… Je ne sais pas où cela mènera. Je pense qu'on est sur une pente très dangereuse pour la France, si elle gagne.

Et si elle perd?
Si elle perd, le PS, qui aura abandonné ses principes et son identité pour une illusion, sera une nouvelle fois en crise majeure. J'en serai triste, au moins pour tous les militants, que j'aime et respecte, et pour tous ceux qui placent leurs espoirs dans le parti. Mais je préfère voir le PS obligé d'opérer enfin sa mue et devenir un parti réformiste assumé, plutôt que de risquer l'embolie de mon pays.

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Bayrou balance grave !

En coulisses, le "gentil" candidat Bayrou a la dent dure envers ses ex-alliés qui ont rejoint les rangs du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

Sur Jean-Louis Borloo : ""Il est à la recherche du meilleur cheval pour entrer à Matignon"


Sur le brillantissime Philippe Douste-Blazy : "Il tape sur commande"

Sur Simone Veil : "Son ralliement est plus dicté par la rancoeur que par la raison". Une "rancoeur" qu'il attribue, au-delà de l'échec de la liste qu'elle conduisait aux élections européennes en 1989, alors qu'il était son directeur de campagne - "le problème, c'est que certains lui avaient fait croire qu'elle ferait beaucoup plus que ce qu'elle était en mesure de réaliser"

Sur Valéry Giscard d'Estaing : à la question de savoir quelle serait sa réaction si VGE soutenait Sarkozy, la réponse du Béarnais est sans ambages : "Franchement, ce n'est pas ce qui pourrait m'arriver de pire"


A tout seigneur, tout honneur, c'est à Sarko qu'il réserve ses meilleures piques : " Sarkozy va continuer à essayer d'aligner toujours plus d'élus, toujours plus de grands anciens, toujours plus de promesses, poursuit le candidat centriste. Il croit qu'en ayant les élus on a les électeurs, qu'en montrant les anciens on a les élections, qu'en faisant des promesses on a les suffrages. Il fait exactement ce que faisait Balladur en 1995. Il n'a toujours pas compris que les électeurs ne s'achètent pas."


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De quoi mettre tout le monde d'accord !


Photo vivement déconseillée aux âmes sensibles

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Toutes griffes dehors


Jusqu'à présent, la Zapatera disait "ne pas s'occuper" de la campagne des autres, campant solidement sur son terrain : exprimer "des valeurs" et développer ses propositions.
En difficulté dans les sondages (doux euphémisme), la voilà qui montre les dents et vient sur le terrain favori du premier flic de France, alias "la matraque" (dixit Chirac), à savoir l'invective et la provocation.
Déjà très remontée contre Sarko lors de son voyage la semaine dernière aux Antilles, où elle a dénoncé sa conception "clanique" du pouvoir, la candidate socialiste semble se rappeler qu'elle représente un parti de gauche. Devant 3.500 personnes, jeudi soir à Grenoble, elle s'en est prise à nouveau à son rival de l'UMP, que dix sondages donnent vainqueur pour la présidentielle, depuis le 15 janvier."Je ne veux pas de cette société du "tous contre tous et du chacun pour soi" qu'un autre nous prépare, je ne veux pas d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une menace, un danger", a affirmé Mme Royal lors d'un débat participatif consacré à la jeunesse.Marie-Ségolène n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : "On pourra envoyer tous les bataillons de police et de gendarmerie que cela n'y changera rien, par les mots de la provocation, rien n'est réglé", a-t-elle lancé.Dans un final flamboyant, elle a accusé à mots couverts le numéro deux du gouvernement de rechercher "l'organisation de l'insécurité" afin d'en faire "un argument de campagne pour faire peur" et a fustigé "les médias amis du pouvoir, qui relaient tous les coups, tous les pièges, toutes les chausses-trappes". Sarkozy tremble déjà.

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Tempête dans un verre d'eau autour de la note des RG sur Bruno Rebelle, proche de Ségolène Royal

C'est à se demander si les cris d'orfraie poussés par le PS au sujet de la note des RG sur le conseiller environnemental de Ségolène Royal, Bruno Rebelle, ne sont pas une grossière manoeuvre de diversion, destinée à faire oublier les bévues à répétition de leur candidate.
Ladite note est aussi passionnante que le JT de 13 heures de TF1. Consultée par l'AFP et mise en ligne par l'hebdomadaire "le Nouvel Observateur", elle ne révèle aucune malversation ni information ayant trait à la vie privée du vétérinaire écologiste. Exceptée une citation à comparaître après une manifestation écologiste dans le sud-est en octobre 2001. L'ex-président de Greenpeace France y est décrit comme "un homme de dossier", grand "communiquant" lié aux milieux industriel et politique, ayant réussi à redresser l'association écologiste et étant passé, jadis, pour un "baroudeur" voyageant en Amérique du sud et en Afrique.
Le portrait craché d'un ex-rebelle en somme ?

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Hiver 2007 : mort de l'Abbé Pierre



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Bayrou va-t-il créer la surprise ?


Cette fois-ci, il ne fait plus semblant. Il y croit vraiment. François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle, a déclaré qu'en janvier 1995, Jacques Chirac était le troisième homme dans les sondages et qu'il avait été ensuite élu à l'Elysée. "A chaque élection présidentielle, sa surprise", a-t-il ajouté.
Il est vrai qu'avec les bourdes qu'accumule Ségolène Royal, le Béarnais n'aura bientôt plus grand mal à lui brûler la politesse. Auquel cas, tout deviendrait possible. Tant le côté agité de Sarkozy continue d'effrayer nombre de Français.

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Du trou d'air à la chute libre... dans les sondages

N'en déplaise à Ségolène Royal, Vincent Peillon, l'ex-associé de Montebourg dans leur éphémère courant rénovateur NPS, avait vu juste quand il parlait, la semaine dernière, de "trou d'air" dans la campagne socialiste. Un sondage réalisé en fin de semaine, vient lui donner raison. Le début du dégonflement de la bulle Ségolène ?

Nicolas Sarkozy obtiendrait au premier tour de la présidentielle 35% des suffrages (+2 points) devant Ségolène Royal (31%, -2) et battrait la candidate socialiste au second tour par 52% contre 48%, selon le baromètre TNS Sofres/Unilog pour RTL, Le Figaro et LCI, rendu public ce dimanche. Jean-Marie Le Pen (FN) recueille 13% d'intentions de vote (+1,5 par rapport à décembre) et François Bayrou (UDF) 9% (+1). Aucun autre candidat ne dépasse 3% dans les intentions de vote: Olivier Besancenot, Marie-George Buffet obtiennent 3%, Dominique Voynet et Arlette Laguiller 2%, Philippe de Villiers 1%, Corinne Lepage et Nicolas Dupont-Aignan 0,5%. Le candidat de CPNT Frédéric Nihous est crédité de moins de 0,5%.Au second tour, Nicolas Sarkozy l'emporte quel que soit son adversaire: il obtiendrait 52% face à Ségolène Royal (48%). Mais 22% des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intention de vote. Le président de l'UMP recueillerait 56% dans un duel avec François Bayrou (44%) et 85% dans un duel avec Jean-Marie Le Pen (15%).Ségolène Royal l'emporterait face à François Bayrou par 57% contre 43%, et face à Jean-Marie Le Pen par 78% contre 22%.L'intérêt pour l'élection présidentielle augmente. 74% des personnes interrogées (+3 par rapport à décembre) disent s'intéresser "assez ou beaucoup" au scrutin. A l'inverse, 26% (-3) affirment s'y intéresser "peu ou pas beaucoup". Dans les motivations du vote, arrivent en tête la lutte contre le chômage, citée par 44% des personnes interrogées, et l'amélioration du pouvoir d'achat (34%). Viennent ensuite la lutte contre la pauvreté et le financement de la protection sociale (32%), la lutte contre l'insécurité (28%) et la protection de l'environnement (27%).Interrogés sur le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier devant l'UMP, 72% des Français indiquent l'avoir soit lu ou écouté en totalité ou en partie, soit en avoir entendu parler (médias et entourage). 87% de cet échantillon ont trouvé le candidat UMP "déterminé", 63% "rassembleur", 56% "sincère", 55% "convaincant", 49% "rassurant". Ce baromètre a été réalisé les 17 et 18 janvier par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes majeures (méthode des quotas).

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Montebourg au piquet

Bonne nouvelle : Arnaud Montebourg ne manque pas d'humour. Hélas pour lui, sa candidate préférée en manque sérieusement. Surtout ces derniers temps, où le bateau de sa campagne tangue sérieusement. Hier soir, au grand journal de Canal +, le porte-parole de Ségolène Royal, à qui l'on demandait quel était le plus gros défaut de Ségolène Royal, s'est écrié, avec une spontanéité confondante : "Son compagnon." Un vrai cri du coeur ! Arnaud Montebourg s'est empressé de préciser que "c'était pour rire". Mais le mal était fait. D'autant qu'on serait tenter de croire à sa sincérité. D'une part, parce que Arnaud et François ne sont pas franchement de grands amis. Mais surtout, après les déclarations
malencontreuses du premier secrétaire du PS sur la nécessité d'augmenter les impôts, certains, dont Montebourg, commencent à se demander, si "Flamby" (surnom donné par Fabius à François Hollande) ne prendrait pas un malin plaisir à marquer des buts contre son camp.

Ségolène Royal a donc décidé, dans une mesure destinée "à rétablir l'ordre juste" (sic), de suspendre son flamboyant porte-parole pour... 1 mois. Quand nous écrivions dans ces colonnes, en novembre dernier, que Ségolène Royal s'adressait aux militants comme une maîtresse d'école fait la leçon à sa classe, nous n'étions pas loin du compte. Présidentielles 2007 ne résiste pas au plaisir de vous livrer in-extenso le morceau de "bravitude" de la Poitevine. "Quand le moment vient, conformément au principe qui est le mien, je rétablis de l'ordre, de l'ordre juste et j'exerce mon autorité juste, sans dramatiser les choses, mais sans laisser passer un certain nombre de choses", a expliqué Ségolène Royal en marge d'un déplacement à Paris. "Donc j'ai mis un carton jaune" à "mon ami Arnaud". "Il est suspendu de ses fonctions, il ne parlera plus en mon nom pendant un mois".

La droite a mis les rieurs de son côté en qualifiant Arnaud Montebourg de "M. Montebourde" (Nadine Morano). "Quand il y a un trou d'air, ça n'est jamais bon signe quand le pilote de l'avion réagit en coupant des têtes dans son équipe", estimait un autre député UMP, Laurent Wauquiez. La palme de l'humour revient à Dominique Paillé qui a déclaré : "Le jeune élève Montebourg a un mois de colle".

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Le sacre de Sarko-Napoléon

Plébiscite à l’irakienne, avec plus de 98% des votants sur son nom et 69 % de participants. Le sacre de Sarkozy, attendu pour ce dimanche 14 janvier, a bel et bien eu lieu à la porte de Versailles. Devant plus de 70.000 militants. La porte de Versailles ?Tout un symbole ! C'était justement l'endroit choisi par Jacques Chirac, en 1976, lorsqu'il lança sur les fonds baptismaux le RPR, l'ancêtre de l'UMP. Malgré l'hommage que lui a rendu le candidat désormais officiel de l'UMP, en qualifiant de faute la guerre en Irak, le président ne s'est même pas fendu d'un message à l'intention de son successeur putatif à l'Elysée. Quelle classe ! Quel esprit de rassemblement ! Quel respect pour sa famille politique ! Etait-ce le passage éclair de Villepin - 30 minutes montre en main - qui devait donner le change ? Ou la présence énigmatique de Jean-Louis Debré, qui a déclaré qu'il était content de voir "la famille rassemblée autour de la famille (sic)". Pour ne pas dire autour de Nicolas Sarkozy, comme le lui suggérait un journaliste.
Mis à part ces quelques mauvais joueurs, toute la famille était rassemblée autour du premier flic de France. Balladur, Alliot-Marie, Juppé, Fillon, Bachelot, Panafieu... ont eu les honneurs de la tribune. Malgré l'appel de Balladur invitant son poulain "à rester lui-même" et "à faire du Sarkozy", dans son discours final, Sarkozy a déclaré qu'il avait changé. Une fois de plus ?
Une précaution oratoire pas franchement superflue pour convaincre les Français, qui persistent à voir en lui, à 51%, un agité du bonnet à la personnalité pas vraiment fédératrice.
Rassembler sa famille, certes. Mais les Français, c'est une autre paire de manches.

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Alain Minc : "Sa bêtise l'a rendue intouchable."

Alain Minc a osé dire tout haut ce beaucoup à gauche pensent tout bas. Interrogé ce matin sur Canal +, il a raillé la candidate socialiste : "Sa bêtise l'a rendue intouchable." "Vous connaissez sa dernière" a-t-il lancé au journaliste qui l'interviewait ? "En Chine, elle a déclaré que la justice chinoise fonctionne bien et vite." Et de poursuivre, en disant que la grande théorie des citoyens experts, chère à la Poitevine, était la négation même du savoir. Ce qu'avait dit Jospin avant lui. Puis de citer Rocard, qui a confié dernièrement, à l'appui de ses doutes sur les capacités de la candidate : "On ne confie pas un camion de 40 tonnes à une personne qui n'a même pas le permis voiture."

Alain Minc a rappelé que sa préférence allait à DSK. Mais que compte tenu des circonstances, il voterait Sarkozy. Bien plus capable de faire le job que Ségo, selon lui.

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Ségolène sur la muraille de Chine


Quel talent ! Quelle "inventivité sémantique" (dixit Jack Lang, ex-tontolâtre devenu Ségolâtre) ! Ségolène Royal s'est une fois de plus distinguée par ses capacités intellectuelles hors du commun, ce week-end en Chine, où elle effectue un voyage de quatre jours. Souhaitant faire couleur locale, elle a décidé de ponctuer chacune de ses apparitions médiatiques de prétendus proverbes du cru. Ainsi a-t-elle déclaré samedi : "Comme le disent les Chinois, un Chinois qui ne vient pas sur la Grande muraille n'est pas un brave et un Chinois qui vient sur la Grande muraille conquiert la bravitude (sic)."
L'entourage de Ségolène Royal, pour qui chacune des bourdes de la candidate fait ventre, s'est aussitôt efforcé de donner un sens au néologisme "bravitude". "Je pense que ce qu'elle a voulu exprimer c'est la plénitude de la bravoure (...) c'est-à-dire quelque chose de plus que la simple bravoure", s'est risqué à dire lundi 8 janvier Jean-Louis Bianco, son co-directeur de campagne.
Jamais à court d'invention, la madonne des sondages avait auparavant prêté à un obscur Chinois le célèbre proverbe d'Hegel :"Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passions."

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Montebourg déclare la guerre (fiscale) à la Suisse

Arnaud Montebourg n'est pas près d'ouvrir un compte en Suisse. Le porte-parole de Ségolène Royal a provoqué un tollé au pays de l'argent sale et du chocolat Nestlé.
Qualifiant la Suisse de "voisin indélicat" dans une tribune publiée mardi par le journal français Libération, le porte-parole de Mme Royal a prôné un "blocus" à l'encontre des paradis fiscaux qui attirent non seulement des vedettes comme Johnny Hallyday mais aussi les sièges sociaux de grandes entreprises. Pour Montebourg "les grands pays européens devront s'unir (...) afin de construire les conditions d'un changement radical de comportement de ces paradis à nos portes qui, si nous restons les bras ballants, nous préparent l'enfer fiscal". La rhétorique est rarement synonyme d'efficacité économique, chez le député de Saône et Loire.

"Ségolène part en croisade contre la fiscalité suisse", a titré le quotidien Le Temps, alors que le journal Le Matin a dénoncé "Le Français qui attaque la Suisse". La Zapatera, invitée par le PSS (parti socialiste suisse), devra marcher sur des oeufs lorsqu'elle se rendra sur les bords du Lac Léman.

Du pain bénit pour le parti populiste suisse UDC, très jaloux de l'indépendance du pays du gruyère. L'UDC a ainsi claironné exclure tout "compromis" sur la souveraineté fiscale helvétique.
Une chose est sûre : si Ségolène Royal est élue en mai prochain, la Suisse ne risque pas de frapper à la porte de l'Europe de sitôt.

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L'Arlésienne : le livre de Ségolène se fait désirer !

Ségolène Royal serait-elle en butte au vertige de la page rose ? Ou tout simplement en panne d'idées ? En tout cas, le livre programme qu'elle avait promis pour l'automne se fait sérieusement désirer !

La Poitevine avait annoncé, au début de sa précampagne, qu'elle publierait un «livre participatif» nourri par les contributions recueillies sur son site Internet, desirsdavenir.org, avec mise en ligne d'un chapitre tous les quinze jours. Le premier chapitre, intitulé « Le désordre démocratique », a été mis en ligne le 24 mars dernier, écrit en style télégraphique ; le deuxième, « Les désordres de l'emploi et du travail », le 10 septembre. Las ! Depuis, c'est morne plaine.

Voilà qui est de mauvais augure pour celle qui se targue, contrairement à ses concurrents, de ne promettre que ce qu'elle peut tenir. En attendant, ses fans pourront se contenter des livres écrits par d'autres, qui s'essaient à percer, avec plus ou moins d'esprit critique, le « mystère » de sa personnalité et surtout de sa désignation.

Interrogés par Le Figaro, plusieurs membres de l'équipe Royal sont restés silencieux sur l'avenir de cet ouvrage. « Je ne sais pas », s'est contenté de dire le codirecteur de campagne Jean-Louis Bianco, tandis que Julien Dray, coordonnateur des porte-parole, annonce une réunion prochaine pour décider du sort de cet ouvrage. Indisponibles en librairie également, les livres d'entretiens avec Ségolène Royal, pourtant annoncés depuis des mois dans les rubriques « livres » des magazines.
Ainsi, un contrat a été signé en 2005 entre Royal et les éditions Flammarion pour un livre de ce type. Les entretiens ont été réalisés en 2004-2005 par la journaliste du Journal du Dimanche Pascale Amaudric, et plusieurs fois retravaillés depuis. Annoncée pour mars 2006, la date de parution a été repoussée à septembre 2006 et le livre est désormais annoncé sur les sites de vente en ligne pour mars 2007, avec possibilité de commande à l'avance et photo de la couverture. Mais la candidate du Parti socialiste n'a jamais donné son feu vert pour la publication.

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Citoyenneté et Fiscalité : Johnny est-il encore Français ?


Un article décoiffant, paru dans le Figaro, sur l'exil fiscal de Johnny Hallyday. Ce dernier, et tous ceux qui l'ont précédé, peuvent-ils encore se prévaloir de la nationalité française ? Alors même qu'ils se soustraient au principal devoir de tout citoyen digne de ce nom : acquitter ses impôts.

"Gstaad, le 31 décembre 2006. Perdu au fond d'une vallée triste comme Le Pénitencier, un homme d'âge mur cherche un peu de lumière. Dans son chalet. « Noir, c'est noir », décrète-t-il. Puis, après un moment de réflexion : « Il faut allumer le feu », dit l'homme, avisant la cheminée du salon.
Dont acte. Fiat lux. Le feu cré­pite. Il fait chaud. Un bol fumant de chocolat suisse veille notre héros. Va-t-il sombrer dans le sommeil le plus profond ? Non. Il se relève, et hurle à la cantonade du canton : « Quoi, ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? Si tu veux te la payer, viens, je rends la monnaie. » En francs suisses ?
Non, on ne veut pas se payer la gueule de Johnny. Mais, Quand le masque tombe, que reste-t-il de ce Quelque chose de Tennessee ?
L'idole des jeunes du XXe siècle serait-elle devenue l'idole des vieux du XXIe ? Le rêve incarné pour toute une génération de baby-boomers : une belle petite retraite bien à l'abri derrière les volets d'un chalet alpin. Le magot bien au chaud derrière un coffre-fort helvète. Plus un sou à verser à l'État français. Fini de « subir l'incompétence de ceux qui nous dirigent », comme disait ­curieusement cette idole, membre de l'UMP.
Certes, Johnny a le droit de mépriser l'État français et ses « technocrates ». Ses amis en politique lui ont-ils seulement rappelé que l'État, entre autres choses, assure la sécurité de 60 millions de Français, éduque les enfants gratuitement, soigne les malades, les riches comme les pauvres, les jeunes comme les vieux ? Et, avec des moyens dérisoires, s'efforce de rendre la justice.

La justice. Voilà une notion bien étrangère à cette affaire Johnny. Est-il juste qu'un artiste, qui doit tout à la France, la laisse tomber avec autant de suffisance ? Car, sans sous-estimer les talents d'interprète de Jean-Philippe Smet, qu'aurait-il été sans les Johnny Stark, Raymond Devos, Line Renaud, Dalida, Sylvie Vartan, Michel Berger, Jean-Claude Camus, qui l'ont fait de A à Z et lui ont offert le public français ? Quelle notoriété aurait-il eue, sans le Golf Drouot, Salut les copains, ou Paris-Cocktail ?
On ne peut pas jeter à Johnny La Première Pierre. D'autres que lui, dans de nombreux domaines, sportifs, artistiques ou financiers, ont fait mieux, ou plutôt pire.
Si l'on devait additionner les centaines de millions d'euros que les évadés Mulliez, Jaffré, Zacharias, Zidane, Mauresmo, Prost, Aznavour, Delon et consorts ont délibérément soustraits à l'État français, la calculette s'affolerait.
Ce qui soulève deux questions. La première a la forme d'un bâton. Est-il juste que ces gens-là, qui ont fait fortune grâce à la France, et refusent de participer à la solidarité nationale, puissent toujours prétendre à la nationalité française ? Au nom de quoi ces fortunés et leurs enfants devraient-ils continuer de bénéficier de tous les avantages liés à la nationalité française, s'ils en refusent les devoirs qui lui sont attachés ? Pourquoi faudrait-il que seuls les pauvres et les moins riches, ou les moins mobiles géographiquement, paient pour tous, et notamment pour ces émigrés ? Ainsi, peut-on concevoir le scandale pour l'esprit que serait de voir M. Hallyday et sa famille bénéficier du système de soins français, alors que ce dernier est en quasi-faillite financière ? Comment ne pas hurler de rire ou de colère en imaginant que ce déserteur fiscal, si étranger au devenir de la collectivité nationale, conserve le droit de voter aux prochaines élections ?

Dans les débats de 2007, il faudra bien se poser la question du lien entre citoyenneté et fisca­lité. On osera écrire ici que cette question se pose pour beaucoup de monde : en 2005, seuls 16 millions de foyers français étaient imposés, sur un total de 34 millions de foyers fiscaux. La France compterait-elle 18 millions de sans-le-sou ?
La deuxième question ressemble plus à une carotte. Comment faire pour rapatrier ces émigrés et leurs comptes en banque ? Au risque de froisser certain leader de parti, il n'est pas sûr que l'augmentation de l'impôt sur les revenus fasse revenir au galop ces fortunes, dont l'économie et la société françaises ont besoin. On peut même concevoir l'inverse : mettre le bouclier fiscal « en pièces », c'est prendre une vraie option pour la défaite, sinon de son camp politique, en tout cas de l'économie française.
Or, en matière de fiscalité, il n'est pas interdit d'avoir une approche plus créative sinon plus révolutionnaire que cette apparente ambition frénétique d'appauvrir les travailleurs riches.
On pourra notamment regarder du côté du Danemark, et de l'Allemagne à compter du 1er janvier, pour réfléchir aux bienfaits d'une TVA sociale, et écologique. Car, au-delà des slogans, comment « revaloriser le travail », sinon en transférant les charges qui l'étouffent vers la consommation ?
Une consommation trop souvent nuisible à l'environnement, et très bénéfique aux pays importateurs, comme le rappelle cruellement le déficit record de notre balance commerciale. Enfin, concernant les droits de succession, un impôt millénaire sinon éternel, il y a une troisième voie à explorer entre leur suppression et leur maintien : leur paiement par anticipation, mais fortement décoté.
Mais tout ceci nous éloigne de Gstaad, et de notre sympathique Chanteur abandonné par lui-même, avant de l'être un jour peut-être par son public. Lui qui nous dit : « Non, je ne regrette rien », que pouvons-nous lui dire en guise d'adieu, de voeux ou de résolution pour 2007 ? Joue pas de rock'n'roll pour moi ? Un peu facile. Nous lui dirons simplement : « Tu peux partir si tu le veux. Mais ne reviens pas. Alors, je te promets que j'oublierai ton nom.
Bonne année, Monsieur Smet." Edouard Tétreau

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Le Bêtisier de l'année 2006 (suite)

Suite aux nombreuses et vives protestations de nos lecteurs, nous décernons finalement la palme du ridicule pour l'année 2006 à la décision élyséenne de "promulguer, tout en le suspendant, le CPE".
Rappelez-vous, c'était en avril 2006, après les manifestations monstres et parfois violentes (comme sur l'esplanade des Invalides) anti-CPE. Devant l'entêtement de Villepin (surnommé alors par Sarkozy "le forcené de Matignon"), le président était intervenu à la télé pour siffler la fin de la partie. Sa déclaration abracadabrantesquement contradictoire était destinée à ménager la susceptibilité à fleur de peau de son premier ministre. A la décharge de Chirac, c'est Villepin qui lui avait proposé cette promulgation sans application. Au grand dam duprésident du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, alors furieux de ce "putsch institutionnel". Le secrétaire général de l'Elysée en personne, Frédéric Salat-Baroux, avait proposé sa démission.

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Le bêtisier de l'année 2006


Premier prix du Jury à Dominique de Villepin, qui a déclaré durant son audition de 17 heures auprès des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui lui ont posé à cette occasion 155 questions : "Je regrette l'instrumentalisation politique de l'Affaire Clearstream."


Deuxième prix du Jury à Bernadette Chirac, appelant, dans les colonnes du Nouvel Obs, son mari à se représenter une dernière fois en 2007 : "Vous savez, mon mari est très populaire. En province, je le vois bien. C’est le destin de la France qui est aujourd’hui en question et il y est attaché." Et elle poursuit, avec un art consommé de l’ambiguïté : "Cinq ans, c’est bien court"…


Troisième prix à Michèle Alliot-Marie, alias MAM, pour avoir déclaré, lors du dernier forum de l'UMP, où elle tentait sans conviction de défendre le bilan de Chirac contre l'enterrement de première classe que lui promet la candidature de Sarkozy : "La France à l'étranger, c'est Jacques Chirac et la Tour Eiffel."

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Tous à la soupe ! Tous derrière Sarko !

La radio de l'économie, BFM, annonçait cette semaine sur ses ondes que les modèles statistiques économiques prévoyaient une nette victoire de Sarkozy, par 53%, le 6 mai prochain. Apparemment les parlementaires de droite partagent cet avis. Les déclarations en faveur du premier flic de France se sont multipliées cette semaine. Ils sont désormais tous derrières lui. Raffarin, Juppé, Douste-Blazy... Même des personnalités de gauche - Tapie et Kouchner - ont rendu public leur penchant pour Sarkozy. La peur d'êtres taxés de partisans de la dernière heure ? De se voir accusés de prendre le train en marche s'ils annonçaient leur soutien en 2007 ?
Souhaitons à Sarko que ses nouveaux amis lui occasionnent moins de tracas que le soutien du fidèle Johnny. Lequel vient d'en rajouter en déclarant qu'il s'était senti soutenu par Sarko quand il lui avait annoncé sa décision de partir mettre ses millions à l'abri du fisc français en Helvétie.

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Elle n'en fait qu'à sa tête

Un article du "Monde" confirme la fâcheuse propension de la reine de la démocratie participative à n'en faire qu'à sa tête.

"Aucun poing, aucune rose rouge. Tout était bleu, mercredi 20 décembre, dans le gymnase d'Illkirch-Graffenstaden : la scène, le fond de scène, les panneaux-slogans et même les badges. Bleu comme le logo de l'association de campagne Désirs d'avenir, de Ségolène Royal. Bleu comme aucune réunion du PS ne l'est habituellement.

Les élus socialistes étaient présents, membres de l'équipe de la candidate, comme Jean-Louis Bianco, son codirecteur de campagne, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l'Assemblée, ou bien élus du cru, comme l'ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, ou le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Même Henri Emmanuelli était là, en sa qualité de "coordinateur du projet socialiste". Mais chacun a été prié d'intervenir brièvement, ou pas du tout. Mme Royal tient le parti en lisière.
Depuis l'investiture de la candidate, la jonction entre son équipe, restreinte, et le parti paraît laborieuse. Nommé codirecteur de campagne, François Rebsamen, numéro deux du PS, n'est jamais visible. Les informations circulent au compte-gouttes. Les dirigeants socialistes avaient appris au dernier moment le déplacement de Mme Royal au Proche-Orient. C'est encore le cas pour sa visite annoncée en Chine, début janvier. Tout se décide selon l'intuition de la candidate, qui n'en fait qu'à sa tête. "Elle n'écoute pas", s'agace un membre de son équipe.
Le siège de la campagne, a-t-elle assuré, sera celui du parti. Mais elle emménage avec sa seule garde rapprochée boulevard Saint-Germain, à Paris, presque en catimini. Les mesures sociales et économiques exposées par François Hollande, dans Le Monde du 19 décembre, ont été abondamment commentées. Elle n'en a pas dit un mot. Mieux : le jour de la parution de l'entretien, Mme Royal a annulé deux conférences de presse sans explication. Voulait-elle échapper aux questions sur l'intervention du premier secrétaire du PS ?
Son attitude a entretenu le doute sur leur rivalité potentielle. Cette ambiguïté n'a pas été dissipée par M. Bianco. Interrogé sur RTL, jeudi matin, il a précisé à propos de la CSG retraite, évoquée par M. Hollande, que ce sujet avait été "débattu dans le cadre du projet", mais "pas inscrit dans le projet". "C'est une idée en débat. (...) Que François Hollande (...) participe au débat participatif, c'est tout à fait son droit", a fait valoir M. Bianco.
La candidate avait annoncé son intention d'étoffer son équipe, mais rien n'est venu. Au grand dam de dirigeants socialistes, qui attendaient un signe. Sur le terrain, les tensions sont parfois sensibles entre les comités Désirs d'avenir et les fédérations socialistes. Certes, le PS se met en ordre de marche. Mais la méthode très personnelle de la candidate déroute le parti. " Isabelle Mandraud

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La dernière une du "Canard enchaîné"



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Le slogan qui déchire grave


La rupture tranquille de Sarkozy n'a qu'à bien se tenir. C'est du pipi de chat en comparaison de ce que nous promet l'affiche de la candidate socialiste : "Pour que ça change fort !" Même si on ne peut s'empêcher de penser aussitôt à la pub "Vichy Saint-Yorre, c'est fort !" Un programme électoral qui évoque une eau de régime n'est pas forcément synonyme de dynamisme.


Fort heureusement, son entourage a pris soin de préciser que ce n'est pas l'affiche définitive. Même si elle sera diffusée à trois cent mille exemplaires.


Voilà qui tombe bien. Car la photo est à l'image du slogan : floue. On voit la madone entouré de quidams qui ont la particularité d'être... flous ! Doit-on en déduire que c'est parce qu'ils n'ont pas encore été éclairés par la vérité céleste délivrée par la Poitevine ? Laquelle a tout de même la modestie de se tenir au milieu d'eux, à la même hauteur. Faudra-t-il attendre le résultat des élections pour que les admirateurs flous soient soudain touchés par la grâce de la clarté ?

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Les Verts ne sont pas mûrs

Les Français ne sont s'y sont pas trompés. Pas question de confondre les Verts avec l'écologie et Dominique Voynet avec Nicolas Hulot. Les intentions de vote pour l'ex-ministre de l'environnement de Lionel Jospin sont aussi minces que la couche d'ozone. La candidate des Verts est si loin des 5% fatidiques que certains dans son propre camp songent à proposer sa place à Nicolas Hulot. Mais la sénatrice de Seine Saint-Denis ne l'entend pas de cette oreille. Il y va selon elle de l'intérêt de la nation. "Je porte un discours politique à la hauteur des besoins", a-t-elle modestement déclaré. Quand on sait qu'elle est opposée à la construction de l'incinérateur des déchets de l'agglomération marseillaise, lesquels sont stockés depuis des décennies dans une décharge sauvage qui est une catastrophe écologique à elle seule, on n'en doute pas. Dominique a poursuivi en jurant qu'elle ira "jusqu'au bout" et qu'elle ne se désisterait pas en faveur de Nicolas Hulot parce qu'elle entend défendre "avec la même force" les questions écologiques et les questions sociales. "J'irai jusqu'au bout parce que je crois que c'est indispensable", a affirmé Dominique Voynet sur France-Info. "Il est indispensable de porter avec la même force l'urgence écologique, (...) elle conditionne tout le reste, et l'urgence sociale." "Je suis une femme de gauche. Je ne regrette pas d'avoir fait ce choix", a-t-elle assuré, notant que les plus démunis sont les premières victimes de la dégradation de l'environnement ", pour mieux renvoyer Nicolas Hulot à un "discours d'alerte".
C'est tout bénef pour Ségolène. Contrairement à 2002, où Mamère avait réuni plus de 5% d'électeurs, au grand dam de Jospin, ce n'est pas Dominique Voynet qui risque de la priver de second tour.

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Bayrou : le 3ème homme ?

Et de 40 ! C'est le nombre de candidats déclarés depuis que François Bayrou vient d'officialiser sa candidature à l'élection présidentielle depuis son Béarn natal. Il n'a pas hésité à évoquer son héros favori, Henri IV, à qui il consacra une biographie en son temps. Pour se placer dans son sillage de rassembleur de la nation française. Et mieux renvoyer dos à dos droite et gauche, dont les clivages plus partisans qu'idéologiques, sont devenus, selon lui, obsolètes et contre-productifs.
"Il faut que la France prenne un autre chemin", a-t-il affirmé. "La France n'a pas seulement besoin d'un changement de visage et de génération. La France a besoin de changer de logique. La France a besoin de temps nouveaux". Et pour cela "la France aujourd'hui a besoin de toutes nos forces". Car François Bayrou, qui se réclame de Charles de Gaulle, Pierre Mendès France, Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre, mais aussi de Michel Rocard ou Jacques Delors, entend plus que jamais dépasser le clivage gauche-droite.

"Le temps des grandes guerres idéologiques est derrière à nous", a-t-il affirmé. "On ne peut plus continuer la guerre civile, ridicule et sourde d'une moitié du pays contre l'autre." Car ce "n'est plus à l'échelle des problèmes" ni "de la gravité de la crise de notre pays". François Bayrou veut donc "prendre le meilleur, et les meilleurs des deux camps". "L'esprit de rassemblement et de réconciliation, c'est ma conception de la fonction de chef de l'Etat." Dès lors, "si je suis élu, je nommerai au gouvernement une équipe pluraliste, équilibrée, de démocrates, femmes et hommes venus de bords différents avec mission de mettre en oeuvre le même projet républicain". Il a également pris l'exemple de l'Allemagne voisine, où CDU et SPD gouvernent ensemble: "cela se produira en France aussi", a-t-il assuré. "Bien sûr c'est un peu plus difficile en France", mais "ces institutions verrouillées, nous allons les déverrouiller!"
On l'aura compris : Bayrou se rêve volontiers en troisième homme surprise d'un duel Royal et Sarkozy écrit d'avance. Malheureusement pour lui, le 21 avril est passé par là. Et les Français, même s'ils détestent qu'on leur dise pour qui voter, risquent fort de préférer le vote utile au vote protestataire, que le Béarnais continue d'incarner.

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Ségolène fait la leçon aux militants


Ce n'est pas une candidate à la présidentielle mais une maîtresse d'école qu'ont désignée hier les militants socialistes. Ségolène Royal s'est en effet, par moments, adressé à eux comme à une classe d'élèves : "Si vous faites bien ce que je vous propose, si vous me faites bien remonter ce que vous entendez des Français, de leur intelligence collective pour que je puisse réajuster les choses en temps réel, si vous faites bien tout cela, alors, oui, je vous mènerai à la victoire."

Une chose est sûre : Ségolène Royal a parfaitement compris qu'un militant socialiste est à la politique ce qu'elle est à Hillary Clinton.


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Le lapsus qui tue


Lionel Jospin en a fait sa marque de fabrique. François Hollande, lui, n'est pas coutumier du fait. Pourtant, hier dimanche 26 novembre, à l'occasion du congrès PS d'investiture officielle de sa candidate à la présidentielle, il a commis un lapsus qui en dit long sur le hold-up qu'a réalisé Ségolène Royal au sein du parti et sur la nature réelle de ses idées. Après un hommage appuyé à sa compagne officielle, il a déclaré, lyrique : "Nous allons battre la gauche." (sic)
Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant...

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José Bové jette l'éponge

José Bové n'a pas vocation à jouer les seconds rôles. L'Astérix du Larzac a pris ombrage de la pléthore de candidats de "la gauche antilibérale" en annonçant qu'il avait "pour l'heure, et sous réserve d'événements qui changeraient profondément la situation actuelle, (...) décidé de retirer sa proposition d'incarner notre rassemblement sur le bulletin de vote de l'élection présidentielle".

Plutôt énervé, José a balancé le nom des fauteurs de trouble : "Il y a six mois, j'ai fait savoir que j'étais disponible pour incarner (...) notre rassemblement unitaire de la gauche antilibérale", mais "force est de constater que les forces de la division l'ont provisoirement emporté sur les forces de l'unité", déplore-t-il. "Le processus engagé débouche aujourd'hui sur une impasse".
"Le Parti communiste veut imposer Marie-George Buffet comme candidate et ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins". Quant à la LCR, elle "vient de confirmer son engagement dans une campagne autonome avec Olivier Besancenot comme candidat" et "pratique l'unité à la carte, un pied dedans, un pied dehors", accuse-t-il. "Le Parti communiste et la LCR ont pris la responsabilité de casser la dynamique unitaire".

On l'aura compris : Bové ne roule que pour lui-même.

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Mais c’est bien sûr !


Il est impayable notre ministre de l’Economie et des Finances. On se rappelle encore l’avoir entendu claironner tout l’été que la croissance obtenue au 2ème trimestre n’était pas près de s’arrêter et que la France pouvait tabler sur une croissance annuelle de 3% en 2006. Au bas mot ! On le retrouve Gros-Jean comme devant au mois de novembre pour annoncer que la croissance est nulle au 3ème trimestre. Et de reconnaître que c’est « une mauvaise nouvelle » (sic). Mais l’ex-patron de France Télécom n’est pas du genre à se démonter pour si peu. Il vient de trouver une explication qui lui permet de se défausser sur les entreprises. Si le taux de croissance a été nul (0% selon l'Insee) au troisième trimestre, "c'est parce que les entreprises ont déstocké, cela veut dire qu'il a fallu digérer cette formidable accélération" du trimestre précédent (+1,2%), a déclaré Thierry Breton en réponse à une demande d'explication du député PS de l'Isère Didier Migaud, lors de la séance des questions à l'Assemblée. Sans oublier le sempiternel « c’est la faute aux 35 heures et à la dette » dont il fait un usage immodéré ces derniers temps. « On a encore des réformes structurelles à faire", a-t-il poursuivi en citant "deux boulets: les 35 heures qu'il faut régler et l'héritage de la dette que vous n'avez pas réglé entre 1997 et 2002 et à laquelle nous nous sommes attachés".

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Tout Sauf Sarkozy

Ce week-end a confirmé dans leur opinion, ceux qui redoutent, à droite, que Chirac ait pu choisir la politique du pire : préfèrer voir Ségolène Royal, plutôt que Sarkozy, accéder à l'Elysée. Le "vieux lion" multiplie en effet les obstacles sur la route de son "fils rebelle". C'est la souriante MAM qui a ouvert les hostilités en déclarant à la tribune du conseil de l'UMP qu'elle était contre "la discrimination positive" et contre la "stigmatisation de la jeunesse". C'est "le meilleur d'entre nous", ensuite, qui a feint de considérer que "le jeu était ouvert à droite". A se demander si son séjour au Canada en lui a pas fait perdre de vue l'actualité politique française. C'est enfin "le pire de tous", alias Néron (dixit Bernadette Chirac), qui s'est exprimé en prenant, une fois de plus, ses désirs pour des réalités : "Rien n'est joué à l'UMP."
Aujourd'hui, lundi 20 novembre, un sondage IPSOS est venu donner un sérieux coup de vieux à la pertinence de ces analyses. Si les électeurs proches de l'UMP pouvaient participer à des élections primaires pour désigner le candidat de l'UMP, 77% (-1) voteraient pour Nicolas Sarkozy, 17% (+6) pour le ministre de la Défense et 6% (-4) pour Dominique de Villepin, indique cette enquête à paraître jeudi dans Le Point. 4% des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intention de vote. Cerise sur le gâteau pour Sarkozy : 87% des militants UMP rejettent l'idée d'une candidature de Jacques Chirac.

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Louis Mexandeau : bon pied bon oeil

Les jeunes générations ne le connaissent pas. Les anciennes croyaient qu'il n'était plus de ce monde. Votre site préféré l'a retrouvé hier soir sur La Chaîne Parlementaire. Affublé d'un strauss-kahnien, Jean-Christophe Cambadélis, d'un ségoliste aux anges, Patrick Bloche, Louis Mexandeau, abonné au ministère des PTT sous les gouvernements Mauroy et Fabius, n'a pas servi la soupe à la reine des sondages. Résumant la campagne interne en se félicitant qu'elle ait eu le mérite de démontrer "les compétences et qualités intellectuelles de DSK et de Fabius", il s'est abstenu d'associer Ségolène Royal à cet éloge. Ce qu'un journaliste présent sur la plateau s'est empressé de relever. Et Mexandeau de confirmer, en lâchant : "Je crains la cruauté des lendemains." Bref, quand on s'apercevra... trop tard ! que Ségolène Royal ne fait pas le poids pour aller jusqu'au bout. Quel bol d'air pur que d'entendre un socialiste, un vrai (compagnon de route de Mitterrand depuis Epinay) dire tout le mal qu'il pense de la candidate des médias maintenant qu'il est devenu à la mode d'en dire du bien.

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PS : Coup de barre à droite toute

Première victoire pour Sarko : sa candidate préférée l’emporte dès le 1er tour.
"Si c'est Ségolène Royal, c'est tout bénéfice", avait jugé Nicolas Sarkozy, lundi, en marge de son déplacement en Algérie. "Elle me protège depuis plusieurs mois, car le phénomène 'tout sauf Ségolène' empêche le phénomène 'tout sauf Sarkozy'", a déclaré le président de l'UMP, en forme de confidence, devant quelques journalistes français à la résidence de l'ambassadeur de France à Alger.

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Comment la députée des Deux-Sèvres s'est imposée au Parti Socialiste

Par David Revault d'Allonnes
LIBERATION.FR : jeudi 16 novembre 2006
En tailleur blanc, elle se détache, seule femme au milieu d'hommes en costume sombre. En ce 3 avril 2004, le Parti socialiste fête son quasi grand chelem des élections régionales, qui est aussi la première victoire d'envergure depuis le 21 avril 2002. A la tribune du conseil national du PS, parmi les nouveaux héros de la vague rose, Ségolène Royal truste la photo souvenir. Avec la manière - 46,29 %, le meilleur score national des candidats socialistes -, elle vient d'emporter une prise de choix, le Poitou-Charentes de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. Raymond Forni, tout nouveau président de Franche-Comté, l'y félicite même d'un baisemain.Pour beaucoup, cette image marquera la véritable irruption de Ségolène Royal dans le jeu socialiste, la genèse de son irrésistible progression vers l'investiture présidentielle. Au parti, ils lui ont même donné un nom, un peu comme à une fresque classique : «la femme en blanc au milieu des hommes en noir». «La Victoire de Samothrace, résume Michel Sapin, président de la région Centre. La possibilité de vaincre, la crédibilité électorale. Elle avait gagné contre le Premier ministre, ou presque. Et porter le talisman de la victoire, c'est efficace dans un parti d'élus.»Ce jour-là, au PS, ils sont plusieurs à avoir compris: «Pour elle, ce n'était pas une fin, mais un moyen, se rappelle un proche de DSK. Honnêtement, on était loin de penser à l'époque qu'elle courait pour la première place. Mais nous avons pris conscience qu'elle n'allait pas s'arrêter là.»Une élue d'abord en retraitA l'époque, la compagne du premier secrétaire, députée des Deux-Sèvres depuis 1988, jouit déjà d'une jolie cote dans l'opinion, mais pas des ressources traditionnellement requises pour séduire le parti. «Jamais eu de club», lâche Julien Dray, porte-parole du PS. «Jamais participé aux bricolages des congrès», assure son aide de camp Patrick Mennucci. «Jamais beaucoup parlé dans les conseils nationaux, rappelle l'avocat Jean-Pierre Mignard, ami de longue date du couple Hollande-Royal. Il y a toujours eu chez elle une certaine appréhension devant le rituel, la logomachie du parti. Elle n'était pas à l'aise avec le langage du PS.»Davantage que du lexique canonique des socialistes, Royal, tout au long de la campagne interne, aura effectivement usé de ses propres mots, «ordre juste» et «démocratie participative». Prenant ses libertés avec le projet du PS, elle a, de «carte scolaire» en «jury citoyen», fait scandale par ses propositions jugées droitières, populistes. Au point de fournir force munitions à des rivaux empressés de la flinguer, et d'hérisser nombre de socialistes. Mais l'icône Ségolène l'a emporté sur Royal l'iconoclaste. Au coup de sifflet final, elle vient d'être désignée comme la mieux armée pour défendre les couleurs du PS en 2007, et devient, à 53 ans, la première femme de l'histoire de la République en mesure de l'emporter dans la course à l'Elysée.Son laboratoire poitevinLe candidat Chirac avait fait de la mairie de Paris son camp de base. Pour Ségolène Royal, la prise de l'investiture passe par le Poitou. Au cours du match des prétendants socialistes, face à deux anciens ministres des Finances, elle a, autant que sa conquête du pouvoir régional, mis en scène l'expérience de son exercice. Evoqué à l'envi ses réalisations locales. Raisonné à l'échelon régional, même sur les questions d'immigration. Conseillère sur les questions sociales et environnementales du président Mitterrand dès 1982, trois fois ministre (de l'Environnement sous Bérégovoy, déléguée à l'Enseignement scolaire puis à la Famille et à l'Enfance sous Jospin), elle avait déjà manifesté un goût prononcé pour les mesures palpables et ciblées : congé paternité ou pilule du lendemain dans les collèges et lycées, délégation de l'autorité parentale ou lutte contre le bizutage. «Des mesures qualifiées de microscopiques, mais importantes et emblématiques, résume Christophe Chantepy, responsable du site Désir d'avenir. Elle estime qu'un certain nombre de sujets, bien que considérés comme non politiques, concernent la vie quotidienne des gens et doivent être réintégrés dans l'action publique.» Gratuité des livres scolaires, budget participatif des lycées, réorientation des aides économiques aux entreprises, résolution symbolique contre les essais d'OGM : la même inclination pour les dispositions concrètes préside désormais aux choix de la région Poitou-Charentes.«Ségolène a toujours eu une passion pour les questions de société, la drogue, le tabac, l'éducation, la ruralité par rapport à la ville, raconte son ami Jean-Pierre Mignard. François, lui, avait une fascination pour la vie interne du PS.»Septembre 2005: «Ça peut arriver»De l'avis de tous, François Hollande était le candidat naturel du parti jusqu'à la victoire du non au référendum, qui divise le parti et met à mal son autorité. Pour Royal, la voie est libre. «Pendant longtemps, elle a été prête à mettre sa popularité au service de François, jure un proche. Mais quand elle a vu ses difficultés, elle a crânement joué sa carte.» C'est au mois de septembre 2005, lors des journées parlementaires de Nevers, que la question de sa candidature est posée très sérieusement pour la première fois. C'est l'académicien Jean-Marie Rouart qui s'en charge, dans Paris-Match. Ségolène Royal, qui pose avec Flora, sa plus jeune fille, répond sans fard : «Ça peut arriver.» Le jeu, illico, se durcit. «Qui va garder les enfants ?» s'inquiète, cruel, Laurent Fabius, qui, comme les autres, n'y croit pas. «A l'époque, tout le monde a pensé que c'était totalement saugrenu, se souvient un proche de la candidate. C'est leur première grave erreur.»La tendance se précise pourtant deux mois plus tard, au congrès du Mans. Comme d'habitude, Ségolène Royal n'est pas intervenue à la tribune. Mais c'est elle qui a fait le plus de bruit. Les sondages, déjà, la placent en tête à gaucheŠ Le doute n'est plus permis. Un membre d'une équipe rivale : «Elle ne se bat pas pour être au bureau national, elle refuse de prendre la parole au congrès [Š]. Il était clair qu'elle ne voulait pas se mettre dans le jeu. On s'est dit : "C'est parti."» Pourtant, personne ne bouge. Fabius, Jospin, Strauss-Kahn nourrissent un calcul commun : que la candidature de Ségolène Royal, en faisant obstruction à celles des autres, serve la leur. «Les éléphants passent leur temps à s'épier, résume un proche. Et elle profite de ce surplace pour avancer.»Au Chili, en janvierLe congrès du Mans, après les déchirements du référendum, devait être celui de la synthèse. Il se révèle celui de la nouvelle hypothèse Royal. Reste à tester sa pérennité. Car les socialistes ne se bousculent pas autour d'elle. «On était très isolés», rappelle Patrick Mennucci, qui a basculé en faveur de la prétendante en l'accompagnant au Chili, en janvier. Un coup de maître : alors que le gratin de la Socialie est à Jarnac, sous une pluie battante, pour le dixième anniversaire de la mort de François Mitterrand, Ségolène Royal, à Santiago du Chili, rencontre Michelle Bachelet, élue présidente quelques jours plus tard. «Tous commémorent Mitterrand, et pendant ce temps, elle est dans l'action», se souvient un membre de son équipe. Le voyage est diversement apprécié. Mais Royal, déjà, a un coup d'avanceŠL'élu socialiste, par nature, n'est guère porté sur l'aventurisme électoral. Mais la cote de popularité de Royal, mesurée dans les sondages et les réunions publiques, va assurer à son entreprise politique des parts de marché croissantes. «Là où elle allait, elle faisait un tabac énorme, et des échos ont commencé à nous revenir, explique son porte-parole Jean-Louis Bianco. Beaucoup de gens étaient bluffés par son sens du contact. Et un certain nombre de socialistes se sont dit: "Il se passe quelque chose."» Un engouement qui dépasse le parti. En Ardèche, en mars, elle attire un millier de militants à Privas- 400 de plus que n'en compte la fédération - pour contester à la droite «le monopole de la justice et de l'ordre». A Lille, en juin, elle retourne une salle chauffée à blanc par ses déclarations sur «l'encadrement militaire» des mineurs délinquants. «Petit à petit, on a vu le truc monter, poursuit Bianco. Des députés commencent à s'intéresser, des responsables fédéraux, à téléphoner, les fédés, à tomber. On est passé du : "Elle pourrait être candidate" à "On lui trouve des qualités présidentielles".» Des présidents de région, autour de Jacques Auxiette, patron de la région Pays-de-la-Loire ; des barons, comme Pierre Mauroy ou Gérard Collomb, maire de Lyon ; des jeunes loups, comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon ; des responsables fédéraux : jusque-là réticents ou attentistes, nombre d'élus du PS, petits ou grands, font leur outing. Pour ces professionnels du suffrage universel, seule la victoire est belle. Et Royal semble en mesure de la leur procurer. Un proche d'un concurrent résume : «Les membres de l'appareil se sont dit : "Elle est tellement populaire que personne ne peut la battre. Si je ne prends pas position pour elle, je perdrai mon canton, ma ville."»Les larmes de JospinQuand le dernier round démarre, fin août à l'université d'été de La Rochelle, il est déjà trop tard. Les larmes aux yeux, Lionel Jospin tente le come-back, brandissant sa légitimité et la «culture» du parti. Mais Ségolène Royal ne lâche rien. «Elle a alors montré sa force, souligne un proche. Elle l'a défié: "J'irai jusqu'au bout, et il faudra venir me chercher."» Elle organise son équipe de campagne, nomme ses porte-parole, aligne les soutiens. Et l'ancien Premier ministre jette l'éponge. Royal, au fond, n'a guère le sens des préséances. Elle l'avait déjà montré en 1995, quand elle s'était présentée aux municipales à Niort contre le maire PS sortant. Ou en 1997, quand elle ambitionnait de disputer le perchoir de l'Assemblée à Laurent Fabius. «Pour elle, il n'y a pas de loi salique, analyse Jean-Pierre Mignard, tout le monde peut.»Plus jeune déjà, Marie-Ségolène Royal, en famille, «y était allée à bras raccourcis», poursuit Mignard. Au point d'assigner son père, Jacques, en justice, officier autoritaire et traditionaliste, pour qu'il s'acquitte de sa pension alimentaire. Devenue professionnelle de la politique, aurait-elle érigé l'émancipation en ambition électorale ? «On a toujours senti chez elle la volonté, parfois la crispation, de quelqu'un qui s'est fait à la force du poignet, résume Michel Sapin. Sur le thème : "Je sais ce que c'est de souffrir, je ne suis pas comme les fils de bourgeois." Elle a de l'audace. Ce qui peut paraître comme une impertinence à ses concurrents.»Ceux-ci, au fond, ont-ils vraiment cru en Royal ? Après l'abandon de Hollande, qui aura espéré jusqu'en septembre, Fabius et Strauss-Kahn, jusqu'au bout, n'auront de cesse de dégonfler la «bulle» sondagière et de démontrer l'absence de «fond» présumée de leur rivale. Un harcèlement de tous les instants, de l'affaire de la vidéo sur «les 35 heures au collège» en passant par le concerto en sifflets et lazzis du Zénith. Qui n'aura d'autre effet que d'effriter de quelques points l'imperturbable cote de la candidate. Leur mauvaise opinion de l'élue des sondages n'aurait-elle pas endormi la vigilance politique de ses rivaux ? «Ils vivent cette histoire comme un mauvais rêve, ironise un proche de la candidate. Et pensent toujours qu'il y aura un réveil.» Celui-ci a sonné en pleine nuit, retentissant.

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La Reine Mère ne veut pas lâcher le morceau

"Abracadabrantesque" interview donnée par Bernadette Chirac au Nouvel Observateur de cette semaine. La conception du pouvoir de la première dame de France, née Chodron de Courcel, est bien plus monarchique que républicaine. Peu importe que les deux mandats de son mari aient été catastrophiques, qu'il atteigne des records d'impopularité, elle souhaite le voir rempiler. Elle n'appelle pas encore de ses voeux un retour à l'ordre divin, mais on sent qu'elle y pense très fort. Extraits...

"Cinq ans, c’est bien court" Pour ceux qui auraient encore des doutes malgré l’hyperactivité et l’omniprésence du président de la République depuis quatre mois, les voilà levés. Jacques Chirac est donc bien en campagne, lui aussi ? "On le dit…", sourit-elle. "Vous savez, mon mari est très populaire. En province, je le vois bien. C’est le destin de la France qui est aujourd’hui en question et il y est attaché." Et elle poursuit, avec un art consommé de l’ambiguïté : "Cinq ans, c’est bien court"… Manière de plaider pour cinq petites années supplémentaires ? Non, on se méprend.En fait, partisante convaincue du septennat, elle voulait parler des méfaits du quinquennat en général. "Cinq ans, c’est très court. Il faut apprendre ce métier. Il y faut un savoir-faire, une expérience. Cela ne s’improvise pas."Au printemps dernier, l’épouse du chef de l’Etat se préoccupait d’abord de ménager la santé de son mari après son accident vasculaire cérébral et excluait devant ses interlocuteurs toute hypothèse d’une nouvelle candidature. Ce temps là est révolu."Vous avez vu comme il est en forme ?" Elle s’énerve tout d’un coup : "Mon mari n’est pas gâteux ! Quand je lis ce que je lis parfois, c’est honteux". On insiste. Un troisième mandat tout de même… Même François Mitterrand n’en a fait que deux ! "Oui, mais de sept ans. Et quel âge avait-il lorsqu’il s’est représenté ?" Mitterrand avait alors 72 ans. Chirac en aura 74 dans deux semaines.L’"après", cet "après" honni, l’avenir hors de l’Elysée, Bernadette Chirac accepte pourtant de l’évoquer. "Ce sera difficile dans un premier temps. Vous savez, quand on aime la chose publique, quand on aime gouverner… Si ça doit s’arrêter là, il fera autre chose. Il fera tout ce qu’il n’a pas eu le temps de faire jusqu’ici. Chacun connaît son amour de l’art. Il voyagera." Mais ce n’était là qu’une brève, très brève concession au principe de réalité. La femme du chef de l’Etat coupe court et se reprend très vite. A l’idée que Jacques Chirac pourrait siéger au Conseil constitutionnel – avec Giscard !- la voilà remontée à nouveau. "Oui, il ira. Dans cinq ans !" Et elle répète : "Vous m’entendez. Dans cinq ans"… On ne saurait être plus clair.Bernadette Chirac se lève. "Dès que mon mari aura annoncé sa décision, quelle qu’elle soit, je serai en campagne". On avait cru le comprendre. (Le Nouvel Obs)

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Les machos ne mâchent pas leurs (bons) mots

Lundi soir, lors d'un meeting à Paris, la blanche colombe Ségolène a accusé Dominique Strauss-Kahn d'avoir déclaré au terme du dernier débat télévisé du PS: "Elle aurait mieux fait de rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine." La Zapatera a également rappelé les propos prêtés à Fabius lorsqu'elle s'est lancée dans la campagne pour la primaire: "Qui va garder les enfants ?"


Les deux compères machos démentent avec la dernière énergie.

DSK est monté sur ses grands chevaux : "Le féminisme est une belle cause. On ne la grandit pas en utilisant des arguments de ce genre", a-t-il déclaré sur Europe 1, invitant la députée à faire "du féminisme par la preuve". Il en a rajouté en observant que "dans l'équipe de Ségolène Royal, il ne voyait pas beaucoup de femmes", alors que "autour de moi, j'en vois beaucoup"."Je n'accepte pas que sans la moindre preuve on me prête des propos machistes" qui sont "faux", a-t-il plaidé.Le député-maire de Sarcelles a enfin estimé avoir passé la campagne interne à "essayer de proposer", tandis que "Ségolène Royal a passé cette campagne à corriger ses déclarations, à les modifier. Cinq semaines de campagne, cinq corrections majeures", a-t-il dit, citant la carte scolaire, l'encadrement militaire, les jurys citoyens, le nucléaire iranien et les enseignants. L’une des ses partisanes, Catherine Trautmann a résumé la tactique de Ségolène Royal en ces termes bien envoyés : « Depuis le début de la campagne, l'argument du machisme de ses compétiteurs est un refrain lancinant qui vise à contrecarrer tout argument adverse et à justifier toute lacune de sa part .»


Fabius s’est aussi défendu comme un beau diable : "Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas machiste bien au contraire", a poursuivi le député PS de Seine-Maritime. "On peut avoir des désaccords politiques (...) Il faut les traiter bien sûr, mais ne pas se victimiser soit même". Et l'ex plus jeune premier ministre de France de rappeler qu'au congrès de Dijon du Parti socialiste en mai 2003, il était le premier à dire "je veux une loi contre les signes religieux à l'école, parce que le foulard, le voile c'est une atteinte au droit des femmes".


DSK et Fabius ont-ils déjà peur que les jeux soient faits pour perdre leur temps à démentir deux bons mots, qui résument admirablement ce qu’ils pensent de la candidature de Ségolène Royal.

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Minnie d'Orsay

Le dernier débat télévisé entre les trois prétendants socialistes à l'investiture, consacré aux questions internationales, aura confirmé le résultat des débats précédents. Au-delà des plus folles espérances de Fabius et DSK. Ségolène Royal s'est ramassée grave. Le Parisien, qui contrairement à ses confrères, n'est pas abonné au politiquement correct, lui a décerné la note de 10/20. C'est preque indulgent quand on songe que la Zapatera a réussi la performance de paraître aussi inspirée et convaincante que Douste-Bla bla, alias Mickey d’Orsay, quand il déclare cet été, au plus fort de la crise libanaise, qu'un "plan de paix doit recueillir l'aval des deux parties". Sa brillante prestation va-t-elle lui valoir le surnom de Minnie d’Orsay ? En tout cas, les mollahs n’ont qu’à bien se tenir. Avec elle à l’Elysée, interdiction aux barbus de se doter du nucléaire civil. Voulait-elle dire militaire ? Eh bien non, la dame a persisté et signé. Sans expliquer de quel droit et comment elle entendait faire appliquer cette décision. DSK s’en est délecté : « On ne transforme pas une bourde en ligne politique. » Sur la forme, Ségolène Royal, sans doute briefé in extremis par un de ses nombreux conseillers en communication, a été à tu et à toi avec ses deux rivaux, leur donnant du Laurent et du Dominique à tout bout de champ. Alors qu’elle les avait superbement ignorés lors des deux débats précédents. Tant de naturel et de spontanéité, ça vous réchauffe jusqu'aux militants les plus récalcitrants.
Tirant la leçon des trois débats télévisés, Arnaud Montebourg, le porte-parole de la reine des sondages, a déclaré sans rire sur BFM le 10 novembre' qu'elle en sortait renforcée". Le journaliste de la radio économique s'est étranglé : "Monsieur Montebourg, vous êtes le seul à croire ce que vous dites." Remarque superflue : il y a bien longtemps que Montebourg ne croit même plus ce qu'il raconte.

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"Du jeune loup au vieux lion"

Retour sur le documentaire de Patrick Rotman , "Du jeune loup au vieux lion", consacré à Jacques Chirac et diffusé le mois dernier sur France 2.
Parmi les moments les plus savoureux figurent à l'évidence les témoignages de ses ex-amis ou rivaux politiques. Certains sont sévères, comme Raymond Barre, qui qualifie Jacques Chirac de "chevalier de l'opportunisme", d'autres plus indulgents. "Jacques n'a pas à l'évidence de vision du monde un peu ferme", juge ainsi Michel Rocard, son ancien condisciple de l'Ena.
Mais la palme de la vacherie revient à Philippe Séguin, qui brosse un portrait de Jacques Chirac à la Saint-Simon, digne de figurer dans un dictionnaire de citation :

"Chirac est un Don Juan politique plus préoccupé par la conquête et la conservation du pouvoir que par son exercice."

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Encore une histoire d'amour à l'eau de rose

Le plus célèbre des tontolâtres vient de choisir son camp. Ségolène n’aura pas eu Pascal Sevran ni Pierre Bergé, passés à l’ennemi Sarkozy. Mais l'honneur est sauf : elle aura eu Jack Lang. Un ralliement contre un ministère ? C’est bien probable quand on se rappelle l’accueil ironique réservé par le ministre à vie du culte mitterrandien à la candidature de Ségolène Royal, lorsque la Poitevine commençait à faire parler d'elle dans les sondages l’an dernier : « L’élection présidentielle, ce n’est pas un concours de beauté », avait commenté Jack Lang. Mais chez l'ami des artistes, les mots ont-ils encore un sens ? En 2001, il confiait un matin à France Inter qu’il irait jusqu’au bout de sa candidature à la Mairie de Paris. Pour finalement annoncer, sur le coup de midi, qu’il renonçait. Cet été, il déclarait au Nouvel Observateur avoir été accueilli par des « Lang président » au festival des Vieilles Charrues avant qu’il ne soit obligé de reconnaître qu’il avait un peu enjolivé la situation. Plusieurs lecteurs attentifs ayant participé audit festival ne se souvenant même pas de l'avoir aperçu sur la scène où il prétendait être monté pour saluer son "ami" Djamel Debbouze. Puis il assurait en septembre, sur TF1, qu’il retirait finalement sa candidature à l’investiture des militants socialistes pour ne pas « ajouter la division à la division ». Bref, par sens du devoir. La réalité est moins glorieuse : il n’a pas obtenu un nombre de parrainages suffisant.
Privilégiant toujours le fond à la forme, l’éphémère candidat socialiste a justifié son ralliement en ces termes : "La possibilité offerte de faire accéder à la présidence de la République une femme (...) sera un événement historique d'importance". "Son élection à la présidence sera une source de rayonnement pour notre pays à l'extérieur." Quel programme et quelle ambition pour le pays !
Laurent Fabius a préféré s'en amuser : "Ce ralliement n'est pas une surprise car Jack Lang a toujours été sensible aux sondages."

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Sondage de mauvais augure


Le baromètre mensuel TNS Sofres du mois de novembre, réalisée pour le Figaro confirme la remontée préoccupante de Le Pen dans l’opinion. A la question « immuable » (c’est la même question qui est posée depuis des années) : « Souhaitez-vous voir Jean-Marie Le Pen jouer un rôle plus important dans les mois qui viennent ? », 17% des Français interrogés ont répondu par l’affirmative. En novembre 2001, six mois avant le 21 avril 2002, ils n’étaient que 9%. A ce rythme-là, la question ne sera bientôt plus de savoir si Le Pen sera présent ou non au second tour mais s’il arrivera en tête ou second le soir du premier.

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DSK qualifie le programme de Royal "d'attrape-tout"

Dans une interview au Monde, DSK qualifie le programme de Royal "d'attrape-tout" et de "volonté de répondre au coup par coup à des demandes contradictoires de l'opinion". Quant à la notion "d'ordre juste" si chère à la soi-disant compagne de François Hollande, il ne la reprend pas vraiment à son compte : "Les problèmes principaux des Français sont des problèmes économiques et sociaux et non des problèmes qui s'organisent principalement autour du rappel à l'ordre." Autre différence revendiquée : "Je suis pour une société de confiance alors que je vois assez fortement une société de suspicion sur certaines propositions qui ont été faites, comme celle sur les jurys populaires."

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Le Pen encore au deuxième tour ?


La tragédie de Marseille, après les violences "commémoratives" des émeutes de l'automne 2005, font craindre le pire : un remake du 21 avril. Les sondages le confirment, qui indiquent - tous sans exception - que Le Pen n'a jamais été aussi haut dans les intentions de vote. A croire que moins il en dit, moins il en fait, mieux il se porte.

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Charasse donne une leçon de mitterrandisme à Ségolène

Michel Charasse, resté célèbre pour son attachement au port des bretelles, n'apprécie visiblement pas les femmes qui portent la culotte. Il a renvoyé Ségolène Royal à ses études en la rangeant dans le camp des "froussards, nostalgiques du vote censitaire". "Les propositions de Mme Royal sont peut-être au premier abord populaires, mais si on réfléchit un peu on voit que le paquet est plus beau que le cadeau", explique le sénateur PS, dans une interview publiée mercredi par "Le Figaro". Selon lui, "'avoir peur du peuple', c'est refuser l'élection et la sanction du suffrage universel". "La démocratie est fragile et doit rester à l'abri des gadgets."
L'ex-conseiller de François Mitterrand a ensuite convoqué les mânes de son grand homme en réponse à la question : "Que pensez-vous de sa proposition de jurys citoyens ?"

"François Mitterrand l'a dit et répété à tous ses collaborateurs de l'Élysée, Déclaration des droits de l'homme de 1789 en main : le seul juge des élus dans la République, c'est le peuple. Nous avons déjà connu dans l'Histoire les populaires et exécutifs comités de salut public : ce n'était que vengeance, crimes et règlements de comptes ! On sait bien que tout cela déborde très vite sous la pression des petits justiciers de chef-lieu de canton qui gueulent plus fort que les autres. Toutes choses égales par ailleurs, je ne souhaite pas que mon pays revoie cela un jour. Pourquoi ne pas aussi embarquer les élus sur un cheval et les emmener dans la pampa pour les pendre haut et court, comme au bon vieux temps du Far West ? Trêve de plaisanteries : la démocratie est fragile et doit rester à l'abri des gadgets. Les électeurs savent écarter ceux qu'ils jugent mauvais, décevants ou démagogues. Les tribunaux administratifs et les chambres régionales des comptes jugent les actes administratifs et financiers ; et les tribunaux les crimes et délits, au nom du peuple français. Et que dira-t-on si un jury populaire se permet un jour de critiquer des élus alors que les citoyens qui le composent ne votent jamais, voire ne sont pas inscrits sur les listes électorales ?"

Le meilleur pour la fin. A la question du Figaro : "Ségolène Royal est-elle de gauche ?" il a répondu : "Elle le dit."

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Chirac aurait renoncé à se présenter en 2007


Selon le Canard enchaîné, Chirac ferait semblant de maintenir le suspense sur une ultime candidature à l'Elysée l'an prochain. En réalité, il aurait pris le parti de sa souriante ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie. Le "jeune loup" se serait-il définitivement mué en "vieux lion" ?

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Tout va pour le mieux : le chômage baisse !

Tout va pour mieux dans la meilleure des France : le chômage a enregistré une nouvelle baisse en septembre, en s'établissant à 8,8%. C'est en substance le message du gouvernement et du "vieux lion" de l'Elysée, qui l'a annoncé en personne aujourd'hui dans les colonnes du Figaro. Cet avis n'est bien sûr pas partagé par l'opposition et les syndicats, dont voici les principales réactions :



"Beaucoup de gens se disent : "Est-ce que c'est le chômage qui baisse vraiment ou ce sont les élections qui approchent?" " (Laurent Fabius)


"Si le chômage diminue, la précarité augmente." (Ségolène Royal)


"L'écart est grand entre ce que dit le gouvernement et ce que vivent les travailleurs. Entre juin 2005 et juin 2006 le nombre des allocataires au titre du RMI a, lui, augmenté de 2,4%." (la CGT)


"Dans l'état où se trouve la France, quand le chômage baisse dans les chiffres de l'Anpe, c'est que le mensonge augmente." (Jean-Marie Le Pen)


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Le sondage Yahoo qui décoiffe Ségolène Royal

Quel candidat souhaitez-vous voir investi par le PS le 23 novembre prochain ? Telle est la question que pose le site Yahoo Actualités aux internautes depuis le 28 octobre. Ce sondage, auquel vous pouvez participer (il suffit de cliquer) tort le cou aux sondages officiels qui prédisent la victoire de la Zapaterreur dès le premier tour du 16 novembre. 5053 personnes se sont exprimées depuis le 28 octobre 2006.

Dominique Strauss-Kahn : 47%
Soit 2363 votes
Segolene Royal : 38%
1892 votes
Laurent Fabius : 16%
798 votes

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Les petites phrases du week-end chez les socialistes


Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile-de-France et proche de DSK, a brocardé les jurys citoyens :

"S’'il s'agit de jurys tirés au sort dont la légitimité est comparable aux élus, c'est du populisme, une intrusion de personnes auto-proclamées dans le processus démocratique". Et de conclure "qu'à sa connaissance, en Poitou-Charentes, ces jurys citoyens n'avaient pas été mis en place."

Dominique Strauss-Kahn, très en verve samedi soir devant ses supporters :

"Tout compte fait, les militants se disent que le chemin tout tracé (celui de la désignation de Mme Royal) pourrait bien être une impasse".

"Pour se battre contre Nicolas Sarkozy, il faut avoir le cuir un peu dur", a-t-il déclaré. "Et puis ensuite, quand on aura gagné, qui va être capable de gouverner ? Il ne suffit pas de dire, on ira chercher les autres, ceux qui savent."

Laurent Fabius, qui ne croit plus en ses chances, mais espère sauver les meubles en s'alliant avec DSK contre la gazelle pour le deuxième tour :

"Lorsque j'ai les militants en face de moi (..) l'accueil des militants en général est extraordinairement chaleureux et n'a rien à voir avec les fameux sondages dont on nous bassine", a-t-il déclaré.

Ségolène Royal, fidèle à sa ligne politique, qui fait toujours la part belle aux idées :

"Le temps des femmes est venu."

Interrogée sur l'hypothèse d'un second tour au PS le 23 novembre lors du "Grand Rendez-vous" d'Europe-1/TV5Monde/Le Parisien, la candidate à l'investiture socialiste a répondu: "j'espère que non". Va savoir, elle pensait peut-être aussi à l’élection présidentielle.

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Ségolène Royal : le début de la fin ?

"Il est temps que ça s'arrête." Comprenez il est temps que s'arrêtent les débats. Le chantre de la "démocratie participative" serait-il allergique à la confrontation ? Lors du deuxième échange à huis clos devant 6000 militants socialistes regroupés au Zénith de Paris, Ségolène Royal s'est fait copieusement hué. Des militants insolents lui ont fait savoir qu'ils ne goûtaient guère ses mesures chocs sur "l'encadrement militaire des adolescents difficiles", "la suppression de la carte scolaire" ou encore sa dernière lubie de "jurys citoyens" chargés de juger l'action des élus.
A l'issue du débat, Fabius a ironisé à l'adresse des journalistes sur la popularité de Ségolène Royal : "C'est bien la preuve que les sondages dont vous nous faites lecture chaque matin, ça ne vaut pas un clou."

Le lendemain, au micro de France info, la Zapatera s'est présentée une fois encore en blanche colombe victime de la méchanceté de ses adversaires. La madone des sondages ne prend surtout pas la peine de se demander si le problème ne viendrait pas plutôt du fait que ses propositions n'ont rien de socialiste.

Ce week-end, DSK pousse son avantage dans une interview à Libération : "La vie politique n'est pas faite que d'applaudissements. Il peut arriver à chacun d'entre nous de faire une mauvaise intervention. Ne transformons pas un mauvais discours en une crise des socialistes." Et de stigmatiser la méthode de Ségolène Royal : "Partir des sondages pour avancer des propositions n'est pas ma conception de la politique", explique-t-il. "Je m'interroge sur la méthode qui consiste à lancer des idées (...) avant que l'entourage de Ségolène Royal n'effectue à chaque fois une sorte de rétropédalage."

Le camarade DSK est trop méchant.

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Ségolène Royal se dit victime d'un "complot" fomenté par Elkabbach

De toute éternité, la thèse du complot est un grand classique des démagogues de tout poil, qui en accusent la terre entière, et en particulier les médias, quand ils voient leur étoile pâlir. Plutôt que de s'en prendre à leurs propres errements, ils préfèrent trouver un bouc émissaire qui les conforte dans leurs petites certitudes. A l'évidence, Ségolène Royal s'inscrit dans cette tradition.

Comme en témoigne l'excellent article du Monde paru dans l'édition du 27 octobre, et repris ci-dessous in extenso :

"Le deuxième débat télévisé entre les candidats à l'investiture présidentielle du PS, diffusé mardi 24 octobre par les chaînes parlementaires, a-t-il fait l'objet d'un complot ? A la sortie, Ségolène Royal avait accusé ses rivaux, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn de s'être "concertés" auparavant avec le président de Public Sénat, Jean-Pierre Elkabbach, pour la prendre en tenailles (Le Monde du 25 octobre). Découvrant ces propos, M. Elkabbach a vivement réagi.

"C'est ridicule, s'insurge-t-il. Avant chaque émission, Richard Michel (président de LCP) et moi-même allons saluer nos hôtes. Ils étaient chacun enfermés dans leur loge. J'ai vu Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius puis Ségolène Royal, qui était avec son collaborateur Christophe Chantepy. C'est une héroïne qui se bat contre le monde entier ! Aucun des deux autres ne m'a accusé de complot." M. Elkabbach insiste : "J'étais dans mon rôle. J'en appelle donc au retour à la sérénité. Du calme, du calme !"

"RESPECT" DE LA PAROLE DONNÉE
Mme Royal maintient cependant sa position après avoir observé, affirme-t-elle, que le président de Public Sénat pressait les journalistes Emmanuel Kessler et Emilie Aubry, reliés à la régie par une oreillette, de la relancer. Un reproche qu'elle aurait, selon des témoins, directement adressé aux deux journalistes, sitôt la fin de l'émission et les projecteurs éteints. La direction du PS s'est elle-même plainte que les "règles" convenues à l'avance entre les chaînes et le parti n'avaient pas été "respectées". Consacrée aux questions de société, l'émission a tout de suite démarré sur l'actualité avec l'idée de jurys de citoyens lancée récemment par Mme Royal.
"C'est faux ! s'agace M. Elkabbach. Nous avions d'un commun accord avec le PS décidé d'assouplir le débat", après la première version, le 17 octobre, jugée, de l'avis général, un peu trop corsetée et d'une durée un peu trop longue. "La parole donnée a été respectée, le thème aussi, poursuit le patron de Public Sénat. Les questions devaient être libres. Et les jurys de citoyens étaient une manière d'illustrer le thème général, 'quel regard portez-vous chacun sur l'état de la société' ?"

Les trois candidats socialistes n'en ont pas terminé. Le 7 novembre, ils devraient se retrouver sur le même plateau pour un dernier débat télévisé consacré aux questions internationales. Entre-temps, un débat régional, à Paris, jeudi 26 octobre, devait les opposer - hors la présence des caméras et des photographes. La primaire du PS s'achèvera avec un dernier meeting commun, le 9 novembre, à Toulouse. Les militants, eux, ont rendez-vous le 16 novembre pour le premier tour du vote de désignation. " Isabelle Mandraud (Le Monde)

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La bulle Ségolène commence à se dégonfler

« Je sens comme un frémissement », hasardait DSK avant le premier débat télédiffusé entre les trois candidats socialistes à l’investiture. Il semblerait que son pressentiment se confirme dans les sondages d’opinion. A l’issue du premier débat, ils avaient donné l’avantage à l’ex-ministre des finances de Jospin. Rebelote après le deuxième débat. Sur l’ensemble des deux confrontations, DSK gagne 7 points au détriment de la Zapatera. DSK passe ainsi de 27% des souhaits de désignation avant le premier échange, à 34 %. Tandis que Royal baisse d'autant, passant de 66 à 59 %. Fabius revient à son point de départ, 7 %.

« Globalement, Ségolène Royal est jugée la plus convaincante et c'est logique car les thèmes du débat lui étaient favorables. C'est à Dominique Strauss-Kahn que les débats sont le plus favorables : il est perçu comme ayant la stature du poste et comme le meilleur dans l'argumentation. Et comme c'est une personnalité finalement assez mal connue, il tire vraiment bénéfice de cette exposition », explique Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay, aujourd’hui dans les colonnes du Figaro.

Un sondage plus confidentiel, réalisé auprès des visiteurs du site LCI.fr, se passe de commentaires. A la question : « Lequel des 3 prétendants PS vous a le plus convaincu lors du deuxième débat télévisé ? » (3786 votants), la sanction est sans appel pour la Poitevine :
Laurent Fabius : 40%
Ségolène Royal : 15%
Dominique Strauss-Kahn : 44%

Cependant, il y a fort à parier que la majorité des internautes ayant voté sur la chaîne câblée ne sont pas encartés au PS.
La question est maintenant de savoir si, d’ici le 16 novembre, date du premier tour du vote des militants, DSK pourra combler son retard et espérer ainsi mettre en ballottage la madone des sondages. Auquel cas, lors du deuxième tour du 23 novembre, à l’issue d’un quatrième débat télédiffusé ? il pourrait confirmer son avantage. Les militants prenant enfin conscience - dans un ultime sursaut de lucidité - qu’il s’agit de désigner le futur président de la République et non pas une cheftaine Scout.

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La Zapaterreur sort du bois

« Il n’y a pas besoin d’élever le ton pour constater que les Français vivent mal », s’est amusé DSK devant l’agressivité de Ségolène Royal hier soir, à l’occasion du deuxième round qui opposait les trois candidats socialistes à l’investiture. S’emportant contre ceux qui osent lui apporter la contradiction, coupant la parole sans vergogne aux animateurs, la vraie nature de la soi-disant compagne de François Hollande s’est exprimée hier soir. Les militants PS qui s’apprêtent à voter pour elle ont ainsi pu constater que leur favorite ne partage pas seulement les idées de Nicolas Sarkozy mais aussi son caporalisme débridé. Ce n’est plus la Zapatera, c’est la Zapaterreur !

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La « liberté » de parole de la Zapatera agace son entourage

Branle-bas de combat lundi 23 octobre en « Ségolie ». Au lendemain de la proposition controversée de la candidate à l'investiture présidentielle du PS sur la "surveillance populaire" que pourraient exercer des jurys de citoyens tirés au sort pour évaluer l'action des politiques, l'équipe Royal a paré au plus pressé. Une note "d'information" est envoyée en catimini à tous les représentants de Ségolène Royal dans les fédérations socialistes reliées sur Internet.
La raison ? Même parmi ses proches, nombreux ignorent tout de cette énième mesure iconoclaste. Rien d’étonnant. Un conseiller dévoile, sous le sceau de l’anonymat, le pot aux roses :

"On ne discute pas toujours très en amont parce qu'elle entretient un lien étroit avec les sondages, analyse un membre de son équipe. Lorsqu'elle a pris connaissance de celui du Cevipof, dans lequel 60 % des Français jugent les responsables politiques "plutôt corrompus", elle a choisi aussitôt d'y faire écho avec les jurys citoyens."

C'est beau les convictions politiques !

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La presse populaire taxe Ségolène Royal de populisme



La presse de province ne l'envoie pas dire à la favorite des sondages. Sa proposition de créer des jurys populaires pour "évaluer" l'action des élus fait l'unanimité contre elle. Ses relents populistes sont sévèrement pointés du doigt. Tout comme sa ressemblance avec Nicolas Sarkozy.




LA CHARENTE LIBRE Jacques Guyon

"(...) On peut par contre se demander si la candidate n'est pas en train de se laisser contaminer par sa propre démarche. A force de prôner son fameux concept de "démocratie participative", à force d'en faire une sorte d'élixir magique, d'onguent à tout faire pour soigner les maux de notre société, à force de sacraliser l'interactivité et de se présenter en simple coordinatrice des idées - forcément géniales - du peuple, Ségolène Royal vient de glisser là sur un grand toboggan qui mène droit au populisme. Et le populisme, c'est le premier ennemi du peuple."


LA REPUBLIQUE DU CENTRE Jacques Camus

"(...) On admettra que Ségolène Royal, de façon peut-être délibérée, n'a rien fait pour calmer le jeu en se prononçant dimanche pour une "surveillance populaire" de l'action des élus. Comme si les élections et les multiples sondages ne suffisaient pas, des jurys de citoyens tirés au sort, petit livre rose à la main, seraient chargés "d'évaluer" la conformité des actes avec les engagements des politiques. Ces tribunaux populaires constituent la dernière "ségolinade", en réponse sans doute, aux propositions populistes de Sarkozy.
Sauf que lorsque des aspirants à la charge suprême se mettent, au nom du peuple hypnotisé, à cracher sur les juges, les politiques ou les élites, la démocratie file un mauvais coton.


L'YONNE REPUBLICAINE Philippe Noireaux

"(...) Les dernières trouvailles des deux aspirants président fleurent bon le populisme primaire. Une critique qu'ils réfutent l'un et l'autre, se la renvoyant mutuellement et expliquant qu'ils ne font que tirer les enseignements du séisme du 21 avril 2002.Un argumentaire que ne partagent pas, loin s'en faut, les membres de leurs camps respectifs, inquiets, à juste titre, des dérives auxquelles peut conduire une telle rhétorique. Le risque est grand en effet que cette surenchère démagogique ne profite, au final, aux candidats extrémistes (...) qui labourent traditionnellement le terreau populaire. Légitimés dans leurs discours par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ces candidats pourraient bien demain attirer non plus seulement des votes protestataires mais bien des électeurs préférant les originaux aux copies.La volonté de renouvellement des pratiques politiques revendiquée par nos deux apprentis sorciers se solderait alors par une formidable atteinte à notre démocratie."

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Ségolène : du people au populisme, tous les chemins mènent au pouvoir

« Le peuple est en haut mais la foule est en bas » disait Victor Hugo. Ségolène Royal a retenu la leçon de notre gloire nationale. Elle qui ne cesse de se réclamer du peuple et de ne prétendre s'adresser qu’à lui. De là à se voir taxée de populiste, il n’y a qu’un pas ! Que beaucoup ont franchi ce week-end après sa dernière proposition en date de créer des jurys populaires pour contrôler l’action des hommes politiques.
L’embarras a gagné jusqu’à son propre camp. Ainsi de Jean-Marc Ayrault, hier soir, à qui l’on demandait ce qu’il pensait de cette énième proposition iconoclaste de sa championne ? Sourire pour toute réponse. Le premier ministre pressenti de la Poitevine n’était visiblement pas au courant. La démocratie participative chère à la madone des sondages ne serait pas à l’ordre du jour dans son état-major de campagne ?
Hélène Jouan, chroniqueuse politique d’Inter, plutôt jusqu’ici en faveur de la madone des sondages, a osé poser, ce matin, la question du populisme de la Poitevine :
Revenant sur le sens des propos de la Zapatera, elle a commenté qu'il s'agissait, selon elle, d'instituer « une surveillance populaire sur la façon dont les élus remplissent leur mandat". Et la journaliste de commenter : "On frissonne, ça a des petits airs de comité de salut public cette histoire ! A quel niveau ces jurys seraient-ils mis en place, pour surveiller qui ? Maires, députés, président... Avec quel pouvoir de sanction ? Tout cela reste flou, tandis que Max Gallo rétorque ce matin que le meilleur jury populaire, c'est encore le suffrage universel !"
"En fait, Ségolène Royal comme d'autres, cherche à renouer le lien avec le peuple. Un lien distendu voire rompu, à cause dit-elle du décalage entre les discours politiques et les actes, alors après tout pourquoi pas lui demander son avis régulièrement à ce peuple ? C’est cohérent avec son engagement en faveur d'une démocratie participative, parée de toutes les vertus depuis qu’elle est en campagne. Sauf que c’est un nouveau coup porté à la démocratie représentative.
Car si les institutions, les médiations qui existent aujourd’hui fonctionnent mal, pourquoi ne pas prendre l’engagement de les réformer plutôt que de les contourner par le peuple ? Et quelle différence peut-on faire aujourd'hui avec un Sarkozy qui dit « mon juge, ce sont les Français » et elle qui affirme "mon opinion sera celle des Français", sur des questions différentes je vous l'accorde ?"
"Et bien si l'un veut montrer le chemin au peuple, quand l'autre affirme vouloir le suivre, en réalité les deux mettent en scène un face à face exclusif entre eux et le peuple français.
Et c'est un début de définition du populisme ça."
De là à penser que Ségolène Royal s'inspire plus du général Boulanger que de Victor Hugo, il n'y a qu'un pas que franchiront les mauvaises langues...

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Breton pris en flagrant délit de mensonge

Sur Europe 1, ce vendredi 20 octobre, Thierry Breton a critiqué vertement Dominique Strauss-Kahn, rappelant que, lorsque la gauche était aux affaires de 1997 à 2002 la dette française avait augmenté de "162 milliards d'euros, c'est-à-dire de 1.000 milliards de francs". "J'estime que quand on est 'monsieur 1.000 milliards', on n'a pas de leçon d'économie à donner", a-t-il lancé.Le débat sur la dette, "c'est Dominique Strauss-Kahn, en 97, qui aurait dû avoir le courage de le mettre sur la table, or il ne l'a pas fait. On ne peut pas lui reprocher de ne pas savoir, il est professeur d'économie", a ajouté M. Breton.Ramenée au produit intérieur brut, la dette de la France est en fait restée stable, aux alentours de 57% du PIB de 1997 à 2002. Elle a en revanche progressé de près de 10 points de PIB entre 2002 et 2005.
On comprend pourquoi la France se porte si bien avec un ministre de l'économie et des finances qui sait si bien compter.

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Ségolène à la peine

Disparue la Ségolène glamour, arborant, tel Villepin, son éternel sourire Colgate. Mal coiffée, dénuée de la moindre spontanéité et nerveuse à l'extrême, impolie avec ses adversaires qu'elle a omis de saluer, elle a récité telle une écolière modèle ses fiches qu'elle n'a cessé de consulter toute la soirée. Voilà qui expliquait soudain que ses amis aient tout fait pour lui éviter cet exercice qui a mis en évidence, tant sur la forme que sur le fond, ses lacunes. Au point qu'un de ses partisans, à qui l'on demandait ce qu'il pensait de la prestation de sa championne, a répondu soulagé : "On a gagné puisqu'on n'a pas perdu." C'est beau l'ambition politique !
Stupeur le lendemain à l'écoute des radios et à la lecture des journaux. On avait le sentiment que la Poitevine avait surpassé haut la main ses rivaux et qu'on avait enfin trouvé en sa personne notre Hillary Clinton nationale ! Seul Le parisien a osé brisé l'omerta en allumant la Zapatera : "Elle est apparue souvent sur la défensive, voire laborieuse." Et de titrer en une : "PS : avantage Strauss-Kahn." La rédaction du quotidien ayant décerné aux trois candidats les notes suivantes : 16/20 à DSK, 12/20 à Ségolène et 11/20 à Fabius.
Un sondage réalisé par l'institut OpinionWay pour Le Figaro du lendemain a rendu justice à DSK. Pour Hugues Cazenave, président d'OpinionWay, « DSK a beaucoup à gagner à la poursuite de ce type d'exercice ». Comme le montrent, selon lui, les commentaires des personnes interrogées, la préférence envers Ségolène Royal est « parfois très peu structurée » politiquement, alors que « la cohérence du discours » de Strauss-Kahn serait mise en exergue. « L'image » de Fabius rendrait « inaudible » son discours.
Ce débat nous aura au moins appris que la majorité des médias a bel et bien choisi sa candidate.

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Roselyne et le lion de l'Elysée


La phrase du jour :

« Jacques, parce que je t'aime, il n'est pas bon que tu te présentes à un troisième mandat. Ce n'est pas du tout de l'animosité, c'est de l'affection. La vie politique a besoin de respiration. » Roselyne Bachelot, secrétaire générale adjointe de l'UMP.

Quand on songe que Roselyne fut l'un des porte-parole de Chirac lors de sa campagne présidentielle en 2002...

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Les candidats passent... Debré, toujours, aboie

Il y a comme un air de déjà vu dans la charge assassine de Jean-Louis Debré contre Nicolas Sarkozy le week-end dernier dans les colonnes du Journal du Dimanche. Florilège : "Qui sème le vent récolte la tempête." "C'est une faute politique que de dénigrer constamment l'action d'un gouvernement auquel on appartient."


Comme en 1995 contre Balladur, Chirac et Villepin ont lâché le fidèle Debré pour abattre l’ennemi. En 1995, c’était contre Balladur au service de Chirac. En 2006, c’est pour Villepin ou Alliot-Marie contre Sarkozy. Les candidats passent mais Debré, lui, toujours aboie.

La fidèle de Sarkozy, Nadine Morano, a trouvé le mot pour en rire : "Il faut stopper le soldat Debré."

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Carton rouge aux jospinistes

Après avoir dit tout le mal qu'il pensait de Ségolène, on s'imaginait que le clan de Jospin allait trancher sans coup férir en faveur de DSK pour l’investiture. Ce dernier ne s’est-il pas prononcé, tout comme Jospin, en faveur du référendum européen ? Ne fut-il pas son ministre des Finances pendant près de trois ans ? Période pendant laquelle la France connut une croissance annuelle supérieure à 3%. DSK en fit même son témoin de mariage en troisième noce avec Anne Sinclair. Alors que Fabius a voté contre le référédum. Et a toujours été l'ennemi héréditaire. Las ! Les jospinistes ont choisi de ne pas choisir. Ceci pour se venger de DSK qui n’a pas daigné s’effacer devant le déserteur en chef du 21 avril 2002, quand celui-ci le lui a demandé.

La preuve que pour Jospin l’intérêt du pays passe après les rancunes de sa petite personne.

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Du grand Carlier

Les "royalistes" qui écoutaient France Inter dans leur salle de bain hier matin en se rasant ont dû se couper de rage sur le coup des huit heures moins dix, heure de la chronique matinale de Guy Carlier. Depuis qu’il n’est plus le faire-valoir de Fogiel, Carlier a retrouvé tout son mordant. Ce dernier a livré deux anecdotes qui en disent long sur la favorite des sondages et son entourage.

La première sur son sens inné de la com’. A Lens, lors de la première confrontation des candidats à l’investiture, la soi-disant compagne de François Hollande, s’est éclipsée pour rendre visite au premier ministre espagnol. Guy Carlier raconte comment elle quitta la scène en ces termes : « On la vit pousser un handicapé sur sa chaise roulante en feignant de repousser les caméras qui se pressaient de filmer la scène, tel Moise écartant les eaux de la mer rouge. »


La deuxième anecdote, proprement hallucinante, témoigne de la sincérité des convictions politiques des barons ségolistes. Au cours d’un meeting auquel assistait le chroniqueur, un éléphant socialiste l’entraîne par le bras pour lui confier : « Si c’est elle qui est investie, c’est pire que tout : elle est tout sauf de gauche, c’est une arriviste réactionnaire. Son avènement signerait l’arrêt de mort du PS. » Le lendemain, surprise du chroniqueur d’Inter de voir à la télé le même éléphant faire l’éloge de celle qu’il fustigeait la veille, pour finalement annoncer en grande pompe son ralliement.

La preuve que la classe politique a pris la mesure des problèmes auxquels est confrontée la France.

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Ségolène a la pétoche

L’organisation des débats internes au PS, entre les 3 candidats à l’investiture, DSK, Fabius et Royal, donne lieu à d’interminables tractations. Les ségolistes n’hésitant pas, il est vrai, à pousser très loin le bouchon pour protéger leur héroïne. Dernière doléance en date du camp royaliste : diffuser la première joute en différé de façon à pouvoir faire des coupes au montage. Quand on sait que les candidats ne pourront s’adresser directement les uns aux autres et, qu’en fait de débat, il n’y aura qu’une juxtaposition de monologues, on se pince pour le croire. N’ayant finalement pas obtenu gain de cause, la favorite des sondages a menacé de boycotter tout ou partie des débats. Officiellement pour ne pas relancer la machine à perdre. Un partisan de DSK a commenté perfidement : "Nous sommes un peu troublés mais nous ne souhaitons pas en rajouter. Il nous semble étonnant que Ségolène Royal professe constamment le respect de la règle dans la société et tout à coup ne souhaite plus respecter la règle des socialistes." Claude Bartolone, la fine gachette de Fabius n'était pas en reste : "C'est une erreur de la part de ceux qui sont autour de Ségolène que de donner le sentiment de vouloir la surprotéger", en souligant que "pour gagner une élection il faut être capable de parler". Y compris pour ne rien dire ?

Reste à savoir, dans l’hypothèse où elle serait investie par le PS, si elle osera se dérober au débat contre son adversaire du 2ème tour ? A moins qu'elle ne s’imagine peut-être qu’elle bénéficiera d’un 21 avril à l’envers ? Et, qu’opposée à Le Pen, comme Chirac, elle s’en tirera en déclarant : « On ne débat pas avec l’ennemi. »

Début des hostilités mardi prochain 17 octobre à 20h30 sur la chaîne parlementaire (LCP) d’Elkabbach. Avec ou sans Ségolène Royal.

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Trop de démagogie tue la démagogie


Ségolène Royal ne pouvait offrir plus joli cadeau à ses détracteurs socialistes. En réponse à une question lui demandant son avis sur l’entrée éventuelle de la Turquie dans l’Union européenne, elle a répondu très courageusement : « Je pense comme le peuple français, qui devra se prononcer par référendum sur cette question. » Quel talent !

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Villepin en embuscade

Villepin n'a renoncé à rien. Et surtout pas à se porter candidat... si sa cote de popularité le lui permet et si son mentor ne se représente pas. Sa dernière conférence de presse mensuelle et sa prestation radiophonique de ce soir au Grand Jury-RTL en sont la preuve. "Je me refuse à considérer que l'emporte le populisme, la démagogie et l'image" a-t-il déclaré plus va-t-en-guerre que jamais. Difficile d'être plus critique vis-à-vis de Sarko et de Ségo. Et piquant dans la bouche de celui qui, il y un an à peine, avait convoqué la presse pour qu'on photographie sa sortie de l'eau en mailot de bain à la Baule.

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Jean Glavany se fâche

Membre du premier cercle de la jospinie, et porte-flingue à ses heures de son mentor, Jean Glavany, ex-ministre de l'Agriculture, a balancé à la presse une confidence d'Arnaud Montebourg. C'était avant que ce dernier ne se rallie à la Zapatera, à l'automne 2005, alors que la popularité de la présidente de Poitou-Charentes commençait à émouvoir les éléphants. Montebourg s'en était ému en aparté à Glavany : "On ne peut pas la laisser continuer ainsi. Avec elle, c'est le triomphe du populisme et de la démagogie." On connaît la suite. Glavany a qualifié ce retournement de veste "d'archaïque". Et pourtant, dans les sondages, c'est Ségolène et sa clique qui passe pour modernes...

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Le Prix Humour et Politique

Le prix Humour et Politique du Press Club a été remis le 2 octobre à Ségolène Royal pour l'ensemble de son oeuvre. Plus modestement pour cette petite phrase : "Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit." Pas vraiment hilarant mais de circonstance, puisque c'est Nicolas Sarkozy qui a obtenu le prix l'an dernier pour cet authentique morceau de bravoure : "Je ne suis candidat à rien."

Il y avait pourtant plus drôle à se mettre sous la dent. Azouz Begag : "Je ne suis pas l'arbre qui cache la forêt." Philippe de Villiers : "Docteur Sarko et Doc Gynéco, c'est la com' et la came !" La palme toutes catégories confondues revenant à un multi-récidiviste, Douste-Blazy, notre sémillant ministre des Affaires étrangères (il n'est jamais inutile de le rappeler) : "Le Hamas a voulu faire une croix sur Israël."

Cette année, l'humour était dans la salle. Lorsque Arnaud Montebourg, le porte-parole de la reine des sondages, est venu retirer le précieux trophée à sa place. Lors de ses remerciements au jury, il a reconnu dans l'assistance l'inénarrable André Santini, le député UDF amateur de havanes et parrain du prix, et lui a rendu hommage en rappelant qu'il fut son professeur de droit. Celui-ci s'est alors exclamé, ironique : "Quelle réussite pour moi quand je vois ce que vous êtes devenu !"

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Sexus Politicus : la machine à mentir

Contrairement à ce que laissent à penser l’instrumentalisation par certains candidats de leur vie personnelle à des fins politiques et la sortie de livres révélant quelques secrets d’alcôve dont se délectent depuis longtemps le Tout-Paris médiatique, la vie privée - réelle - des candidats à la présidentielle reste un sujet tabou. En témoigne le traitement réservé par les média à la favorite des sondages à gauche.


La France serait-elle en train de se rallier à l'école anglo-saxonne qui considère que la vie privée des candidats n'est pas un tabou ? Surtout quand les candidats aux plus hautes fonctions n'hésitent pas à instrumentaliser cette dernière à des fins politiques ?
Après le livre de Guy Birenbaum, Nos délits d'initiés, paru en 2003, et qui avait balancé certaines rumeurs en vogue dans le Tout-Paris - tel le prétendu enfant caché de Chirac au Japon - voici Sexus Politicus, qui se présente comme un livre événement qui révèle les ébats inavouables de nos parlementaires. En fait de révélations, il s'agit plutôt d'un recyclage d'anecdotes éculées tel l'accident de voiture de Giscard, alors qu'il était président, au petit matin près de l'Etoile en compagnie de la petite-fille de son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Michel Jobert. On devinera le prénom sans problèmes. A l'époque, c'est le Canard enchaîné qui avait dévoilé le pot aux roses.

Concernant le président de l'UMP, rien que de très connu : c'est une lettre anonyme dénonçant à Cécilia Sarkozy de supposés écarts conjuguaux qui aurait déclenché sa rupture... provisoire.

Quant à la favorite des sondages à gauche, presque rien et surtout aucune allusion au fait que son couple avec François Hollande est depuis longtemps de l'histoire ancienne. Ce que les journalistes auteurs de ce livre ne peuvent ignorer. Si Ségolène Royal a eu quatre enfants avec le premier secrétaire du PS, elle ne vit plus avec lui depuis belle lurette. Ceci est connu du landerneau médiatique, mais au nom du sacro-saint respect de la vie privée, interdiction d'en parler. Quitte à laisser perdurer le mensonge de leur union en relayant les affabulations de Ségolène Royal cet été sur son prochain mariage avec M. Hollande. En vue d'offrir un visage plus politiquement correct en vue de son élection à l'Elysée ? Pour celle qui se veut la championne de la révovation de la pratique politique, bel exemple de sincérité ! Les éléphants oseront-ils en tirer argument ?

Pourtant, Ségolène Royal pourrait exploiter à son avantage un "coming-out" puisqu'il aurait le mérité de prouver qu'elle a gardé le coeur... à gauche. Ce dont ne témoignent pas forcément ses discours. Son compagnon occupe en effet des fonctions importantes au sein du PS et, surprise !, il est un de ses plus ardents et bruyants soutiens. Par pure conviction politique bien entendu.
Quant à l'amie du premier secrétaire du PS, sachez qu'elle était l'une des signataires, au printemps dernier, de l'appel des 143 rebelles du PS contre la pipolisation de la vie politique, qui visait en premier lieu... Ségolène Royal. Uniquement par souci de préserver la qualité du débat d'idées, bien évidemment.

On n'en dira bien sûr pas plus... par respect de la vie privée.

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Haro sur Ségo

C'est par la voix de son porte-parole et ami de toujours, Claude Allègre, que Jospin dit cette semaine dans le Nouvel Obs tout le bien qu'il pense de Ségolène Royal. C'est vachard mais instructif. Car les différences qu'Allègre pointe du doigt sont loin d'être vides de sens. En brossant de "la Zapatera" le portrait en creux d'un Sarkozy en jupons, certains militants socialistes sensibles au fond - s'il en reste encore - pourront peut-être y réfléchir à deux fois. A moins qu'ils ne préfèrent désormais la lecture de Voici à celle du Nouvel Obs.

A la question du N.O. : "Jospin ne cite jamais Ségolène Royal. Est-ce à dire qu'il n'en pense rien ?",
Claude Allègre répond : "Nous avons devant nous un débat d'idées et non pas un combat d'hommes - ou de femmes ! Les différences entre Ségolène Royal et Lionel Jospin sont claires. L'un croit au progrès, l'autre en doute ; l'un croit que l'immigration doit se traiter à l'échelle européenne, l'autre, comme Villiers, à l'échelle de la Région ; l'un croit que la carte scolaire doit être la base de l'égalité devant le service public, l'autre, comme Sarkozy, remet en cause son principe ; l'un voit l'écologie comme un moteur de la croissance, l'autre comme une suite d'interdictions , l'un défend les 35 heures, l'autre veut les supprimer ; l'un veut relancer l'Europe par des projets concrets, l'autre défend l'Europe institutionnelle. Pour moi, ces différences sont essentielles. Je comprends bien le succès de Ségolène Royal dans l'opinion. Le fait qu'elle soit une femme joue beaucoup. Ce qui est amusant, c'est qu'elle apparaisse comme quelqu'un d'extérieur à la politique, alors qu'elle n'a jamais fait que cela, et qu'elle est uniquement entourée de politiciens professionnels !"

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Lens : Ségo la joue plus que jamais perso

Ah le beau spectacle de l'unité retrouvée que nous ont offert ce samedi 16 septembre à Lens les candidats socialistes déclarés ou putatifs ! Oui au débat, non à l'affrontement ont-ils tous martelés en substance. Seule ombre au tableau : la prestation solo et perso de Ségo. La "Zapatera", en quête d'une stature internationale, était attendue à Madrid par José-Luis Zapatero. Elle s'est donc exprimée la première et s'est éclipsée aussitôt après, s'évitant d'écouter ses compétiteurs et n'apparaissant pas sur la photo de famille. Belle vision de la solidarité !

Jospin et Royal
à fleurets mouchetés

Dans son discours, la soi-disante compagne de Hollande s'est efforcée de faire oublier ses positions de droite en promettant de rééquilibrer le rapport de force entre le capital et le travail. Voilà qui ne mange pas de pain. Tout comme de déclarer : "Dans la démocratie participative que j'appelle de mes voeux, tout sera mis sur la table, en débat avec les citoyens". Comme un rappel douloureux de l'échec de Jospin en 2002, elle a martelé : "La crise démocratique est profonde, la tentation de l'extrême droite est très forte, car trop de gens ont le sentiment d'être tirés vers le bas."

Hasard du tirage au sort, c'est Jospin qui lui a succédé et nul n'était besoin d'avoir été trotskiste pour comprendre que le portrait idéal du candidat socialiste qu'il brossait était l'antithèse absolue de la présidente du Poitou. Le candidat devra "incarner le PS" et "porter les valeurs de la gauche" en "restant fidèle à l'esprit qui a fait la grandeur du socialisme". Pour celle qui n'hésite pas à dépasser Sarkozy sur sa droite, autant dire qu'il s'agit d'un anti-portrait.
"Notre candidat devra porter les valeurs de la gauche, les valeurs de la solidarité" et "devra incarner le Parti socialiste", a-t-il prévenu à Lens, dans un avertissement feutré à la favorite des sondages, accusée par ses détracteurs d'adopter une stratégie de contournement du parti et de puiser certaines de ses idées à droite. Quant au "ministre de tout", alias Sarkozy, le vrai-faux retraité de l'île de Ré l'a habillé pour l'hiver : "Il est dangereux pour le pays par ses idées et inquiétant par sa personnalité."

Les éléphants fidèles à eux- mêmes

"Nous ne voulons plus d'une France déshonorée par une xénophobie d'Etat", "sarkoïsée, rabougrie, sclérosée", a pesté Jack Lang. Tandis que Laurent Fabius a raillé "le futur caniche du président des Etats-Unis". Martine Aubry, très remontée, s'en est pris à mots couverts au slogan fétiche de Ségolène Royal, "l'ordre juste", en faisant remarquer qu'il n'y a pas d'ordre sans justice.

DSK a appelé à tourner la page du socialisme pour mieux écrire celle de la social-démocratie et a axé son discours sur l'économique, ce qu'il connaît le mieux.

Prochain rendez-vous du PS : le dépôt des candidatures, du 30 septembre au 3 octobre.

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Un fonds d'investissement américain, actionnaire de Suez, contre la privatisation de GDF

Knight Vinke Asset Management, le fonds américain activiste qui détient une participation au sein de Suez, a écrit mercredi aux députés français afin de leur proposer un schéma de rapprochement alternatif entre Suez et Gaz de France, devant permettre d'éviter la privatisation de GDF.Eric Knight, le patron du fonds, suggère dans une lettre ouverte aux parlementaires que Suez attribue à ses actionnaires actuels ses divisions environnement et services à l'énergie et à l'industrie (SES), qui seraient regroupées au sein d'une société indépendante cotée à la Bourse de Paris.Il propose que Suez cède en parallèle ses actifs d'infrastructures en Belgique, ainsi que d'autres actifs financiers considérés comme 'non stratégiques'.GDF lancerait alors une offre publique d'échange sur les activités énergie restantes de Suez, essentiellement concentrées hors de France, ajoute Knight Vinke.'A l'issue de cette opération (...) nous estimons que l'Etat détiendrait environ 54% de l'entité combinée', indique le fonds basé à New York.Il souligne que l'opération n'augmenterait pas la dette de GDF, ni même la dette publique, puisqu'elle serait réalisée par le seul biais d'une offre publique d'échange, et non sur la base d'une offre publique d'achat.Kngiht Vinke précise que ses deux propositions (l'autre scénario alternatif prévoyant un financement en cash) démontrent qu'il est possible de 'conserver tous les avantages d'un rapprochement des activités énergie de Suez et de GDF, sans privatiser GDF'.'Il n'est donc pas nécessaire pour le gouvernement français de réduire la participation de l'Etat dans GDF au-dessous de 51%, ni de nationaliser les activités de Suez en France afin d'obtenir ce résultat', en conclut-il. (communiqué de Cercle Finance)

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Qui est Cassandre ?

Le bouquin au vitriol "La Prétendante", publié sous le pseudonyme de "Cassandre" par l’éditeur Philippe Rey est en passe de faire un malheur au box-office. Dès son introduction, il annonce la couleur : "Dans l’hypothèse ou elle serait investie par les socialistes, Mme Royal perdra l’élection présidentielle." Le réquisitoire proviendrait de son camp. On cite des proches d’élus socialistes de la région Poitou-Charentes, et notamment Philippe Lavaud, vice-président Charentais de la région, qui dément cependant toute proximité avec ce livre : "Tout ce que j’ai remarqué, c’est que cet éditeur avait déjà publié Paul Quilès mais, en ce qui concerne mes amis et moi, nous n’avons pas le temps d’écrire". C’est pourtant la version que maintient, sous le sceau de l’anonymat, un élu de gauche de la région.

La façon dont Ségolène Royal gouverne localement "a braqué contre elle une majorité des membres de sa liste" estime cet élu, qui prétend qu’elle n’aurait "guère plus de quatre ou cinq élus à sa botte dans le Conseil Régional parce qu’elle joue beaucoup trop perso en décidant elle-même des options". C’est donc de l’amour déçu transformé en haine qui aurait suscité ce pamphlet, au moment où les éléphants tentent de remonter dans les sondages. Dans le pays Charentais, où les gens sont réputés paisibles mais déterminés, certains s’amusent à parler de "Coup de Jarnac" . Un coup synonyme de "coup fourré inattendu", depuis qu’en 1547, lors d’un duel opposant un Charentais -le Seigneur de Jarnac- à un Poitevin réputé dix fois plus fort que lui, le Charentais élimina le Poitevin en lui portant un coup inattendu au jarret. L’Académie Française parle du coup de Jarnac comme "mauvais tour auquel on ne s’attendait pas et qui met en mauvais état". Il est amusant de noter que c’est à Jarnac, paisible cité de Charente, que François Mitterrand repose.

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Ségolène aurait-elle un sale caractère ?

En fille de militaire qui se respecte, Ségolène Royal n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Surtout par une jeune adhérente du Mouvement des Jeunes Socialistes. Ce MJS qu'elle déteste et qu'elle avait boycotté à la Rochelle. Le week-end dernier, en déplacement à Quimperlé, une dénommée Nolwenn Yven, 23 ans aux prunes, l'a appris à ses dépens. En réponse à une question qui pointait l'inclination droitière du programme de Royal, Ségolène s'est fait cruelle. "Quels sont les autres sujets ? Vas-y vas-y (...) Le MJS n'a pas dit que je ne voulais pas débattre ? Je suis là, le MJS est là", a-t-elle lancé avant d'ajouter: "Tu n'es pas obligée de demander l'autorisation au garçon qui est à côté de toi. Tu es une femme, tu peux parler en toute liberté".

Puis la Zapatera a enfoncé le clou : "Tu jures qu'il n'y a pas d'auto-censure, que tu ne voulais pas me parler des militaires ? T'es bien sûre?".
A se demander si, sur le terrain de la jeunesse, Ségolène Royal n'a pas une nouvelle fois chaussé les bottes de Sarkozy. En se rendant aussi impopulaire que lui auprès de cette frange de la population sans le soutien de laquelle on ne peut espérer décrocher le sésame élyséen.

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Le 11-septembre de Ségolène ?

Les grandes manoeuvres contre Ségolène sont enclenchées. Les éléphants sont maintenant prêts à tout pour avoir la peau de "gazelle". Comme exhumer un pamphlet qui lui avait été naguère consacré et stigmatisait son goût du plagiat. Un point commun avec son ami Jacques Attali. Dans la réédition de "La Prétendante", un pamphlet consacré à Ségolène Royal à paraître lundi 11 septembre (sic), l'auteure, Cassandre, révèle comment la députée a "copié-collé", en 1996, neuf des "Douze principes" de son credo politique sur les "Dix commandements" de Bernard Poignant, député PS européen, proche de Lionel Jospin.

Voici un extrait du chapitre 14 de "la prétendante" :

"Dans son livre "La Vérité d’une femme" (Editions Stock), publié en 1996, Mme Royal se fixait ces douze commandements. Dix ans ont passé et on les lit avec une certaine incrédulité. Sommes-nous en présence de la même personne ? La député socialiste aurait-elle tellement changé, ou ne croyait-elle pas à ce qu’elle écrivait ? Ou pire encore : Mme Royal est-elle une faussaire qui n’aurait pas écrit ces commandements figurant pourtant au cœur de sa « vérité d’une femme » ? La question est réellement posée depuis que le député socialiste européen Bernard Poignant, ancien maire de Quimper, nous a adressé cette missive courroucée, une fois lue la première version de La Prétendante. Voilà en effet ce qu’il nous écrivait le 1er septembre 2006 : « Madame, je termine la lecture de votre livre "La Prétendante", bien documenté. Le chapitre 14 intitulé « Les douze commandements d’une femme » m’a interloqué, n’ayant pas lu le livre de Ségolène Royal, La Vérité d’une femme. Les 12 commandements sont la reprise quasi intégrale des miens. (…) Il m’est arrivé d’en parler et beaucoup d’amis politiques m’en ont demandé une copie. Evidemment j’aurais aimé que soit rendu à César ce qui est à César. Mais on ne peut demander cela à Dieu. Bien à vous que je connais peut-être. Bernard Poignant » Le député européen nous a joint la copie d’un article de mars 1989 du Télégramme, sous le titre Bernard Poignant : les dix commandements », qui reproduit mot pour mot 9 des 10 maximes politiques du député :
1. Ne crois pas avoir toujours raison : l’élection donne une légitimité, pas une compétence universelle.
2. Ne fais pas dépendre ta vie personnelle de ta vie politique : tu dois rester un homme libre.
3. Ne crains pas de savoir dire non : l’intérêt particulier s’efface devant l’intérêt général.
4. N’attends pas de reconnaissance : fais seulement ton devoir.
5. Prends le temps de recevoir et d’écouter : n’oublie jamais que le pouvoir use et isole.
6. Ne te crois pas indispensable : fais ton travail avec sérieux et garde ton humour.
7. N’aie pas peur de risquer une élection pour une conviction : tu dois toujours pouvoir te regarder en face.
8. Maîtrise tes victoires et surmonte tes défaites : sinon tu deviens vite insupportable.
9. Tiens parole : le contrat de confiance est le meilleur ciment de ton équipe.
De quoi le faire enrager, à juste titre. De quoi surtout renforcer une image de la véritable Ségolène Royal prompte à « emprunter » les idées des autres, cachant ainsi le vide qui lui est si souvent, et si justement, reproché. Le témoignage spontané de Bernard Poignant est sidérant et ô combien révélateur. Dans un livre qu’elle signe, qui comporte dans son titre le mot « vérité », Mme Royal se comporte en plagiaire de bas étage. Que penser d’une responsable politique briguant aujourd’hui les plus hautes fonctions, capable au nom de sa vérité (n’insistons pas trop sur ce possessif très partageur…) de s’approprier celle d’un autre ? Comme le précise avec humour Bernard Poignant dans sa lettre ouverte à Ségolène Royal du 8 septembre 2006, « il m’a amusé de voir que ‘la vérité d’une femme’ dépendait à ce point des ‘commandements d’un homme’ »…Ce « larcin » effectué en dit long aussi sur le mode de fonctionnement de la candidate à l’investiture socialiste. A l’instant de livrer au lecteur un message tout ce qu’il y a de plus personnel, elle ne trouve rien de mieux que d’aller puiser chez autrui. Si c’est cela la « démocratie participative, tout un chacun peut en faire autant et sans mérite ! Un perroquet ferait aussi bien. Sérieusement, on est au mieux déçu, au pis très en colère face à pareil comportement. Et la question reste plus que jamais justifiée : arrive-t-il parfois à Mme Royal d’exposer ses propres idées, avec sincérité, si d’aventure ce mot lui dit quelque chose ?" "

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Université d'été de l'UMP : Sarkozy fait feu de tout moi

Après les patrons, les jeunes. Après avoir caressé les patrons dans le sens du poil à Jouy-en-Josas, en tournant le dos à son soi-disant discours fondateur d’Agen où il avait fustigé… les patrons voyous qui empochent des rémunérations qui s’apparentent à de « l’abus de bien social », l’université d’été de l’UMP, à Marseille, avait pour mission de rabibocher le premier flic de France avec les jeunes. Auxquels il a proposé de se mettre au boulot et un service civique obligatoire de 6 mois !

A ce train-là, le divorce entre Sarkozy et la jeunesse n’est pas encore de l’histoire ancienne. Sur i-Télé, à l'occasion du débat quotidien où s’affrontent des personnalités de droite et de gauche, à la réponse de l’animateur : « Pourquoi Sarko n’est pas populaire chez les jeunes ? », l’un des invités a eu ce mot excellent : « Parce qu’il n’a jamais été jeune. A 25 ans, c’était déjà l’archétype du jeune vieux. Pensez donc, il rêvait de conquérir la mairie de Neuilly. » Une chose est sûre, ce n’est pas en s’affichant avec Johnny et Doc Gynéco (qui le nomme « mon petit maître à penser ») que cela va s'améliorer.

Après la fracture, la rupture…

N’en déplaise à Villepin, qui l’en avait dissuadé, limite menaçant, dans son discours de samedi à la tribune, à Marseille, le lendemain, Sarko a « persisté » et « signé » sur son thème de prédilection : "LA RUPTURE". Aux chiraquiens qui raillent sa schizophrénie puisqu’il appartient au gouvernement, Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il avait "fait la rupture" pendant quatre ans "comme ministre de l'Intérieur" avec la politique du gouvernement de Jospin. Avec le succès que l’on sait en matière d’émeutes urbaines et de violence aux personnes. Voilà qui promet quand il appelle « la rupture » de ses vœux « dans d’autres domaines ».

Qu’on se le dise !
Nicolas et Dominique s’adorent


Questionné sur ses relations avec Dominique de Villepin, il a estimé que les deux hommes avaient décidé il y a deux ans "de travailler ensemble" parce que "c'est l'intérêt du pays". "Il aurait été irresponsable de ne pas travailler ensemble". Le mot travailler est peut-être un peu fort ? S’espionner, s’épier, se surveiller, comploter… auraient été plus appropriés ?

Ségolène n’a pas d’idées

A une question sur Ségolène Royal, candidate probable à l'investiture socialiste, il a répondu: "Pourquoi voulez-vous que je commente des idées qui n'existent pas?" Propos qui ne témoignent pas vraiment d’une rupture dans la façon de faire de la politique…

"Rien n'est plié pour 2007"

Si Sarkozy a pu conforter son sentiment de toute-puissance sur l'appareil du parti au cours du week-end, les chiraquiens n'ont pas dit leur dernier mot. Jean-Louis Debré a prévenu qu'ils n'étaient pas du genre à se laisser manger tout crus : " L'élection présidentielle n'est pas gagnée d'avance, ni la candidature de Nicolas Sarkozy." Sarkozy n'a pas eu tort quand il a dit que dans cette campagne qui commence "rien ne lui sera épargné". Il n'a pas intérêt ni à l'oublier ni à sous-estimer le pouvoir de nuisance de ses "amis" de l'Elysée et de Matignon.

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Jospin rentre en campagne électorale

Cette fois-ci, le doute n’est plus permis. Même si, à Présidentielles 2007, nous savons depuis longtemps à quoi nous en tenir ( voir notre article du mois de mars : "Jospin : l'Elysée comme je m'y vois."). Après La Rochelle, Jospin a donc confirmé qu’il était décidé à reprendre du service contre Ségolène, « qui représente tout ce contre quoi il s’est toujours battu en politique ». Il était ce matin l’invité de France inter où il a rôdé son argumentaire de campagne. Plutôt efficace quand il s’est agi de taper sur Sarkozy. Mais laborieux quand il s’est agi de justifier le sens de sa candidature. Tel Chirac, il a enfilé les habits du père de la nation qui se pose en recours protecteur dans un monde hostile. Et de rappeler ses états de service, se disant "capable d'assumer la charge de chef de l'Etat dans un monde extraordinairement incertain et inquiétant". Et d’enfoncer le clou : "Si cela a un sens pour les Français, si cela peut rassembler les socialistes, alors l'idée d'être candidat à la candidature au Parti socialiste, je la concrétiserai", a-t-il asséné. Las ! sa route est désormais ridiculement étroite. Ségolène fait toujours la course en tête dans les sondages. Et, pour peser, la candidature de Jospin devrait recueillir le soutien de Lang et DSK. Sans oublier celui de Hollande, le premier secrétaire, qui roule ouvertement pour sa compagne en faisant mine de songer à se présenter en personne. Ce qui fait hurler de rire jusqu’au plus naïf des militants.
Bref, beaucoup de « si » sur la route de l’investiture pour Jospin. Pour, au final, s’il était désigné, risquer de se prendre une nouvelle gamelle. Les Français risquant fort de le trouver « vieilli, usé et fatigué ».

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Le sondage qui tue


Dans son livre, La guerre des Trois, qui raconte la guerre impitoyable que se livrent « un président à bout de souffle, un premier ministre fidèle jusqu’à l’absurde et un ministre de l’intérieur hanté par la trahison », Serge Raffy, journaliste au Nouvel Obs, dévoile que Claude Chirac avait demandé, le plus sérieusement du monde, à un institut de sondage qu’il pose la question suivante à un échantillon représentatif de Français : « A quel animal pourriez-vous associer Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ? » Les réponses valent le détour. Dans l’ordre : « Un saint-Bernard, un berger allemand et un… paon ! » On comprend mieux pourquoi ce sondage devait rester secret.

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La Rochelle : Tous contre Ségolène

Terrain miné pour Ségolène. Même si elle se déroulait dans sa région, l'université d'été PS de la Rochelle était un rendez-vous à haut risque pour la reine des sondages. Les éléphants l'attendaient au tournant, appelant de leurs voeux un faux pas de sa part. Et faisant tout en coulisses pour l'abattre, comme le raconte par le menu le Nouvel Obs de cette semaine. Mais la "gazelle", tout en esquive, s'est employée à ne pas fauter. En un mot : en dire le moins possible et se contenter de sourire aux caméras. Registre dans lequel elle excelle. Quitte à se dérober au débat avec le Mouvement des Jeunes Socialistes (le MJS). Mais pas à son fan-club de journalistes, qui l'a accueillie telle un star le vendredi soir pour son discours de bienvenue, en tant que Présidente de Poitou-Charentes. Discours dans lequel elle a défendu bec et ongles son bilan régional. Ce qui a fait dire à Strauss-Kahn : "C'est d'un président de la France dont nous avons besoin, pas d'un Président de Région."

Jospin, retour sur le 21 avril

Le MJS aime Jospin. Il a réservé un chaleureux accueil à l'ex-premier ministre, qui a évoqué avec émotion le séisme du 21 avril. Et a longuement défendu son bilan à la tête du gouvernement. En égratignant au passage la favorite des sondages, qui, fustigeant les 35 heures, voulait, tel Sarkozy, "réhabiliter la valeur travail". Ce à quoi le vrai-faux retraité a répliqué que son gouvernement avait créé 2 million d'emplois en 5 ans, ce qui était la meilleure façon de réhabiliter le travail. Jospin s'est bien tiré de la question piège d'une jeune militante qui lui a demandé pourquoi il était parti et s'il était revenu... En répliquant avec humour qu'il y avait tellement de gens qui disaient qu'il était revenu que ça devait être vrai.

L'homme à la moto
dénonce la peopolisation de la vie politique

Malgré des sondages catastrophiques, qui le privent d'un destin national, Fabius a toujours la dent dure : "Je préfère dire voici mon programme que mon programme c'est Voici." C'est presque aussi drôle que son augmentation "automatique" de 100 euros du smic s'il accédait à la présidence.

Hollande brouille les cartes

Dans son discours de clôture, le premier secrétaire du PS et compagnon de Ségolène Royal s'est posé en grand rassembleur et gardien de l'unité du parti, alors qu'il venait de laisser entendre, quelques jours avant dans "le Monde" qu'il serait peut-être candidat...

Si les éléphants n'ont pas eu la peau de la "gazelle" à la Rochelle, ils ont peut-être repris espoir. Un sondage réalisé cette semaine indique, pour la première fois, un affaissement sensible de Ségolène dans les sondages. Près de la moitié des Français (47%) souhaiterait que Ségolène Royal soit la candidate désignée par le Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle, selon un sondage CSA pour "Le Parisien", "Aujourd'hui en France" et "I-Télé". Avant l'université du PS à La Rochelle, Ségolène Royal recueillait 54% des suffrages des Français : une chute de 7% en une semaine !

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Le PS au bord de la crise de nerfs

La tension monte à quelques jours de l’université du PS qui se tiendra le week-end prochain à la Rochelle. Le n°2 du parti, François Rebsamen, probablement en mal de notoriété, a mis le feu aux poudres, en demandant à DSK et Jack Lang de faire allégeance à Ségolène Royal en se retirant. La réponse de Jack a été sanglante : « Non à la Fatwa ! Nous ne sommes pas des toutous auxquels on demande de rentrer à la niche au premier coup de sifflet. » Lang aurait pu écrire : « sur un simple battement de cils. » Si c’était pour se faire connaître du grand public, le maire de Dijon a réussi au-delà de toute espérance ! Si c’était pour faire avancer le projet socialiste, c’est moins sûr… François Hollande, aux dernières nouvelles encore n°1 du PS, est toujours porté disparu. Lorsqu’il aura recouvré ses esprits, osera-t-il prétendre qu’il n’était pas au courant ?
Une chose est sûre : ce week-end, à la Rochelle, la guerre des égo va battre son plein.

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Ségolène veut tuer le match

Forte de l'emballement médiatique suscité par son discours-programme de Frangy-en-Bresse (Bourgogne), et du dernier sondage qui la donne seule, à gauche, capable de battre Sarkozy, Ségolène veut pousser son avantage en tuant le match. En clair, faire pression sur les éléphants pour qu'ils renoncent à briguer l'investiture du PS en novembre. Pour l'adepte de la "révolution démocratique", voilà une position qui fait peu de cas du vote des militants. A commencer par les derniers d'entre eux, séduits par la promesse de choisir eux-mêmes leur candidat pour la modique somme de 20 €.

Histoire de rester couleur locale, Ségo a demandé au n°2 du PS, François Rebsamen (photo ci-contre), par ailleurs maire de Dijon, capitale de la région Bourgogne, de monter au créneau ce matin. Lequel n'y est pas allé par quatre chemins en appellant "Dominique (Strauss-Kahn) et Jack (Lang) à se retirer" de la candidature socialiste pour la présidentielle dans une interview publiée lundi 21 août par Aujourd'hui en France/Le Parisien. "Je crois que Dominique (Strauss-Kahn), comme Jack (Lang)" sont "des camarades qui ont un rôle important à jouer demain", juge ainsi François Rebsamen. Suivez mon regard : en cas d'élection, Ségolène saura s'en souvenir. "Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui, Dominique (Strauss-Kahn) n'est pas le mieux placé pour faire gagner la gauche. La mieux placée c'est Ségolène Royal. Donc je regarde cela, et j'appelle Dominique et Jack à se retirer... surtout pour provoquer la réflexion". Et d'argumenter de façon surprenante : "Il n'est pas normal qu'il y ait plusieurs candidats issus de la même motion". Et le débat démocratique dans tout ça ? Sans oublier de renvoyer Lionel Jospin, qui se pose en recours, à ses chères études : "Pour être un recours, il faut qu'il y ait une situation de crise, et je ne vois pas de situation de crise au Parti Socialiste". Le "ségoliste" déclaré explique que durant le week-end en Bourgogne, "il était essentiel de vérifier la capacité de rassemblement de Ségolène" et d'ajouter "C'est fait".

Le procédé n'est pas sans rappeler un certain... Nicolas Sarkozy. En 1995, ce dernier, qui ne roulait pas encore pour lui-même, avait demandé, le plus solennellement du monde, en direct au JT, à un certain... Jacques Chirac de se retirer en faveur d'Edouard Balladur. On connaît la suite...

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La fête de la Rose : des épines pour la droite et les éléphants

Ségolène Royal a mis le feu dimanche 20 août à la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, modeste commune de Saône-et-Loire, qui n'avait jamais connu pareille effervescence. Son arrivée a provoqué dans la journée une énorme bousculade, avec trois blessés légers chez les sympathisants. "Frangy connaît sa première émeute", a lancé Arnaud Montebourg, patron de la fête, qui a rallié au cours de l'été le camp de Ségolène Royal. Quelque 3 000 militants et plus de 80 journalistes, français et étrangers (contre une vingtaine les autres années), attendaient la candidate supposée à l'investiture présidentielle socialiste, dans ce petit village de 600 habitants qui invite chaque année à sa Fête une personnalité nationale du parti.

Ségolène Royal a lancé un appel au rassemblement non seulement des socialistes mais "de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change" lors de la prochaine élection présidentielle.
"Nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d'avenir et de changement que nous voyons monter dans le pays. C'est même un devoir, une obligation morale de gagner", a déclaré la "présidentiable" PS lors de son discours de rentrée, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). "Cette victoire et cette réussite, nous devons patiemment les construire car rien n'est gagné d'avance. La bataille sera rude mais exaltante. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse. Avec vous, j'ai confiance", a-t-elle souligné devant plus de 2 000 personnes réunies à l'occasion de la Fête de la rose.

Discours virulent contre
la droite et Sarkozy

Son discours a été particulièrement virulent contre la droite et son porte-drapeau Sarkozy. Manière pour elle d'apparaître dans les esprits comme son concurrent naturel. "Les ravages sociaux et le gâchis humain qui en résultent sont le produit de la brutalité de la droite, de son inertie et de la confiscation du pouvoir contre lesquels nous nous apprêtons à mener une bataille décisive".
"Ce que je vous propose, ce n'est pas une politique au rabais, sorte de gouvernance aseptisée réduite à la simple gestion du désordre des choses. C'est de mieux partager l'exercice du pouvoir pour que la France saisisse toutes ses chances, en assument cette passion de l'égalité qui est la sienne", a-t-elle expliqué.

En pleine polémique sur les enfants d'immigrés sans papiers, Ségolène Royal est sortie de son discours - pour la première fois distribué aux journalistes - pour fustiger le concept d'immigration choisie prôné par Nicolas Sarkozy. Après avoir "pillé les matières premières" des pays en voie de développement, le ministre de l'Intérieur organise aujourd'hui à ses yeux "le pillage de la matière grise".

Ségolène n'a pas oublié, non plus, de décocher quelques flèches à l'intention des éléphants. "J'entends dire, ça et là, qu'il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèdent ici bas", a-t-elle poursuivi, répondant indirectement à ses concurrents socialistes qui la jugent pas assez armée pour la fonction présidentielle.

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Ségolène Royal creuse l'écart dans les sondages

Serait-ce le résultat de ses photos en maillot de bain sur la plage ou du cambriolage de son domicile ? Toujours est-il que Ségolène Royal vient de creuser l'écart avec Sarkozy : 55% des Français la préfèrent au ministre de l'Intérieur (contre 44%). Coup dur pour les éléphants : elle est la seule des socialistes à le devancer en cas de duel, selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France. A l'inverse, la moitié (50%) des personnes interrogées préfèrent le président de l'UMP à Jack Lang (47%). M. Sarkozy devance également avec 53% Lionel Jospin, crédité de 44% de préférences.
M. Sarkozy est aussi préféré à 55% face à Dominique Strauss-Kahn (42%), à 56% face au premier secrétaire du PS François Hollande (41%). Il est à 58% face à Laurent Fabius (38%), selon cette même étude.
Du coup, c'est le branle-bas de combat à l'UMP. La tension devient palpable. Patrick Devedjian, conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, estime dans une interview à paraître dans le Parisien Dimanche que "l'élection présidentielle sera difficile" et que "la campagne sera décisive". Selon M. Devedjian, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy "devra quitter le gouvernement, comme il l'a prévu, dès lors que la campagne électorale le mobilisera tant qu'il ne pourra plus s'occuper des affaires de l'Etat."
"C'est aussi une question de morale afin de ne pas utiliser les moyens financiers de l'Etat pour faire campagne", ajoute-t-il.
Le discours que va tenir Ségolène Royal à la Fête de la Rose, organisée par son nouvel allié Arnaud Montebourg, en Saône-et-Loire aujourd'hui dimanche 20 août, sera dans ces conditions, plus que jamais l'objet de toutes les attentions.

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Le vrai-faux cambriolage du domicile de Ségolène Royal

Rentrée en fanfare : visiblement pressée d'en découdre avec Sarkozy, la favorite des sondages s'en est pris au ministère de l'intérieur, accusé d'avoir divulgué l'information du cambriolage de son domicile à la presse. «Il est scandaleux que cette information ait été diffusée par le cabinet du ministre de l'Intérieur, alors que j'avais demandé que cet incident reste confidentiel», a-t-elle déclaré.
Visiblement pas à un paradoxe près, Ségolène Royal laisse entendre que l'affaire serait plus grave qu'il n'y paraît… car rien n'aurait été dérobé dans l'appartement. «Il ne s'agit pas d'un cambriolage, mais d'une intrusion et de la fouille intégrale de mon domicile, où rien n'a été volé», assure la favorite socialiste des sondages. Elle aurait découvert les faits jeudi soir, à son retour de vacances, un jour avant François Hollande. «Tout a été retourné, les placards ont été vidés», dit-elle. Et d'ajouter, sur un ton un peu dramatique : «Je ne me sens pas intimidée par ce qui s'est passé.»
La polémique s'est ensuite enclenchée avec le ministère de l'Intérieur. La présidente de Poitou-Charentes a accusé, dans un premier temps, l'entourage de Nicolas Sarkozy d'avoir rendu l'histoire publique. La Place Beauvau a aussitôt démenti être à l'origine de la fuite. «Dont acte», a répondu ensuite Ségolène Royal pour calmer le jeu, en précisant qu'elle ne soupçonnait «quand même pas» le ministère de l'Intérieur d'avoir organisé une éventuelle tentative d'intimidation. «Il est normal de s'interroger sur les motivations de ce qui s'est passé», a-t-elle cependant expliqué.
Entre-temps, pour allumer un contre-feu, des proches de Nicolas Sarkozy sont montés au créneau pour polémiquer avec elle. «Je constate qu'elle perd son sang-froid», a déclaré hier Roger Karoutchi, secrétaire national de l'UMP. «Elle cherche à jeter le discrédit sur les services du ministère de l'Intérieur pour organiser sa propre promotion.» «On est dans le rocambolesque», a ironisé le député Yves Jego.

Un coup tordu monté
par une officine ?

Très remontée, un rien paranoïaque, Ségolène s'est laissée aller à dire qu'elle avait «fait vérifier la sécurisation de ses lignes téléphoniques». Mais par qui ? Il ne s'agit pas d'un service classiquement offert à la clientèle des opérateurs téléphoniques. A moins que la police lui ait aimablement prêté le concours des techniciens oeuvrant pour la DST, les RG ou la PJ. Toujours est-il que Royal sous-entend qu'elle aurait pu être victime d'une officine. Ce qui amuse certains policiers. «Quand une officine fait un travail, elle ne laisse pas de traces de son passage ou alors elle maquille son intervention en cambriolage en volant précisément quelques objets de valeur», confie un officier rompu aux investigations sensibles. Mais puisque rien n'a été volé à Boulogne…
Le couple n'a pas porté plainte immédiatement. Ségolène Royal assure avoir, en revanche, «fait un signalement au commissariat». Du côté du premier secrétaire du PS François Hollande, on a choisi de ne pas commenter. Une enquête a tout de même été confiée à la PJ des Hauts-de-Seine par le parquet de Nanterre «eu égard à la personnalité des victimes». Une source proche de l'enquête prétend que «rien ne permet de penser que le ou les intrus avaient une idée particulière en liaison avec les occupants de l'appartement».

Et si c'était un coup des éléphants ?

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Ségolène cambriolée


Mais que fait la police ? L'appartement de Ségolène Royal à Boulogne-Billancourt (92), qu'elle partage avec son conjoint François Hollande et leur quatre enfants, a été visité durant leurs vacances sur la Côte d'Azur.

Apparemment, plus de peur que de mal : rien n'a été dérobé.

Les visiteurs cherchaient des idées ?

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Thierry Breton : la dette de l'emploi

"Tous les indicateurs sont au vert. L'économie française va très bien. Cette croissance économique représente du jamais-vu depuis 20 ans..." Des phrases à l'avenant, Thierry Breton, le toujours ébouriffé ministre de l'économie, en a usé et abusé au-delà de l'entendement, la semaine dernière, sur les plateaux radios et télés. Pourquoi une telle effervescence en plein mois d'août ? On sait le ministre de l'économie généralement moins avare de ses propos que de résultats, et plus enclin à l'autosatisfaction qu'à l'autocritique. Mais là, tout de même, ça frisait la surchauffe ! On s'est dit qu'un tel déferlement médiatique reposait forcément sur le début d'une bonne nouvelle. Apparemment, c'est bien le cas. La croissance a atteint, selon les chiffres de l'Insee, 1,1% au deuxième trimestre. Soit 4,4% en projection annuelle. Mieux que les Etat-Unis ! Sauf que ... 1/ Ces chiffres sont provisoires. 2/ Un tel niveau de croissance a déjà été atteint en France, contrairement aux propos de l'ex-PDG de France-Télécom. C'était en 2000 sous le gouvernement du vrai-faux retraité de l'Ile de Ré. 3/ Les indicateurs sont loins d'être tous au vert : le déficit du commerce extérieur au premier semestre est de 13 milliards. Ce chiffre représente environ l'excédent mensuel du commerce extérieur allemand. 4/ La dette de l'Etat représente 66,6% du PIB : un record !
Certains économistes ne s'en sont pas laissés conter. Le Canard enchaîné rapporte les propos d'Alexandre Bourgeois de Natexis : "Il serait illusoire de croire que tout a changé en une seule journée. Nous ne sommes pas passés en quelques instants de la croissance molle à une situation exceptionnellement favorable, du type croissance forte à l'américaine (3,5% attendus cette année) ou à la chinoise (10% au bas mot)... La croissance française reste molle. Elle l'est tout simplement un peu moins qu'on ne pouvait le craindre jusqu'à présent.

L'économie n'est manifestement pas une science exacte.

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Le Liban à l'heure du bilan

Une fois n'est pas coutume, saluons ici le travail de la diplomatie française, avec à sa tête Président Jacques Chirac, qui a permis de mettre un terme au carnage. Même si ce cessez-le-feu fait bien l'affaire d'Israël, menacée d'enlisement dans ce conflit qui ne devait durer qu'une semaine et qui, plus d'un mois après, n'était toujours pas parvenu à son objectif : la mise hors d'état de nuire du Hezbollah.
Malgré ce succès de la diplomatie tricolore, il est à craindre que le résultat de cette guerre ne se résume à la carricature, ci-contre, qu'en donne le Canard enchaîné à sa Une du 16 août.

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Villepin toujours en campagne

Le forcené de Matignon n'a renoncé à rien. Plus que jamais décidé à surfer sur les bons chiffres du chômage, que l'on doit bien évidemment aux résultants foudroyants du CNE et non pas aux effets du papy-boom, le premier ministre se comporte plus que jamais comme s'il était en campagne. D'ici à ce qu'il nous refasse le coup de "Villepin sortant des eaux", comme à la Baule l'été dernier...
Plus martial que jamais, il a ainsi déclaré vouloir "garder le cap de la modernisation" de la France à la rentrée, dans un entretien paru dimanche 12 août dans le Journal du dimanche. "Je veux placer la rentrée sous le signe de l'action: poursuivre nos efforts dans la lutte contre le chômage, apporter une réponse concrète à l'augmentation des prix de l'essence qui pèse lourdement sur le budget des ménages, aider les étudiants et leurs parents, voilà ce sur quoi le gouvernement travaille actuellement."
L'Opep et les pétroliers n'ont qu'a bien se tenir.

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Jospin s'impatiente

Lionel Jospin s'impatiente. A quelques semaines de l'université d'été de la Rochelle, fin août, les quelques soutiens qu'il compte encore au PS donnent de la voix. N'ayant pas réussi à faire frémir sa popularité après l'annonce alambiquée sur TF1 de sa possible candidature, le 28 juin dernier, son avenir politique pourrait bien être derrière lui. Seule espoir : contrairement à ce que les sondages laissent entendre, Ségolène Royal n'a pas creusé définitivement l'écart dans les rangs des militants. Les ralliements de quelques ténors du parti (Ayrault, Rebsamen, Mauroy et Guérini), dont le dernier en date, celui de Montebourg, n'était pas d'une folle spontanéité ("Je crois que Ségolène Royal incarne une part de la rénovation que nous portons, et qu'il est utile pour la victoire de nos idées, et celles de toute la gauche en 2007, de se préparer, dans le respect de ce qui nous tient à cœur, à travailler ensemble" a déclaré le bouillant député de Saône-et-Loire le 14 juillet, précisant qu'il s'agissait d'une "ouverture" mais pas d'un "ralliement"), n'ont pas suffit à créer une dynamique qui emporte l'adhésion d'une majorité indiscutable. Les fédérations attendent l'automne avant de se déclarer. Et Ségolène Royal n'échappera pas au débat et à l'élection interne du candidat socialiste prévue le 16 novembre prochain.

L'appel du 29 juillet

C'est donc le moment où jamais pour Jospin de rappeler qu'il existe. Premier épisode, l'appel du 29 juillet dans le Monde. Dix personnalités du PS, les secrétaires nationaux Kader Arif, Eric Besson, Harlem Désir, Anne Hidalgo, Annick Lepetit, André Vallini et Clotilde Valter, Bernard Poignant et Manuel Valls, membres du bureau national, et Francis Chouat, responsable national du parti. Elles déclaraient que Lionel Jospin, qui n'avait pu accéder au deuxième tour en 2002, a les meilleurs atouts pour représenter les socialistes dans la course à la présidence - une "stature incontestée d'homme d'Etat", une "expérience reconnue", notamment sur le plan international, et une "vision lucide" de la situation en France. Et ne se privaient pas d'égratigner la Zapatera : "La percée de l'éventuelle candidate socialiste ne s'appuie pas sur une reconquête de l'électorat de gauche". Une manière à peine voilée de dénoncer la peopolisation de la vie politique.

Delanoë à la rescousse

Dernier épisode en date, le soutien de Delanoë, jeudi 10 août sur France Inter. Il a vanté l'expérience et la rigueur de l'ancien Premier ministre. Ajoutant que Lionel Jospin serait une "garantie pour la France de demain". "Sa rigueur, que parfois l'on gausse, son austérité, c'est une garantie pour la France de demain, du sérieux, du rassemblement et du fait que toutes les énergies, toutes les intelligences et toutes les convictions à gauche sont indispensables pour qu'on tente de servir la France pendant cinq ans" a affirmé le maire de la capitale.
Alors que l'on reproche de plus en plus à Delanoë, jusque dans son camp, son côté cassant et despotique, on peut se demander si son soutien ne risque pas de se révéler contre-productif.

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Ségolène Royal reconnue par les siens

Tant d'efforts ne seront pas restés vains. Ségolène est enfin reconnue par les siens. Les socialistes ? La gauche ? Le prolétariat ? La France d'en-bas ? Non ! Les PEOPLE !
Pour Laurence Piau, rédactrice en chef de Closer, dont "le concept est de montrer les people dans la vraie vie" (ça ne s'invente pas), "Ségolène Royal est un people" qui colle au dit concept : "Elle apparaît sur ces photos comme "Madame Tout le monde" sur une plage publique. Elle pourrait être une de nos lectrices, se musclant dans l'eau comme beaucoup de femmes l'été."
Une véritable consécration.

Ségolène Royal est à droite de la couverture ci-contre, vêtue d'un maillot 2 pièces bleu, d'une casquette et de lunettes de soleil, marchant sur le sable fin telle une naïade sortie de l'eau.

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Le Pen s'y voit encore

Le menhir de Saint-Cloud compte bien nous refaire le coup du 21 avril 2002. Dans un entretien publié dans Le Figaro d'aujourd'hui, le président du Front national, juge "probable" sa présence au second tour de l'élection présidentielle de 2007. "La multiplication du nombre de candidats et la gravité de la situation internationale et nationale rendent probable ma présence au second tour, comme en 2002", déclare le septuagénaire au quotidien. Selon lui, "il faut aussi compter avec Jacques Chirac, Dominique de Villepin et peut-être Alain Juppé" car le chef de l'Etat "pourrait se représenter en cas de tensions internationales graves. Et si ce n'est pas lui, il y aura un chiraquien en lice".
Quant au couple Sarkozy-Royal favori des sondages, Le Pen les qualifie de "vedettes américaines", et estime que "leur occupation de l'espace médiatique risque de les disqualifier pour la suite".
Un remake Chirac-Le Pen en 2007 ? Voilà enfin de quoi redonner aux Français le goût de la politique.

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Mickey d'Orsay




Plus que jamais fidèle à sa réputation (non usurpée) de ministre des affaires qui lui sont de plus en plus étrangères, Douste blabla a effectivement tenu les propos que lui prête ci-contre le dessinateur Pétillon à la Une du Canard enchaîné de cette semaine.
Avec un connaisseur aussi subtil des arcanes de la diplomatie, nul doute que le retour de la paix au Liban n'est plus qu'une affaire de jours.

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Vous le reconnaissez ?

Jacques Toubon est toujours vivant. Chirac disait affectueusement de lui qu'il se jetterait dans la Seine s'il le lui demandait. Ses exploits en tant que Garde des Sceaux l'ont immortalisé dans les mémoires. En 1996, il s'était distingué pour avoir envoyé un hélicoptère dans l'Himalaya destiné à rapatrier le procureur chargé de l'affaire du vrai-faux rapport de Xavière Tibéri sur la francophonie. Rapport resté célèbre pour être truffé de fautes d'orthographes. Le remplaçant dudit procureur, à la faveur des vacances de ce dernier, avait fait du zèle et menaçait d'inculper l'épouse de Jean Tibéri, bien connu pour faire voter les morts.
Recasé en député européen, Jacques Toubon vient de reprendre du service au sein de la Chiraquie. A défaut de se jeter dans la Seine, il vient de tremper un doigt dans le grand bain de la campagne présidentielle. Dans un entretien au Parisien Dimanche, il a déclaré : "Chirac porte la voix de la France dans le monde et a sur la scène intérieure plus de sang froid que bien d'autres". Interrogé sur la possibilité d'une cinquième candidature de son mentor à l'Elysée, il n'a pas caché sa préférence : "On est à neuf mois de l'élection, et bien des choses peuvent encore changer". Sous-entendu : Chirac a beau être à 28% d'opinions positives, bien des choses peuvent encore changer. Et d'enfoncer le clou : "On ne gagnera pas la présidentielle dans une sorte d'emballement prématuré mais grâce à l'énergie et à la force d'entraînement que le candidat sera capable de mettre en oeuvre à partir de la mi-février".
L'union de l'UMP est décidément un long combat.

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Candidatures : ça se bouscule au portillon

Le 21 avril n’aura pas servi à grand-chose. Bien au contraire. C’est maintenant le pape autoproclamé de l’altermondialisme et de l’arrachage des champs de maïs OGM qui ne fait plus mystère de son intention d’y aller. José Bové a confirmé au Journal du Dimanche qu’il était « toujours disponible pour une candidature » à la présidentielle de 2007. Tant d’abnégation tue l’abnégation. Il a au passage égratigné Nicolas Hulot, qui lui aussi n’exclut pas de se présenter, en déconçant une candidature « déconnectée de tout mouvement social ».
L’ancien porte-parole de la Confédération paysanne interpelle par ailleurs Olivier Besancenot, le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire, et Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du PCF : « Ils doivent avoir le courage d’envisager une candidature qui ne soit pas celle d’un parti. » En clair, reconnaître que José est le meilleur, et s’effacer devant sa candidature, forcément fédératrice : « Si on trouve un accord clair, alors il est certain que la dynamique sociale qui existe peut peser sur l’avenir d’un scrutin. » Le leader paysan se donne jusqu’au mois de septembre pour laisser la situation se décanter. « Après, il sera trop tard. »
Encore un effort, mesdames et messieurs les candidats en mal de reconnaissance, et Le Pen est certain de se retrouver, l'année prochaine, en tête du premier tour.

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Le sondage qui change tout

« Avec quel homme ou quelle femme politique préféreriez-vous partir en vacances? ». La question n’est pas d’un immense intérêt politique. Néanmoins, l’institut BVA a réussi à trouver un échantillon de de 1.005 personnes représentatif de la populationfrançaise, avec la méthode des quotas, qui ont accepté d’y répondre. En bonne logique, ce sont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, les deux présidentiables préférés des Français, qui arrivent en tête. 28% des sympathisants de gauche préféreraient la compagnie de SégolèneRoyal à celle de douze autres personnalités politiques pour partir en vacances, tandis que 28% des sympathisants de droite choisiraient Nicolas Sarkozy parmi la même liste. Le président de la République Jacques Chirac n'obtient que 4% dans son propre camp, derrière le Premier ministre Dominique de Villepin (7%). Les Français ont dû comprendre que le Président et son hussard préféré partaient en vacances au Liban…

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On n'est jamais trop prudent !


Ne croyez pas les images qu'on vous montre à la télé. Claude Chirac, la fille de son père, experte en communication et protection rapprochée, a réussi à convaincre son papa de se protéger de l'impulsif Zidane, et la presse et la télévision de maquiller les images de ce tête-à-tête de tous les dangers. Présidentielles 2007, plus que jamais attaché à faire triompher la vérité, est heureux de vous présenter en exclusivité la vraie photo de cette rencontre à haut risque pour le chef de l'Etat. Comme si vous y aviez assisté en personne.

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La dernière de Jean-Pierre

Après 2003, Jean-Pierre Raffarin serait-il à nouveau victime de la canicule ? On peut légitimement s'interroger. Aujourd'hui sur RTL, il a donné la pleine mesure de son talent, en gratifiant les auditeurs d'une raffarinade d'anthologie : "La politique ne parle pas assez d'amour".
Invité de l'émission "Un été avant l'Elysée", il a parlé de son amour pour Johnny : "Johnny est un personnage d'exception. Je l'aime beaucoup, je l'aime tout court. 'Que je t'aime!', c'est le plus grand de tous les messages. Au fond, la politique ne parle pas assez d'amour, de cette relation avec les autres qui est au cœur même de notre société". Et fut au coeur même de la politique de l'ex-Gringo de Jacques Vabre. Pour preuve, son immense popularité (26% d'opinons positives) quand il fut viré par Chirac en mai 2005 suite au désastre du référendum. Qui a dit ? "Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour."

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Le nouveau jeu politique à la mode : le kidiçadeki ?

Quel est l'auteur de ce bon mot ? De qui se moque-t-il en creux ?

"Je prends cette annonce précipitée comme un hommage, une forme d'impatience d'annoncer les bons chiffres. Ca lui faisait très plaisir, il l'a fait, je considère que c'est un hommage qu'il rend au travail du ministère de l'Emploi."

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La meilleure Une de la semaine


La Une du Canard enchaîné de cette semaine est un grand cru. Ami du réalisateur de "la grande vadrouille" et de son épouse Michèle Morgan, notre flamboyant premier ministre a tenu à prononcer son éloge funèbre en personne.

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La vérité des chiffres

Le quotidien économique La Tribune, propriété de l'homme le plus riche de France, Bernard Arnault, par ailleurs président de LVMH, n'est pas l'archétype de la feuille de chou gauchiste. Ses réserves et son rappel sur la baisse du chômage n'en sont que plus précieux. Présidentielles 2007 ne résiste pas au plaisir de vous livrer in extenso sa Une du week-end, qui douche singulièrement le satisfecit que s'est décerné le gouvernement ces dernières 48 heures :

"- La baisse des demandeurs d'emploi a de nouveau baissé de 26.500 en juin, et ce malgré de faibles créations d'emplois
- Après un recul quasi ininterrompu depuis mars 2005, le taux de chômage revient à 9%, soit exactement le même que celui enregistré quand la majorité actuelle est arrivée au pouvoir
- Le reflux du chômage devrait continuer grâce à la montée en charge du plan de cohésion sociale et à la démographie"


On ne saurait mieux dire que le gouvernement n'est pour rien dans la baisse du chômage et que la réélection du champion de la "fracture sociale" en 2002 a fait perdre 4 ans à la France dans la lutte contre ce fléau.

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Bientôt le Nobel de la paix

La Une du Monde avec le titre : "Liban : le plan Chirac pour sortir de la crise". Le tout agrémenté de 3 photos du Président. De mémoire de lecteur, il y a bien longtemps que le quotidien de référence n'avait ouvert ainsi ses colonnes à Chirac, qu'il avait jusqu'alors toujours combattu. Il est vrai que l'annonce du chef de l'Etat est à la hauteur de l'événement. Le président a annoncé que la France s'est décidée à faire un "geste important" en faveur de l'aide humanitaire au Liban : 15 millions d'euros supplémentaires.
Montant toutefois bien relatif en comparaison des 150 millions de dollars (120 millions d'euros) demandés par le coordinateur en chef des affaires humanitaires de l'ONU, Jan Egeland, pour acheminer de la nourriture, du matériel médical, de l'eau et du matériel d'assainissement pour les trois prochains mois. Et carrément symbolique, après la promesse du roi Abdallah d'Arabie saoudite de verser 1,5 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros), soit 500 millions pour la reconstruction du pays et un milliard déposé à la Banque centrale du Liban en vue de soutenir l'économie.
Quant à l'appel au cessez-le-feu, on ne peut pas vraiment dire qu'il ait été couronné de succès. A croire qu'il n'y a guère que l'Elysée pour penser que la France a encore une influence au Proche-Orient. La vérité est sans doute plus politicienne : en s'agitant sur la scène internationale, Chirac redore sa cote de popularité à la maison et s'imagine qu'il pourra revenir dans la course pour 2007. "Le grand ami d'Israël", qui se voit déjà dans son fauteuil, trouvera jusqu'au bout de son chemin de Damas à qui parler.

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L'hommage de Villepin et Sarkozy à Gérard Oury


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Les brèves... qui en disent long


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Déni de réalité

La réalité n'est pas le soucis du Président. Son allocution du 14 juillet en a apporté la preuve à ceux qui en doutaient encore. Au bout de 11 ans de pouvoir et à neuf mois de l'élection présidentielle, oser déclarer : "Je ne suis pas à l'heure du bilan mais à l'heure de l'action", c'est abracadabrantesque. Maintenir "le suspense" sur son éventuelle candidature en 2007, alors qu'il affichera 74 ans aux prunes, et que personne dans son camp ne souhaite le voir se représenter, mis à part Villepin et Debré qui préfèrent, à l'instar de leur mentor, voir Royal plutôt que Sarkozy lui succéder à l'Elysée, c'est ubuesque. Assurer aux deux journalistes faire-valoir qui l'interviewaient gentiment, qu'il entretenait de "très bonnes relations" avec son ministre de l'intérieur, là c'était franchement à se pincer. Finalement, Chirac est plus gaulliste qu'on le pense. Mon Général déclarait que les Français sont des veaux mais qu'il faut leur faire croire qu'ils sont des lions. Chirac, lui, ne se donne même pas cette peine.

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Le nouveau jeu politique à la mode : le Kidiçadeki ? (Qui dit ça de qui ?)

Qui est l'auteur de ce bon mot ? De qui brosse-t-il le portrait ?
Si vous ne trouvez pas, c'est que vous n'avez pas allumé la radio ni la télé depuis au moins une semaine.

"C'est un livre miroir, qui permet à son auteur de se convaincre qu'il est lui-même pétri de toutes les qualités, il pousse le narcissisme politique jusqu'à son paroxysme: il s'aime, donc il faut que les Français l'aiment."

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Ségolène encore et toujours à la Une

Ségolène Royal sait faire parler d'elle. Après son voyage en Suède, pour redorer son blason socialiste un rien écorné par son blairisme imprudemment affiché ; sa présence lors de la finale de la Coupe du monde "parmi les supporters" pour faire peuple ; la voici de nouveau à la Une d'un nouveau mensuel, Ikono, où elle pose pour le photographe Yann Arthus-Bertrand, auteur de "La Terre vue du ciel", qui l'a interrogée sur l'environnement. Dans ce magazine consacré avant tout à l'image, comme son nom l'indique, la favorite des sondages, qui pose notamment devant l'image d'un puma, espèce en voie de disparition, se prononce pour "un investissement massif" dans les énergies renouvelables et donne la priorité aux "économies d'énergie".
La présidente de la région Poitou-Charentes réserve quelques flèches à Jacques Chirac qui, selon elle, tient "à l'étranger de très beaux discours sur la maison qui brûle", alors qu'en France "non seulement rien ne change, mais les choses s'aggravent". Et d'asséner : "On subventionne avec nos impôts la dégradation de l'environnement." Ce serait bien la première fois que le Président serait ainsi pris en flagrant délit de contradiction entre ses discours et sa pratique du pouvoir.
Malgré tout ce battage médiatique, Ségo ne parvient pas à se détacher définitivement de Sarko. Selon un récent sondage, ce dernier serait crédité de la victoire (51%-49%) au second tour de la présidentielle. De quoi relancer les spéculations au PS sur l'organisation d'un débat Sarkozy-Royal à la rentrée. Afin de vérifier si la Zapatera est bien capable de tenir la dragée haute à Monsieur "Réponse à tout".

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Le nouveau jeu politique à la mode : le kidiçadeki (qui dit ça de qui ?)

Connaissez-vous le Kidiçadeki ? Comprendre : Qui dit ça de qui ? Le nouveau jeu politique à la mode pour les adeptes de petites phrases qui en disent long. Rien à voir avec le Sodoku. Il s'agit de trouver le nom de l'auteur d'une citation politique, le plus souvent vacharde, et - originalité - le nom de celui ou celle qu'elle vise.

Vos réponses sont les bienvenues à la rubrique "COMMENTAIRES" ci-dessous. Les bonnes réponses seront mises en ligne très bientôt.

10/ « On a toujours besoin d’hommes d’expérience. »

11/ « Elle voulait un grand banquet républicain avec toute la gauche ; lui prendre un verre dans un bar ; la dernière un dîner en tête-à-tête. »

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Le nouveau jeu politique à la mode : le Kidiçadeki (Qui dit ça de qui ?)

7/ « Il est contre-productif de dire du mal d’elle. C’est vrai que ça m’arrive aussi, mais moi, je me contrôle. Contrairement à Jean. Lui, c’est peut-être sexuel, le signe d’un amour déçu, alors que moi, cela ne peut pas être le cas ! »

8/ « C’est le fossoyeur de la majorité. Il a réussi en un an à se mettre tout le monde à dos. Les jeunes, les députés, qui affichent désormais leur opposition aux projets gouvernementaux, et les syndicats, qui n’ont plus confiance en lui. »

9/ « Il faut préparer les Parisiens à marcher à pied. Avec lui à la RATP, il va y en avoir des grèves. Je redoute le pire. »

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Le nouveau jeu politique à la mode : le Kidiçadeki (Qui dit ça de qui ?)

Connaissez-vous le Kidiçadeki ? Comprendre : Qui dit ça de qui ? Le nouveau jeu politique à la mode pour les adeptes de petites phrases qui en disent long. Rien à voir avec le Sodoku. Il s'agit de trouver le nom de l'auteur d'une citation politique, le plus souvent vacharde, et - originalité - le nom de celui ou celle qu'elle vise.
Vos réponses sont les bienvenues à la rubrique "COMMENTAIRES" ci-dessous. Les bonnes réponses seront mises en ligne très bientôt.

4/ « Personne n’a oublié son comportement vis-à-vis des camarades depuis des années. Elle ne rassemble ni les socialistes ni la gauche, et je redoute de voir le pays dirigé par elle. »

5/ « Il devrait légitimement représenter le PS en 2007, mais comme il n’est pas en état de le faire, la logique veut qu’il appelle le précédent premier secrétaire. »

6/ « Elle était ma ministre déléguée. La réalité est encore pire que ce qu’on raconte sur elle. Elle ne pense qu’à faire des coups, comme lorsqu’elle parle d’encadrement militaire. »

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Timide effet coupe du monde.

Que peut bien dire Chirac à Zizou ?, l'index levé vers le ciel, en le recevant à l'Elysée, au lendemain de la défaite de la France en finale, face à une Italie fidèle à elle-même. Sans doute lui témoigne-t-il de sa compréhension face à son coup de tête, en réponse aux insultes du défenseur italien Materazzi. Coup de boule, qui lui a valu son expulsion pendant les prolongations et l'opprobre unanime de la presse, la même qui l'encensait quelques heures avant en comptant sur l'enfant de la Castellane pour guérir une France malade de mille maux. Chirac s'y connaît question coup de tête. Lui qui, au cours de sa carrière politique, n'en fut pas avare idéologiquement : anti-européen avec l'appel de Cochin en 1978 ; ultra-libéral en 1986 pour la première cohabitation, avec, dans ses bagages de Premier ministre sa Courtoise Suffisance Balladur, en grand argentier ; champion de la fracture sociale en 1995 ; ultime rempart de la nation en danger avec facho-Le Pen en 2002.
Las ! Malgré l'activisme forcené du couple exécutif pour récupérer les victoires de l'équipe de France, l'effet coupe du monde est plus timide cette année. Contrairement à son bond de 15 points dans les sondages en 1998, le Président enregistre seulement 5% d'opinions favorables supplémentaires. Tandis que Villepin, malgré sa communication en bleu-blanc-rouge depuis le début de la coupe du monde, continue sa chute sans fin en perdant 2 points supplémentaires. A vous dégoûter d'être supporter.

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Le nouveau jeu politique à la mode : le Kidiçadeki ? (Qui dit ça de qui ?)

Connaissez-vous le Kidiçadeki ? Comprendre : Qui dit ça de qui ? Le nouveau jeu politique à la mode pour les adeptes de petites phrases qui en disent long. Rien à voir avec le Sodoku. Il s'agit de trouver le nom de l'auteur d'une citation politique, le plus souvent vacharde, et - originalité - le nom de celui ou celle qu'elle vise.

Voici une première série de citations pour ne pas bronzer idiot. Vos réponses sont les bienvenues à la rubrique "COMMENTAIRES" ci-dessous. Les bonnes réponses seront mises en ligne très bientôt.

1/ « Félicitations pour ton prochain mariage. Tu me diras si vous déposez une liste de mariage et où ? »

2/ « Elle a la cote. Mais tiendra-t-elle jusqu’en novembre ? Et si ensuite elle est désignée, tiendra-t-elle la distance face à Sarkozy ? »

3/ « Je ne comprends rien à son retour, ni dans la forme ni sur le fond. Il a raté sa rentrée comme il avait raté sa sortie. »

4/ « Personne n’a oublié son comportement vis-à-vis des camarades depuis des années. Elle ne rassemble ni les socialistes ni la gauche, et je redoute de voir le pays dirigé par elle. »

5/ « Il devrait légitimement représenter le PS en 2007, mais comme il n’est pas en état de le faire, la logique veut qu’il appelle le précédent premier secrétaire. »

6/ « Elle était ma ministre déléguée. La réalité est encore pire que ce qu’on raconte sur elle. Elle ne pense qu’à faire des coups, comme lorsqu’elle parle d’encadrement militaire. »

7/ « Il est contre-productif de dire du mal d’elle. C’est vrai que ça m’arrive aussi, mais moi, je me contrôle. Contrairement à Jean. Lui, c’est peut-être sexuel, le signe d’un amour déçu, alors que moi, cela ne peut pas être le cas ! »

8/ « C’est le fossoyeur de la majorité. Il a réussi en un an à se mettre tout le monde à dos. Les jeunes, les députés, qui affichent désormais leur opposition aux projets gouvernementaux, et les syndicats, qui n’ont plus confiance en lui. »

9/ « Il faut préparer les Parisiens à marcher à pied. Avec lui à la RATP, il va y en avoir des grèves. Je redoute le pire. »

10/ « On a toujours besoin d’hommes d’expérience. »

11/ « Elle voulait un grand banquet républicain avec toute la gauche ; lui prendre un verre dans un bar ; la dernière un dîner en tête-à-tête. »

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Les brèves... qui en disent long

Le vrai-faux retour de Jospin n'a pas déchaîné l'enthousiasme dans son camp. Jean-Marc Ayrault a eu ces mots cruels : "La question n'est pas de savoir si Jospin souhaite se porter candidat. C'est de savoir si les Français souhaitent sa candidature. L'important, c'est que le candidat ou la candidate porte un renouveau des idées, des équipes et des pratiques." Le portrait craché de Jospin : 69 ans aux prunes le 12 juillet prochain ! Bartolone, alias Fabius-m'a-dit, n'a pas laissé passer une si belle occasion de flinguer Jospin : "Autant j'ai compris les raisons de son départ, autant je ne comprends pas celles qui l'amènent à revenir." Le Pen, goguenard, a déclaré : "On pourrait faire la revanche."


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Benito de Beauvau

Les villepinistes seraient-ils pour une fois en phase avec l'opinion ? C'est ce que laisse à penser un sondage TNS Sofres pour Le Figaro Magazine. Le président de l'UMP a beau faire la course en tête dans les sondages avec la socialiste Ségolène Royal, il a cependant du mal à convaincre au-delà de son propre camp en terme d'image. En effet, le premier flic de France ne rassure que 36% des personnes interrogées, tandis qu'il en inquiète 55%. De même, le ministre de l'Intérieur n'est jugé séduisant que par 39% des Français, contre 61% qui sont d'un avis contraire. Pour 49% des sondés, Nicolas Sarkozy est plutôt un libéral, 17% voyant plutôt en lui un gaulliste.
Or, après les tendres qualificatifs de "nabot", "nain" et "roquet", dont l'affuble l'encore premier ministre DDV, sa garde rapprochée vient d'en trouver un autre, synonyme à lui tout seul d'inquiétude : "Benito." Rien moins que le prénom de Mussolini ! Alias le Duce !
Encore un effort, et les forcenés du CPE vont appeler à voter pour Ségolène Royal ou Le Pen pour sauver la patrie et la démocratie en danger. "Tout sauf Benito !"

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La chute sans fin de Villepin

Un mauvais week-end de plus pour Dominique de Villepin. Alors que l'UMP refuse d'avaliser son projet de fusion Suez-GDF, que Devedjian, alias Sarkozy-m'a-dit, l'a traité de "premier ministre de convenance", le Journal du dimanche vient de publier un sondage selon lequel l'auteur inoubliable des "Cent jours ou l'esprit de sacrifice", bat le record d'impopularité de son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin. Lequel était descendu à 24% de bonnes opinions. Pour se rapprocher dangereusement du record absolu, à droite, toujours détenu par Alain Juppé, avec 20%. Encore un petit effort Dominique... Histoire de remettre en selle "le meilleur d'entre nous" pour la prochaine présidentielle.

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Où est passée la majorité ?

Après Bayrou, les temps de parole des groupes UMP de l'assemblée nationale et du sénat vont-ils à leur tour être décomptés dans celui de l'opposition par le CSA ?
Malgré le numéro de charme de Breton et Villepin sur leur projet de fusion GDF-Suez, les députés et sénateurs de la majorité n'en démordent pas : ils voteront contre un projet de loi.
Avant même l'ouverture du débat sans vote organisé à l'Assemblée par le gouvernement pour prendre le pouls de sa majorité, le patron du groupe UMP Bernard Accoyer a douché les espoirs de Matignon et Bercy : "Il n'y a pas une majorité suffisante" pour adopter un texte fusionnant GDF et Suez. "Il faut se donner le temps", a renchéri le président UMP de la commission des Finances, Pierre Méhaignerie. La porte s'est aussi fermée au Sénat: les élus UMP ont fait savoir qu'ils refuseraient de faire de la "figuration" en débattant les premiers cet été d'un projet de loi susceptible d'importantes modifications.
Villepin a beau eu convoquer les mânes du Général, en s'inscrivant dans le sillage de celui "qui a donné à la France l'indépendance et la sécurité énergétiques", rien n'y a fait. En désespoir de cause, il a même osé déclarer sans rire : "Il est hors de question que les ménages français soient exposés à des hausses brutales de tarifs dont l'Etat n'aurait pas la maîtrise."
C'est pourtant bien connu : pour les poètes, les mots n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels.